[review] Eternal Warrior : chroniques du Guerrier éternel

Après les chroniques du Doctor Mirage et de Britannia, j’ai poursuivi ma découverte des nouvelles sorties de Bliss Editions avec Eternal Warrior: chroniques du Guerrier éternel sorti fin mars.

Un résumé pour la route

Eternal_Warrior_1Ce volume rassemble toutes les histoires inédites du Guerrier éternel, c’est-à-dire la série en huit épisodes qui est écrite par Greg Pak (Planet Hulk) et dessinée par Trevor Hairsine (Divinity, Eternity), Clayton Crain (X-Force, X-O Manowar) et Robert Gill (Shadowman, Britannia) puis la mini-série Days of Steel scénarisée par Peter Milligan (Britannia, Hellblazer) et illustré par Cary Nord (Daredevil, Conan) et enfin le one-shot Eternal Warrior : Awakening du scénariste Robert Vendetti (Green Lantern Rebirth, X-O Manowar) et du dessinateur Renato Guedes (X-O Manowar). Toutes ces séries sont publiés par Valiant entre septembre 2013 et mai 2017 et en France par Bliss fin mars 2019.

Frère d’Armstrong et d’Ivar Timewalker, Gilad Anni-Padda est depuis l’empire mésopotamien le protecteur de la Terre. Depuis des millénaires, il ne cesse de combattre pour la nature. Cependant, on connaît encore peu de choses sur ses origines et ses différences aventures au cours des siècles.

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Le volume débute par une scène de guerre sans doute antique, à la lance et la hache. Plusieurs milliers d’années plus tard, Gilad s’est retiré et vit aujourd’hui de la chasse. Chaque épisode mêlera ainsi le présent et les actions passées de Gilad mais au départ, on ne voit pas bien le lien entre les deux lignes temporelles.

Lors de la mêlée dans le passé, Gilad perd son fils Mitu mais sa fille Xaran les sauve en utilisant des éléphants. Cependant, des tensions éclatent une fois qu’elle a pris goût au sang. Le père mène un combat juste mais elle veut un génocide. Il la combat mais elle blesse son père immortel et tue son frère. Cela provoque la dispersion de la famille et 6000 ans plus tard ils se retrouvent. Le premier arc est donc une aventure père-fille après une très longue rupture. Dans le passé, Xaran se rend qu’elle va trop loin et vit égoïstement. Retournant dans la nature, elle attend la mort mais découvrant qu’elle est immortelle, elle bascule dans l’animalité. Pour le père et la fille, l’éternité est un fardeau. Plus tard, au moment de la conquête de l’ouest américain, Gilad vit avec les Indiens dans les Grandes plaines. Il lutte avec un géomancien Buck McHenry qui le présente comme l’épée de la nature contre la colonisation. Gilad et le géomancien incarnent la lutte entre la terre et la nature, entre le sauvage et l’humain. Gilad est censé assister au meurtre de tout un village. Il faut parfois tuer des humains pour laisser place à des lieux sauvages mais il ne peut pas. Pak laisse encre planer de nombreux mystères et c’est un double récit dans le passé et le présent qui va peu à peu lever le brouillard.

Aidé de sa fille malgré des tensions très fortes entre eux, il doit s’opposer à un trio de chevaliers masqués. Ce sont les nouvelles épées de la nature. Gilad briserait toutes les règles sans le savoir : « Un homme sans maison brûlant toutes les autres. » On se retrouve dans un récit mystique plus que magique. Désabusé par la succession des guerres, Gilad veut tuer le dieu de la nature et, pour cela, il va au supermarché acheter des fusils mitrailleurs ! Mais le géomancien lui révèle que le véritable ennemi est Nergal le dieu de l’obscurité qui cherche à détruire la vie. Il a comme hérault le fils de Gilad, l’épée de la mort. Même si c’est une mythologie est intéressante, j’ai tout de même trouvé que ce panthéon était moins intéressant que celui découvert dans Shadowman. L’histoire de famille se complexifie d’un conflit entre les puissances invisibles. En Mésopotamie, on comprend que tout partit d’une jalousie entre les enfants : Gilad préfère son fils car il ne tue pas alors que sa fille est dans la compétition et tue pour se mettre en avant. Tous ces clans vont se retrouver lors d’un combat autour du plus vieil arbre au monde qui renferme la déesse de la nature. Gilad est prêt à le brûler mais elle explique qu’il libérerait ainsi le dieu de l’obscurité. Le guerrier l’explose en pensant à son fils. Mais pourquoi ? Hélas, la série ne donnera pas la réponse ensuite.

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A partir de l’épisode cinq, le scénariste change complètement de récit. On suit Gilad en 4001 dans un monde post apocalyptique. Les hommes sans technologie sont revenus à la Préhistoire mais des animaux cybernétiques les attaquent puis déclenchent une explosion nucléaire s’ils sont battus. Gilad est l’empereur éternel de ces tribus humaines. La ville Big Town envoie des robots pour récupérer des esclaves. Assez classiquement, la ville c’est là où « les gens deviennent des monstres ». J’ai pensé au Kamandi de Kirby mais surtout à Mad Max. La ville s’est construite en déterrant des artefacts du passé comme des archéologues mais sans connaissance – ils déterrent et utilisent une centrale nucléaire sans protection. Pak élabore une fable anti science. Gilad va voir le roi pour récupérer les médicaments. Sa petite-fille désapprouve la perte de pouvoir et amène dans la dernière case le récit vers une fin très sombre. L’empereur éternel apprend également la morale à sa petite-fille par des dilemmes – Faut-il tuer les agresseurs ? Est-ce le nombre de morts qui détermine le bien-fondé d’une action ?

Bien que la majorité des dessins du premier arc soit de Trevor Hairsine, chaque page dans le passé est magnifiquement illustrée par des artistes différents dont Clayton Crain. J’ai été moins convaincu ensuite par les dessins de Robert Gill – son trait est dynamique mais manque de profondeur surtout en fin d’épisode

Dans les trois épisodes de Jours d’acier, le récit devient un récit médiéval. Milligan a un texte plus intéressant et une bien meilleure construction. Ayant toujours fait confiance au géomancien – toutes ces guerres devaient aboutir à un monde meilleur – mais Gilad est las et s’arrête au bout de plusieurs milliers d’année. On retrouve le thème de la lourdeur du devoir. Le Géomancien, sous la forme d’un corbeau, lui assigne la mission d’aider les Carolingiens face aux Magyars pour la civilisation mais surtout car un sauveur doit apparaître.

Les Magyars interdisent toute réunion par crainte d’une cellule terroriste – comme les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale ou les États-Unis aujourd’hui. On découvre peu à peu que les mots mystérieux du géomancien étaient des indices et on suit en parallèle le couple de parents du sauveur. Mais Milligan se moque selon moi de la religion chrétienne car on est loin de Joseph et Marie. Breta la mère a été violée par des magyars alors que Konrad a fui. On ne sait même pas qui est le père. Enfin, ils n’ont pas un enfant mais des jumeaux. Le Guerrier éternel obéit au géomancien et n’en prend qu’un puis le confie à un couple stable. Gilad ne peut s’empêcher d’intervenir dans les combats car il veut ralentir l’avancée des magyars mais comme Bloodshot, il est un drogué des combats. Cependant, le sauveur est un ado musicien et poète alors que son frère Franz resté avec ses parents, tue deux soldats alors qu’il est encore pré ado. Ce récit très drôle m’a fait penser à Archer & Armstrong – Breta dit à son fils : « ton père a été courageux une seule et unique fois ». Cependant, le récit montrera que la plume est plus forte que l’épée.

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Bien meilleur que dans l’intégrale X-O Manowar, j’ai beaucoup apprécié le style de Cary Nord – une belle double page de combat – avec l’alliance entre des visages expressifs dans un paysage assez simplifié et une colorisation créant une ambiance floue.

Le dernier épisode raconte les débuts de la vie de Gilad dans un monde préhistorique et comment il a recouvert les esprits après un coup de hache sur le crâne. L’éveil marque aussi les débuts de Guedes qui a encore un encrage très classique. Bliss nous offre les couvertures alternatives et un joli croquis de Cary Nord.

Alors, convaincus ?

Ce spécialiste de la guerre ne m’avait pas emballé dans Unity et je préférais de loin son frère Armstrong. Toute la première partie de Greg Pak se lit vite avec un récit fun mais la plus belle partie est le récit drôle de Milligan et Nord.

Thomas S.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Blondin dit :

    Ben voilà, mon avis rejoint le tien, notamment sur la surprise des très bonnes planches de Cary Nord et globalement du côté un peu bancal de l’ensemble avec une dernière histoire au-dessus.

    Aimé par 1 personne

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