Avengers Endgame : la fin d’un cycle

Après Captain Marvel et Aquaman, notre site poursuit la chronique des sorties cinéma avec le film le plus attendu : Avengers Endgame qui sort aujourd’hui. Les chiffres – rentabilité, tickets vendus, nombre de films depuis onze ans – sont très mis en avant mais que se cache-t-il derrière ?

J’ai eu la chance de profiter d’une avant-première mardi. C’était d’ailleurs assez drôle car la sécurité pour éviter les fuites était sur les dents et interdisait l’utilisation de téléphones portables. Mis à part ce point et l’absence de bande-annonce avant, c’est exactement comme une autre séance.

La première partie était l’apothéose des 22 récits précédents du MCU en reprenant l’ensemble des récits d’Avengers mais aussi des différents films solos sur les personnages. C’était un des premiers crossovers au cinéma car il y avait certes eu des Avengers précédents mais ils ne reprenaient pas autant les récits individuels des héros. Cette explosion de récits et de moyens impressionnait également car elle contait le récit d’une défaite – celle des héros face au génocidaire Thanos qui parvenait à ses fins : détruire la moitié des êtres vivants. Dimanche, j’avais revu la première partie de ce film et j’avais encore plus d’attente.

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Ces deux films étaient très légèrement inspirés du célèbre run de Jim Starlin sur Le gant de l’Infini. D’après le générique de fin, le scénariste apparaît dans une scène. Au-delà de ce caméo, l’histoire est totalement indépendante des comics. Le début s’intéresse aux conséquences de l’action de Thanos. La nature a envahi la banlieue mais le scénario déjoue très vite les enjeux attendus de la vengeance en partant dans une autre direction.

J’ai été vite touché par le film car le début intime est émouvant – Hawkeye est dans un ranch pendant une fête de famille banale – mais qui fait très américain pour nous – et toute sa famille disparaît. On ressent le désespoir du héros qui a tout perdu et sans avoir pu agir. Cette scène correspond à la tonalité du début – le monde après un deuil universel comme dans la série The Leftovers. L’émotion personnelle est encore plus forte car chacun est touché. Comment gérer son deuil ? Captain America parle dans un groupe de parole pour aider les autres mais, par son visage, on voit qu’il n’y croit plus – il était inutile de l’expliciter ensuite lors d’un dialogue avec Stark. Certains héros basculent dans la colère, alors que d’autres encore se reconstruisent une vie et une famille. L’humour viendra après et est selon moi un peu trop présent – avec des allusions pour les fans : Cap dit « Heil Hydra », War Machine a peur que le temple ressemble à Indiana Jones.

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Ant-Man qui n’a pas connu la défaite arrive tout frais et veut agir. Il propose une solution : revenir dans le passé. J’ai retrouvé au fil du film la thématique du temps par un bascule cinq ans après, le voyage dans le passé mais aussi une insistance en début du film sur les visages des acteurs qui ont vieilli depuis le début de la saga. Ce voyage dans le passé est aussi un retour sur les films du MCU. Il s’agit certes d’un plaisir destiné aux fans mais c’est aussi intéressant car cela montre que l’univers cinématographique est clos sur lui-même et se revisite lui-même. Cette revisite détruit certaines scènes – la danse de Quill au début des Gardiens. Endgame est aussi un film sur la famille par Hawkeye mais pas seulement. Black Widow a perdu sa famille des Avengers, Lang voit la sienne bouleversée et d’autres voyagent dans le temps pour la retrouver. La famille des Avengers est réunie à la fin pour la bataille finale et un moment tragique. C’est un rassemblement après Civil War et les tensions du début. Globalement, on retrouve la défense des valeurs américaine : la famille, le pays (ici l’univers) contre les dangers extérieurs.

J’ai également bien aimé la bande-son discrète mais avec un morceau peu connu de Traffic que j’adore. Visuellement, cela explose de partout et les moments sensibles sont bien traités mais j’ai du mal à voir un style chez Anthony et Joe Russo. Zack Snyder a un parti pris – hélas laid – mais au moins il y a un style ce que je ne trouve pas dans les films du MCU.

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Il n’y a pas de nouveaux personnages mais des personnages récents apparaissent comme Captain Marvel surpuissante. La plupart des personnages majeurs sont en crise. Thor n’est plus le dieu mais frustré de n’avoir pu sauver le monde il se venge et cela le ronge. Plus tard, il devient ainsi un être faible et pleurnichard. Ce n’est pas forcément le personnage le plus intéressant. Hulk, plus réussi, a changé et est plus proche du Hulk de Peter David. Hawkeye, devenu Ronin, combat comme dans un polar de Hong-Kong. Il a un rôle au départ très intéressant. Beaucoup de héros refusent d’agir et d’espérer en vain et se disputent.  Marvel cherche à diversifier ses héros en représentant les minorités – un groupe de héros avec un handicap – Nebula et War Machine, des femmes attaquent sans homme.

A la fin du générique, j’ai donc passé un moment très agréable en préférant la première partie sur le deuil let le voyage dans le temps au dépend de la bataille finale. J’ai donc trouvé le film assez sombre. Comme l’a très bien écrit Sonia, je suis content de voir les héros de mon enfance bouger que je perds un peu mon objectivité.

Thomas S.

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