[Interview] Chris Claremont

Le festival Superheros de Toulouse-Labège 2019 offrait un plateau de rêve et j’ai eu la joie immense de pouvoir rencontrer Chris Claremont pendant une trentaine de minutes. Inutile de vous dire que, lorsqu’il est entré dans la salle d’interview accompagné de sa femme Beth et de Paul Renaud, j’étais vraiment très impressionnée. Lectrice de Spécial Strange depuis mes six ans, Chris Claremont et ses personnages m’ont fait rêver pendant des années et m’ont apporté mes plus belles émotions en temps que lectrice de comics. Je vous livre donc ici le résultat de nos échanges.

Sonia : Bonjour Chris Claremont, pour débuter, je voudrais témoigner de la façon dont vous avez, en quelque sorte, changé ma vie, même si vous l’avez entendu des centaines de fois ! Vous nous avez permis de nous identifier à des personnages forts, notamment des personnages féminins, ce qui n’était pas évident, à mon époque pour les petites filles – j’avais six ans quand j’ai lu les X-Men pour la première fois.

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Chris Claremont : Pour moi, ça paraissait totalement normal et naturel d’écrire ces personnages féminins puisque toutes les femmes que je connais sont absolument extraordinaires, fortes et pourquoi ce ne serait que les hommes qui s’amuseraient ? C’est quelque chose que je n’ai jamais compris : le fait qu’au milieu d’un groupe de gars, il y ait toujours une fille, ce n’était pas une femme, c’était une fille : « Marvel Girl », « Invisible Girl ». Quand on pense aux Fantastic Four, Susan Storm, c’était quand même la fille « invisible ». Ma mère avait rejoint la Royal Air Force en 1941 parce qu’elle voulait piloter un Spitfire mais une fois qu’elle est rentrée dans l’armée, on lui a dit « les femmes ne pilotent pas d’avion » ce qui l’a vraiment mise en colère.

Ma meilleure amie, qui était également témoin à notre mariage travaillait pour la radio et s’est retrouvée dans des situations très dangereuses notamment en Afrique du Sud avant Mandela, à Sarajevo pendant la guerre civile. il n’est rien de plus effrayant que de se réveiller un dimanche matin et d’entendre à la radio votre meilleure amie en train de crier à son reporter : « Scott, baisse toi, ils sont en train de nous tirer dessus ! » et d’entendre le son des balles – et ce n’était pas des effets spéciaux ! Pendant quelques secondes, mon cœur s’est arrêté, on a cru que ça s’était mal fini puis on s’est rendu compte que la radio n’aurait pas diffusé le reportage s’il était arrivé quoi que ce soit à notre amie. Heureusement, ça s’est bien terminé mais pendant ces trente secondes, ça a été très dur d’entendre ça et pour son mari ce devait être bien pire encore. Donc, quand vous avez des femmes, des amies qui font ce genre de choses dangereuses, comment ne pas les mettre dans les comics, elles le méritent totalement comme n’importe où ailleurs en littérature d’ailleurs !

Par ailleurs, pour être totalement rationnel, les femmes représentent 51 % de la population et, en temps qu’écrivain, je veux que mon public soit le plus large possible et donc mon but est aussi d’attirer les femmes en écrivant des personnages féminins qui les intéressent, donc pour moi, ça a toujours été logique ! J’ai eu de la chance qu’au moment où je travaillais sur les X-Men, mon éditeur Marvel et les gens qui travaillaient avec moi avaient les mêmes opinions à propos des femmes, il y a eu une vraie synergie avec les bonnes personnes, à la bonne place, au bon moment et on s’est juste amusés pendant des années avec ça.

Sonia : mon personnage préféré, c’est Jean Grey, mais avant vous, c’était un personnage un peu effacé, comment avez-vous eu l’idée d’en faire ce personnage surpuissant ?

Chris Claremont : Quand les nouveaux X-Men sont arrivés, le personnage féminin de l’équipe, c’était Tornade (Storm) et Len Wein voulait réduire le nombre de X-Men puisqu’il y avait treize personnages à écrire en même temps. Du coup, on a supprimé une partie de l’équipe au profit d’une nouvelle équipe mais Storm était la seule femme, les gars pouvaient parler entre eux – bien qu’ils ne se parlaient pas entre eux de toute façon – mais Storm était la seule femme au milieu du groupe. Mais jusque là, Jean était vraiment très ennuyeuse, elle n’était là que pour dire « oh, je suis la fille », ses vêtements étaient démodés, bref, elle était juste ennuyeuse. Donc, on l’a enlevée dans le numéro 95 mais ça nous perturbait, on s’est dit qu’il y avait sûrement quelque chose de cool à faire avec cette petite rousse. On l’a donc ramenée deux numéros plus loin mais en la transformant. On était dans les années 1970, donc on l’a relookée à la mode de l’époque, on l’a redesignée. On lui a donné une nouvelle coupe de cheveux plus sympa qui ressemblait à celle de Carol Danvers (l’actuelle Captain Marvel). Quand elle est revenue, on s’est dit « bingo », on tient quelque chose. Mais, le truc avec les X-Men, c’est que l’équipe d’origine était composée de gamins, avec la nouvelle équipe, nous avions affaire à des adultes, Wolverine notamment, donc on voulait une histoire plus mature et plus dramatique pour ces personnages. Donc, dès que Jean est revenue, on s’est demandé comment la faire évoluer, comment écrire ce personnage et c’est là où on a designé le fameux costume du Phénix et dès que je l’ai vu, j’ai su ce que je voulais faire avec. Dans le concept d’origine, Jean était comme le Yin et le Yang : Phénix et Dark Phoenix. On a toujours su que le Dark Phoenix serait cet être sanguinaire, rouge, colérique tandis que le Phénix qui était son contraire et représentait le bien devait avoir un costume blanc symbolisant la pureté. Le problème, c’est que la qualité du papier et l’impression étaient tellement mauvaises à l’époque qu’en faisant les essais d’impression, on a vu qu’à travers le blanc du costume, on voyait les pages de pub imprimées au verso de nos histoires. Ce qu’on voyait dans ces pubs et donc à travers le costumes, c’était des pubs avec des hommes montrant leurs muscles, ça ne fonctionnait pas ! C’est pour cette raison que son costume est devenu vert.

Chris_Claremont ©Emilie Rouilly

A partir de l’épisode de l’évacuation de la station spatiale, on a su qu’on tenait quelque chose de vraiment bien. L’un de mes moments préférés, c’est quand Jean va voir ses parents et leur dit « Oui, j’ai des super-pouvoirs, oui, je suis une super-héroïne, oui, j’ai sauvé le monde mais ne vous en faites pas, je suis toujours votre fille dans ce costume ». Et à côté de ça, Scott était tout bougon et cela a mené à un de mes moments préférés entre Nightcrawler et Scott qui était de son côté en train de bouder. Nightcrawler vient lui demander « qu’est-ce qui t’arrive, ça ne va pas ? » Scott lui répond que Jean est trop forte pour lui et qu’il ne se sent pas à la hauteur. Nightcrawler lui répond : « oh, je suis désolé pour toi, tu te sens triste parce que tu es obligé de porter tes lunettes, moi, je suis juste bleu et plein de fourrure, mais oui, tu as des problèmes toi ! » C’est là où on voit les différences entre les mutants et la façon dont ils perçoivent cette différence et leurs problèmes. Pour le personnage de Scott, par exemple, le fait qu’il ait ces lunettes, de son point de vue, est extrêmement douloureux puisque’elles cachent ses yeux et traditionnellement, les yeux sont la fenêtre de l’âme et il se trouve que si quelqu’un veut regarder l’âme de Scott, il est désintégré, donc pour lui, c’est horrible  puisque, de son point de vue, personne ne peut réellement voir la personne qu’il est. Alors qu’à ce moment là, Jean est en pleine possession de ses pouvoirs et est capable de sauver l’univers, elle se sent bien.

Pour moi, tout s’est enchaîné logiquement puisqu’à la fin de cet arc, on s’est retrouvé avec le Dark Phoenix qui s’est mis à faire trop de choses trop vite et qui a fini par faire des choses impardonnables pour le personnage de Jean et qui a donc dû en payer le prix. C’est pour cela que je n’ai jamais eu de scrupules à la tuer au contraire de John Byrne qui n’était pas content, c’est pour cela qu’il l’a ramenée. Pour moi, c’était une leçon parfaite pour le lecteur : premièrement, à l’époque, il n’y avait pas de réseaux sociaux, on communiquait moins facilement, il n’y avait pas de spoiler donc personne n’a vu venir le retournement de situation et ensuite c’était parfait pour montrer que les actions, y compris dans les X-Men, ont des conséquences comme dans la réalité. On n’est plus dans un bouquin où c’est juste fun et léger, les personnages font des choix extrêmement durs et réalistes qui se révèlent parfois dramatiques. C’est le cas pour Spider-Man, Iron Man, les Fantastic Four, c’est le même état d’esprit. Pour un scénariste, c’est un cadeau extraordinaire de pouvoir montrer aux lecteurs que les personnages peuvent être en danger dans leur univers. C’était aussi important de montrer qu’on ne peut pas juste lire un épisode et revenir dix semaines après car entre temps, il se peut qu’il se soit passé des choses importantes, il faut suivre l’histoire ! Il y a aussi des choses qu’on ne peut pas rebooter. C’est pour ça que, plus tard, j’ai amené Rachel qui est redevenue le Phénix mais je n’ai pas ramené Jean parce que, pour moi, elle était partie, il fallait une suite et pas de reboot.

Sonia : On a vu que vous aimiez beaucoup les personnages féminins, Jean Grey, Storm, Kitty Pryde… mais vous les faites aussi beaucoup souffrir et vous les faites passer par des épreuves extrêmement difficiles, est-il possible d’être heureux quand on est un mutant ?

Chris Claremont : on pourrait se poser la même question sur Hamlet et pour la plupart des personnages de Shakespeare. Les comics sont des mélodrames, on passe de la joie la plus extrême à la plus extrême tragédie. La question n’est pas tant de savoir s’ils sont heureux mais si le lecteur va se rendre compte du moment où ces personnages sont heureux et en profiter. Prenons l’exemple d’Ororo (Storm) et Forge, j’ai passé un an à développer leur relation et l’arc se termine alors qu’ils sont coincés sur une terre inconnue pendant un an, Ororo est partie de son côté en quête du sens de la vie tandis que Forge cherche à savoir quoi faire ensuite, ils passent en fait deux ans ensemble et pourtant leurs sentiments étaient réels, vrais, ils s’aimaient tous les deux et ils auraient pu rester un an à ne faire que s’aimer mais le fait est qu’ils devaient faire face à leurs responsabilité de leaders et que leur but était bien de trouver des solutions à leurs problèmes et cela devait passer avant leurs sentiments. Il y a un prix à payer quand on est un super-héros, les moments de bonheur sont rares et il n’y a pas toujours de happy end.

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C’est une difficulté lorsqu’on a des personnages qui évoluent dans des séries qui durent très longtemps. C’est, par exemple, un souci de les faire se marier, il y a eu le cas avec Scott que j’ai fait tomber amoureux de Madelyne. Ils se sont mariés et Scott en est arrivé au point où il s’est dit « Je suis trop vieux pour les X-Men » et semblait aspirer à une « vraie vie », avoir un job, des responsabilités, une femme, des enfants. Ma vision des X-Men, c’est qu’on pouvait voir une évolution des personnages et cela pouvait durer sur des années pour voir, par exemple, l’évolution d’un personnage comme Kitty depuis ses seize ans et sa perception du monde à elle change de la même façon que la nôtre change. Mais ils avaient tous besoin d’évoluer, dans le cas de Scott, le but, c’était de rencontrer l’amour, de se poser et d’avoir des enfants. Mais Marvel a terminé cette histoire et cette vision n’était pas la mienne mais c’était eux qui décidaient. En ce qui me concerne, je voulais une évolution naturelle pour tous les personnages. Mon idée était que le lecteur pouvait prendre le numéro 100, voir une certaine équipe, revenir au numéro 150 et trouver une ou deux nouvelles personnes, idem pour le numéro 200 et s’ils reviennent bien plus tard, l’équipe pourrait avoir totalement changé, Wolverine pourrait être toujours là, mais il aurait pu se passer n’importe quoi avec Storm. Dans l’idéal, j’aurais voulu une évolution naturelle des personnages, que les lecteurs puissent s’identifier à eux, que des générations de lecteurs puissent lire et évoluer en même temps que les personnages et que chaque génération ait ses propres personnages. De cette façon, on aurait pu consolider les liens entre l’équipe des X-Men et les lecteurs sur plusieurs générations.

Sonia : justement, on avait l’impression que vous preniez plus votre temps pour développer les personnages alors qu’aujourd’hui, on a beaucoup de personnages mais qu’ils sont moins développés. Est-ce aussi votre impression ?

Chris Claremont : c’est difficile de répondre à cette question car j’avais un rapport particulier avec ces personnages et il m’est impossible de parler à la place de ceux qui les écrivent maintenant, ils ont leur vision propre et celle de leur éditeur. C’est aussi très différent car le marché n’est plus le même qu’à mon époque. Une des choses que j’ai beaucoup aimé dans les films d’Harry Potter, c’est que si vous regardez les élèves qui se trouvent dans la classe d’Harry Potter tout au long des huit films, ce sont les mêmes acteurs : malgré les douze ans que cela a pris de faire ces films, ils ont gardé les mêmes personnes. Si vous regardez le premier Harry Potter et le dernier, vous retrouvez les mêmes gamins qui ont grandi en même temps et qui sont dans tous ces films. Je trouve ça vraiment cool ! Cela prouve que les gens qui ont fait ces films ont respecté la vision de J.K Rowling autant qu’ils le pouvaient en temps que réalisateurs. En tant que spectateur, je trouvais ça extraordinaire parce que c’est assez rare d’avoir autant de considération. Je trouve qu’on devrait faire la même chose pour un groupe comme les X-Men, surtout les X-Men d’ailleurs : il y a tous ces personnages dans cette école. Du point de vue d’un scénariste, la frustration est qu’il n’y a personne qui voit tout ce qui se passe dans toutes les histoires et qu’il n’y a personne pour dire « non, vous ne pouvez pas faire ça avec ce personnage car il n’est pas comme ça en réalité, parce que ça n’a pas été établi comme ça ». Il faut que quelqu’un soit là et sache comme le personnage doit arriver du point A au point B.

Quand on n’a pas ça, on rend les choses vraiment difficiles pour le lecteur, c’est plus compliqué pour lui de s’attacher aux personnages. Quand tout cela n’a pas été établi, il est difficile d’avoir des évolutions, des mini-séries. Si vous racontez l’histoire d’une école, il faut que quelqu’un sache qui sont ces personnages, quelles sont leurs relations, que fait l’école. La question que je pose toujours est : où est le département de l’éducation, qui cuisine ? On peut s’en sortir quand il n’y a que six élèves dans l’école, mais quand il y en a cinq cents, ça n’est pas possible : qui est l’infirmier ? qui sont les professeurs ? quelles sont leurs obligations ? qui nettoie, qui fait les courses, où sont les parents ? Ce sont toujours les questions que je me pose. Personne ne rentre jamais chez lui, les parents ne viennent pas à l’école pour leur rendre visite ? Je trouverais ça vraiment cool de faire intervenir les parents comme ça a été fait dans Harry Potter : même si un des parents n’est pas un X-Man ou un sorcier, il peut tout de même intervenir dans l’histoire. Je pense que le truc, quand on crée un monde comme celui des X-Men, c’est de trouver tous les moyens possibles de le lier au monde réel. C’est pourquoi dans les Nouveaux Mutants, j’ai crée des histoires où Xavier, le directeur, allait interagir avec d’autres écoles de la ville. Ils avaient des amis en dehors de la communauté des X-Men parce qu’ils ne vivaient pas sur une île au milieu de nulle part ou dans une autre dimension, ils ont besoin d’interagir avec les autres. Pour moi, ce genre d’interactions est la base de beaucoup d’histoires qui, peut-être n’ont rien à voir avec le fait d’être un super-héros mais qui ont tout à voir avec le fait d’être un gamin. Et ces interactions qui peuvent, à la base, n’avoir l’air de rien peuvent devenir la base d’histoires de super-héros. Mais il faut absolument que cela s’appuie sur la réalité : qui sont ces gamins et dans quel genre de monde vivent-ils et évoluent-ils ? Comment le monde évolue et réagit à leur contact ?

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Sonia : il est hélas temps de conclure, auriez-vous quelques mots à adresser à vos lecteurs français ?

Chris Claremont : je regrette de n’avoir porté plus d’attention à mes cours de français quand j’étais jeune, ça aurait rendu ma vie bien plus facile ! Ce que j’adore dans le fait de venir en France depuis que j’écris, c’est la joie de pouvoir aller dans les librairies à Paris et de collectionner des bandes dessinées de les lire, d’essayer de comprendre les histoires. Je suis un fan de Moebius depuis des années, il y a une manière différente de raconter des histoires et quand j’ai découvert ça, c’était comme découvrir un nouveau monde, une nouvelle façon de raconter des histoires. Par extension, tous les gens que je rencontre et qui se rencontrent dans les conventions, ils s’inspirent les uns des autres. Ce que je trouve très cool et ce que je dis souvent aux jeunes artistes et scénaristes que je rencontre, c’est que les gens que vous rencontrez, les endroits dans lesquels vous allez sont de fantastiques sources d’inspiration, il faut s’en inspirer. Pas besoin forcément de faire une histoire qui se passe en France, mais vous pouvez prendre cet élément et l’amener dans votre monde. Quel que soit l’endroit d’ou vous venez, vous pouvez créer des personnages qui sont uniques, des conflits et des histoires qui vont vous toucher d’un point de vue personnel mais aussi toucher le monde entier à différents niveaux. Pour moi, c’est comme ça qu’on écrit des histoires : on trouve des différences, des points de conflit qui permettent d’écrire l’histoire de manière à ce que les lecteurs puissent comprendre les deux points de vue opposés et peut-être tomber amoureux des personnages qui sont des deux côtés de l’histoire. On essaie d’amener à la résolution d’un conflit sans forcément prendre partie pour un des deux camps.

Je prends l’exemple de Captain America : civil war qui est pour moi l’un des meilleurs films Marvel parce qu’Iron Man et Captain America sont amis, chacun a raison et croit que ce qu’il fait est juste. Iron Man veut capturer et tuer Bucky puisque ce dernier a tué ses parents. Même si Bucky n’était pas tout à fait responsable, Tony s’en fiche puisque c’est Bucky qui a appuyé sur la détente. Mais pour Captain America, il s’agit de son meilleur ami, c’est le gars qui lui a sauvé la vie donc il est hors de question de le tuer et il faut prendre un peu de recul pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Tony demande à Captain America de comprendre ce que lui peut ressentir. Tous les deux ont raison et la personne qui se retrouve être le vrai héros dans cette histoire, c’est Black Panther qui a toutes les raisons du monde de prendre part au conflit puisque Bucky a tué son père même si c’était sous le contrôle de l’Hydra. Pourtant, c’est T’challa qui, dans cette histoire, devient l’adulte et le héros. Pour le spectateur, c’était génial, ça n’était pas un conflit facile à résoudre et, pour moi, c’est très exactement comme ça que les histoires devraient être racontées : on surprend le spectateur qui pense que le film va aller dans une certaine direction et, en un instant, il prend un autre chemin. C’est comme ça qu’on devrait s’y prendre à chaque fois qu’on raconte une histoire parce que si vous parvenez à faire ça, la personne qui en profite le plus, c’est le lecteur et s’il est content, il reviendra pour voir ce qui se passe par là suite. Pour moi, c’est le but ultime quand on raconte une histoire, c’est facile de faire une histoire avec un cliffhanger final un peu pauvret pour que le lecteur se dise « oh mon dieu, il faut absolument que je connaisse la suite » mais le lecteur se dit toujours que le héros va s’en sortir : Jean ne va pas mourir, Spider-Man va s’en sortir… mais en tant que scénariste, vous voulez vraiment que vos lecteurs s’attachent à vos personnages, qu’il se demande ce qu’il ressent, ce qui va lui arriver et quand vous lui apportez une résolution au conflit, aux problèmes, vous voulez qu’il se dise : « ouah, je n’avais pas du tout vu venir ce truc, c’est génial ! » Quand on arrive à faire ça, on est vraiment heureux.

Un immense merci à Chris Claremont qui a bien voulu passer un peu de temps en notre compagnie.

Merci à Beth, sa femme qui est une personne absolument adorable.

Remerciement à toute l’équipe des organisateurs, en particulier : Paul Renaud, Katchoo et Nicolas Clouard pour avoir organisé cette rencontre.

Merci à Jessica pour avoir joué son rôle de traductrice à la perfection.

Merci à l’équipe de PopCon TV : Junk, Florent et Suidhel pour le prêt des caméras et pour le travail de montage

Merci à Emilie pour tout et notamment pour les photos

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. pistoletabulles dit :

    Superbe interview Sonia!Merci.

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    1. Sonia Smith dit :

      Merci également d’avoir été là pour enregistrer ce moment 🙂

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