[review] Interceptor

A peine sortis de l’univers post-apocalyptique de The Realm, voici que le label Paperback de chez Casterman nous propose un autre monde futuriste avec la parution du premier tome d’Interceptor. Le ton est donné dès la couverture : on va retrouver des robots… et des vampires, un mélange détonnant s’il en est !

Un résumé pour la route

Interceptor_1Interceptor est un titre scénarisé par Donny Cates dont on vous parle régulièrement sur notre blog où nous avons chroniqué  Redneck, Babyteeth ou encore tout récemment le premier opus de Doctor Strange Legacy. Aux dessins, on retrouve Dylan Burnett que les amateurs de Cosmic Ghost Rider ont déjà croisé. Une partie de la colorisation (chapitres 3 à 5) est confiée à Dee Cunniffe. Le titre sort en France en 2019 sous le label Paperback de chez Casterman.

L’espèce humaine a ravagé la Terre. La surpopulation, le réchauffement climatique ont provoqué une fonte des glaciers qui a libéré les vampires emprisonnés depuis des millénaires. Face à cet épuisement des ressources et à la guerre sans merci qu’il a fallu livrer contre les vampires, les humains ont décidé de fuir vers une autre planète, non sans avoir fait exploser tout l’arsenal nucléaire disponible dans un dernier geste destructeur. Les humains sont-ils vraiment à l’abri sur la planète Palus ? Et si les vampires étaient plus malins ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Interceptor_2Interceptor s’ouvre sur l’élection du nouveau président de la Planète Palus, monde de substitution sur lequel les humains se sont réfugiés après avoir ravagé la Terre. Première surprise, le président a l’allure d’un gamin car les humains ont trouvé une technologie qui peut leur donner – en apparence – l’âge qu’ils veulent. La jeunesse du représentant des Terriens n’enlève rien au fait qu’il est détestable dès les premiers instants : sûr de lui comme un morveux, intransigeant et sans cœur, son gouvernement s’annonce plutôt mouvementé. Ses conseillers ont l’air veules et complètement perdus, ne sachant comment gérer des situations d’urgence et de crises. Donny Cates ne met pas longtemps à nous montrer que l’être humain n’a rien appris de ses erreurs et que, bien qu’ayant été obligé de changer de planète, il est toujours aussi imbu de lui-même et aussi inconséquent. On ne change pas la nature humaine et la migration ne fait rien à l’affaire. L’auteur décrit très peu le monde sur lequel on se trouve, on retrouve là une des caractéristiques de Cates qui perd peu de temps en description et passe directement à l’action.

On a toutefois heureusement droit à un petit récap sur l’histoire de la colonisation de la planète Palus et la raison pour laquelle l’humanité a déserté et ravagé la Terre. Evidemment, la fuite et le largage d’une bombe atomique n’a pas suffi à éradiquer la menace vampire et c’est au tour de ces derniers de venir en éclaireurs sur Palus. Les humains décident alors de renvoyer un émissaire suréquipé sur Terre afin d’exterminer les vampires une bonne fois. Poli est une soldate d’élite améliorée grâce aux manipulations des savants et dotée d’une armure de combat qui revêt la forme d’un robot à taille humaine. A partir du moment où Poli est envoyée sur Terre, le ton très martial et sérieux change un peu : rien ne se passe comme prévu, Poli rencontre des vampires ambitieux et rivaux qui veulent tous le pouvoir, des êtres mi vampires mi animaux surnommés « les Tiques » qui se jettent sur tout ce qui bouge… et des humains survivants abandonnés à leur sort par ceux qui ont abandonné la Terre. Ainsi, Poli découvre une situation bien plus complexe que celle qu’on lui avait décrite et elle va devoir faire ses propres choix plutôt que d’obéir aveuglément aux ordres lointains d’une élite déconnectée et cynique.

Interceptor_3Le ton employé par Donny Cates alterne entre gravité et humour, l’auteur sait rendre ses personnages attachants, notamment Poli et la jeune Weep qui forment un duo attendrissant et hilarant. Le récit est rythmé et riche en retournements de situation, même si, comme à son habitude, Cates précipite parfois les choses alors qu’on aimerait prendre un peu plus son temps. Interceptor est un bon mélange de récit d’anticipation politique, de combats entre technologie avancée et créatures du fond des temps dans un monde post-apocalyptique des plus hostiles.

Pour la partie graphique, Cates s’est adjoint les services de Dylan Burnett qui livre ici des planches au découpage dynamique, alternant entre des doubles pages majestueuses et des planches aux cases très serrées pour accélérer le rythme. Le contraste entre les couleurs claires de la planète Palus et l’ambiance sombre et sanguinolente d’une Terre à bout de souffle est intéressant. Les vampires m’ont parfois rappelé ceux de Rafael Albuquerque dans American Vampire tandis que le robot de Poli évoque les mechas qu’on retrouve dans les mangas. Les dialogues sont extrêmement savoureux et on se prend à rire au milieu d’un massacre à cause des situations et des échanges cocasses entre les protagonistes.

Alors, convaincus ?

Interceptor est une nouvelle variante des récits post-apocalyptiques proposés par le label Paperback qui mêle technologie et créatures fantastiques avec réussite. Le récit part à cent à l’heure et Donny Cates offre de l’action et de l’hémoglobine à toutes les pages tout en proposant une réflexion sur l’irresponsabilité de l’être humain et ses conséquences. Si le récit est peut-être un peu trop rapide à mon goût – mais le deuxième tome permettra sans doute d’en savoir plus sur le régime qui régit la planète Palus – Donny Cates et Dylan Burnett nous servent une histoire rythmée et plutôt drôle qui, bien que n’étant pas inoubliable, permet de passer un bon moment.

Sonia D.

 

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