[review] Black Panther, l’homme le plus dangereux du monde

Après avoir été passionné par l’intégrale, j’ai voulu me plonger dans des aventures plus récentes de Black Panther avec ce volume sorti chez Panini comics le 9 janvier.

Un résumé pour la route

Panthere_noire_1Black Panther, L’homme le plus dangereux du monde est écrit par le romancier et scénariste David Liss (Mystery Men, Green Hornet). Alors que Francesco Francavilla avait fait la quasi-intégralité du tome précédent, on trouve dans ce volume de nombreux dessinateurs – Shawn Martinbrough (Hellboy et le BPRD, Luke Cage Noir), Jefte Palo (Hulk, Marvel Knights), Francesco Francavilla (The Black Beetle, The Spirit), Michael Avon Oeming (Powers). Le livre rassemble les épisodes US Black Panther : The Most Dangerous Man Alive 523.1, 524 à 529 publiés par Marvel en 2011 et précédemment en France dans les albums 100% Marvel : La Panthère Noire 2 et 3.

Après la saga Shadowland dans Daredevil, le héros sort brisé alors que le Caïd est devenu le chef de la Main dans un palais japonais – Shadowland. Daredevil quitte Hell’s Kitchen et demande à la Panthère de le remplacer.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

L’homme le plus dangereux du monde est le deuxième volume des aventures de T’challa à New-York. Cependant, ce livre peut se lire séparément car il marque le début d’une enquête. Le scénario à l’ancienne commence par une enquête différente à chaque épisode mais autour un fil conducteur sur le Wakanda et la lutte d’influence à New York entre Fisk et la Panthère.  Au-delà du lieu, c’est aussi un changement d’ambiance. On pense à des récits de Batman où l’enquête et la stratégie prime sur les pouvoirs. Le costume du héros est plus urbain avec de genouillères et un gilet pare-balle. L’épisode 523.1 est une enquête sur un serial killer qui tue à 22 h des femmes que la Panthère a sauvées. Quelqu’un provoque le héros mais c’est une enquête avortée car T’Challa connaît le coupable – le Loup blanc, son frère aîné blanc qui avait été adopté par le roi. La série multiplie les registres en peu de pages – l’épisode 525 est un film de siège dans un hôpital. Le héros échappe à une nuée de couteaux un peu comme dans Matrix.

Les ennemis sont bien campés L’épisode 524 s’intègre dans le crossover Spider-Island. T’Challa lutte contre Overdrive, un K2000 qui a mal tourné. Le Caïd fait appel à Lady Bullseye pour empêcher la Panthère de voir ce qu’Overdrive a volé. Dans l’épisode suivant, Mary Typhoïd la rejoint. J’ai adoré cette fille créée dans le run d’Ann Nocenti dans Daredevil mais sa folie est ici moins inquiétante et complexe.

La question de la royauté est très présente. Bien que ne vivant plus au Wakanda, T’Challa garde les habitudes d’un roi. Il est un justicier qui ne respecte que ses règles et est prêt à tout pour assumer son rôle – il se fâche avec la police car il ne respecte ni sa place, ni les règles. Au contraire, le Loup blanc, jaloux, conteste ce titre. Il est prêt à tout pour son pays et mériterait donc d’être le roi. Liss met ensuite en avant l’humanisme de la royauté contre la froideur du Caïd, le capitalisme paternaliste du Wakanda contre capitalisme sauvage. Le royaume africain sera l’enjeu de la fin de l’arc. La Main tue des représentants de la banque nationale. Le Caïd tente de s’en emparer par ses magouilles bancaires. On pense à Largo Winch – une série qui transforme la finance en film d’action – mais en bien plus simpliste. L’avocat du Caïd n’aurait pas entièrement lu le contrat. Je suis parfois perdu : les alliés de T’Challa ont-ils mis à jour un blanchiment d’argent ou ont-ils transformé une opération légale en une opération illégale ? Le Caïd se retrouve trop vite mis en difficulté alors que trois pages avant, il était sûr de gagner. T’Challa fait le job puis repart chez lui car il aime trop son pays. Dans la postface du scénariste, on croit sentir que ce changement de héros de quartier a soulevé l’opposition des fans et explique peut-être cette fin rapide.

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La personnalité du héros est assez intéressante. Il est taiseux – une grande partie du récit se fait par la voix off de T’Challa et peu de dialogue. Il est perçu comme le meilleur stratège des super-héros. Tout est manipulation mais entre T’Challa et Fisk, qui manipule qui ? David Liss affirme que les scénaristes adorent voir souffrir le personnage mais étrangement on ne voit pas T’Challa souffrir personnellement. Au contraire lors des combats, le super-héros semble invincible. Il est encore plus violent que Daredevil. Il a tout perdu avant d’arriver à Hell’s Kitchen mais dans ce volume c’est plutôt son peuple qui est plongé dans une crise économique après la disparition du vibranium. La Panthère noire n’est plus seule. Sa relation avec sa sœur Shuri – également une Panthère noire – est assez intéressante mais pas assez creusée. A partir de l’épisode 526, une alliance de héros black avec le Faucon et Luke Cage – ce dernier représentant le ghetto dit : « Revoilà l’aristo T’challa qui m’a tant manqué ».

Bien que presque chaque épisode soit illustré par un artiste différent, on peut trouver un style commun – le refus du réalisme photographique mais le choix de limiter le relief ou les corps à quelques détails dans des pages très expressionnistes entre le noir très présent et des blocs de couleur. Dans l’épisode 523.1, Jefte Palo a une personnalité graphique assez intéressante – des corps et des vêtements aux formes carrées et aux angles saillants. J’ai bien aimé aussi l’utilisation de taches de peinture noire pour rajouter de la texture. La mise en page simple autour de grandes cases horizontales est assez simple. Francavilla a également un style très original – un style brut avec des marques au feutre. Un noir très présent contraste avec des couleurs rouge ou orange très vives. Dans l’épisode 527, Michael Avon Oeming a une mise en page très dynamique et assez complexe avec des inserts des cases autour. Son style presque cartoon à la Bruce Timm jure sur un épisode mais on s’y ferait sur un run plus long.

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Panini réalise un beau travail d’édition en rééditant ces aventures indisponibles depuis longtemps. De plus, on trouve au début une biographie précise du scénariste et d’un dessinateur puis à la fin du livre un texte du scénariste à la fin. J’ai simplement regretté que le sommaire soit incomplet – qui dessine quel épisode ?

Alors, convaincus ?

Black Panther, L’homme le plus dangereux du monde est plus une série d’action qu’une enquête policière. C’est une belle idée de faire de la Panthère noire un défenseur du quartier luttant contre le Caïd qui se trouve finalement forcé de défendre aussi sa patrie. Le retournement de situation est agréable mais sans surprise. En effet, on pourrait dire comme dans le film, « personne ne s’attaque au Wakanda ».

Thomas S.

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