[review] Walking Dead tome 31

le

Avec l’apparition d’une nouvelle communauté dans le trentième volume, Walking Dead est reparti sur ses bases habituelles en montrant la rencontre de deux groupes d’humains aux modes de vie très différents. Cette fois-ci, il n’est ni question de cannibalisme ni de batte de Baseball mais les antagonismes entre Rick et Pamela se font malgré tout sentir dans ce nouvel opus.

Un résumé pour la route

Walking_Dead_31_1Wallking Dead est scénarisé par Robert Kirkman et dessiné par Charlie Adlard. On retrouve également Stefano Gaudiano à l’encrage et Cliff Rathburn pour les trames et niveaux de gris. Ce tome 31 sorti en France chez Delcourt en 2019 reprend les épisodes #181 à 186 publiés aux Etats-Unis chez Image Comics.

Alors que Michonne a décidé de rester avec sa fille dans la communauté de Pamela, cette dernière décide d’aller visiter Alexandria aux côtés de Rick afin de voir si des liens et des échanges peuvent être possibles entre leurs deux groupes. Si chacun trouve des élements positifs chez l’autre, ils se rendent pourtant vite compte de leurs importantes divergences. Reste à savoir si cela peut provoquer des problèmes voire représenter un danger.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Si le choc entre la communauté de Pamela, la gouverneuse et Rick Grimes le patron d’Alexandria se fait plutôt de manière feutrée, on sent assez vite que tout ne va pas aller tout seul. Pamela semble impressionnée par la capacité de combattre de Rick et ses troupes ainsi que par le réseau que forment Alexandria et les communautés voisines. Si Rick se montre accueillant envers la gouverneuse, d’autres membres de son groupe se montrent circonspects voire agressifs. On le serait à moins après avoir subi toutes les épreuves qu’ils ont traversées. Ce volume se plait à développer les différences de fonctionnement des deux communautés, l’une basée sur une répartition égalitaire des tâches et l’autre sur un système de classe rigide et rigoureux encadré par une sorte de milice.

Walking_Dead_31_2Pourtant, les deux communautés ne sont pas étanches : Michonne se sent déjà un membre à part entière de son nouveau groupe dans lequel elle a retrouvé sa fille. Il faut dire que son statut d’avocate lui offre le droit de jouir d’une belle demeure, d’une grande considération et d’une escorte quand elle se promène. Mais, Michonne va vite le découvrir tout a un prix. Faut-il perdre son âme pour gagner un statut social et un confort amélioré ? Que faut-il accepter de faire ou de ne pas voir pour en arriver là ? La lente transformation de Michonne est vraiment intéressante à suivre et la voir devenir une femme presque méprisante envers ceux qui n’ont pas son statut a de quoi surprendre. C’est vraiment cette thématique qui m’a le plus intéressée dans ce volume qui reste par ailleurs assez habituel dans sa narration.

Les relations au sein de la communauté de Pamela sont aussi bien plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord. La gouverneuse qui semble tout maîtriser de bout en bout révèle en fait quelques failles tout comme son bras droit incapable de faire face aux problèmes lorsqu’il doit la remplacer lors de son voyage à Alexandria. Robert Kirkman montre les fêlures d’un système qui ne repose que sur un seul individu omnipotent incapable de déléguer aux bonnes personnes puisque son seul critère est le rang social de son interlocuteur. Cette société, qui semble vouloir reconstituer à l’identique un monde qui a disparu, montre très vite ses limites. Kirkman nous montre qu’il est impossible de faire comme si l’irruption des morts vivants n’avait pas profondément bouleversé la société humaine.

Walking_Dead_31_3

Pamela et ses proches se raccrochent désespérément à un univers qui n’existe plus et qu’ils tentent de ressusciter artificiellement. Or, tout régime autocratique doit faire face à des contestations en interne et en externe. Ici, les émeutes commencent à éclater, remettant en cause le système établi par Pamela tandis que Dwight soutient le mouvement, se mêlant ainsi du fonctionnement d’une communauté qui n’est pas la sienne. L’auteur nous montre ici les limites de l’ingérence qui peut déstabiliser un système fragile, établi en partie sur le consensus au départ mais ensuite maintenu par la peur et par la force. Le violent débat qui oppose Rick et Dwight est également très bien vu : peut-on changer une société par l’exemplarité et par le dialogue ou faut-il au contraire tout renverser au risque de provoquer des violences et de sacrifier des vies ? Vaste débat auquel l’être humain est confronté depuis des millénaires, face à ce déferlement de brutalité, les morts-vivants paraissent parfois bien inoffensifs finalement.

Même si la recette est globalement la même que dans les volumes précédents, Kirkman tente une variante en montrant non pas une communauté qui cherche à en opprimer une autre mais un groupe qui opprime ses propres membres. La société proposée par Pamela est un monde figé dans lequel chacun joue un rôle mais n’a aucune possibilité d’évolution et donc aucune perspective ce qui ne peut conduire ses membres qu’à l’absence d’implication voire à la contestation ouverte. La manière dont la communauté de Pamela va évoluer sera sans doute des plus intéressantes même si Rick va encore sans doute jouer un rôle dans tout ceci. Personnellement, je rêve d’un tome ou deux où Rick n’apparaîtrait pas ce qui laisserait la place à d’autres personnages qui en auraient bien besoin et redonnerait encore plus d’entrain à cette série.

Sur l’aspect graphique, on retrouve l’équipe habituelle , toujours aussi efficace dans sa gestion des émotions humaines même si, dans ce volume, la majorité semble sous ecstasy tant ils sourient tous en permanence.

Alors, convaincus ?

La rencontre entre Rick et Pamela marque un véritable choc des cultures et oppose deux modes de vie et de pensée diamétralement opposés même si le dialogue semble se faire entre deux groupes en apparence civilisés. On est loin du sadisme d’un Gouverneur ou d’un Negan, Pamela représentant une société policée dans tous les sens du terme. L’évolution de certains personnages comme Michonne est intéressante et maintient le suspense pour la suite. Evidemment, on a l’impression que Robert Kirkman reproduit un peu toujours les mêmes schémas et cela peut lasser certains lecteurs. Pourtant, l’embryon de société formé par Alexandria et ses satellites et sa confrontation avec le groupe très structuré de Pamela peut révéler quelques surprises.

Sonia D.

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s