[review] Snotgirl tome 1

Glénat Comics s’est fait une spécialité de miser sur des titres mettant en avant les femmes fortes au caractère bien trempé comme dans Lazarus ou Black Magick. C’est donc dans cette optique que j’ai choisi de lire Snotgirl sans trop savoir ce qui m’attendait. Le propos est bien différent et met en avant un blogueuse mode, Lottie Person dont les cheveux verts et le regard sombre ornent la couverture de ce volume.

Un résumé pour la route

Snotgirl_1Snotgirl, tome 1, sous-titré « les cheveux verts n’en ont rien à faire » est scénarisé par Bryan Lee O’Malley et illustré par Leslie Hung. Le titre sort aux Etats-Unis chez Image Comics en 2017. En France, Snotgirl est édité chez Glénat Comics en 2019.

Lottie Person est une blogueuse mode, une influenceuse obnubilée par ses followers et l’image parfaite qu’elle renvoie. Elle court les soirées mondaines en compagnie d’autres blogueuses tout aussi occupées de leur image et de dire du mal des gens qui les entourent. Mais cette vie parfaite n’est-elle pas finalement une façade pour celle qui semble bien plus seule qu’il n’y parait ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Disons le tout de suite, le monde des blogueurs mode et autres influenceurs de tous poils m’est assez indifférent voire antipathique. D’ailleurs, Bryan Lee O’Malley dépeint avec une très grande justesse la bataille des ego dans laquelle ce petit monde excelle. L’auteur réussit avec brio à rendre tous ses personnages détestables. C’est assez rare de ne pouvoir s’attacher à aucun d’entre eux et cela a été le cas en ce qui me concerne.

Snotgirl_3Lottie Person, le personnage principal, est, en apparence la pire d’entre eux : extrêmement égocentrique, elle passe son temps à juger l’autre à l’aune de critères superficiels,  se compose une image lisse, heureuse et parfaite. Autour d’elle gravitent deux de ses amies / rivales, Megan « Normgirl » et Misty « Cutegirl », tout aussi autocentrées qu’elle et avec lesquelles elles forment le gang des haters. Jalousie, médisances mesquines et persiflages sont au menu, notamment à l’encontre de l’ex de Lottie et de sa nouvelle copine, Charlène qui paraît un peu trop naïve et insipide pour être honnête.

Le propos de Bryan Lee O’Malley est bien, on s’en doute, de montrer la vacuité de toute cette agitation et de nous rappeler que derrière l’assurance feinte et la méchanceté insouciante se dissimulent des fragilités physiques –  comme l’allergie de Lottie qui la fait éternuer et avoir la goutte au nez ce qui est peu glamour – ou psychologiques. Le trop grand besoin d’être suivie et admirée cache bien sûr un grand vide. Tous les travers de ce microcosme sont très bien décrits par l’auteur jusqu’à m’en donner la nausée tellement ce milieu me paraît absolument inintéressant.

Fort heureusement, O’Malley rajoute une dose de thriller bienvenue dans son récit qui en fait tout l’intérêt. Lottie croit avoir, par maladresse, tué une jeune femme qui pourtant continue visiblement à hanter sa vie. L’auteur nous laisse dans le flou, nous perd en même temps que Lottie et on se demande bien quel est le fin mot de cette histoire d’autant que le cliffhanger final nous laisse vraiment au coeur d’un suspense assez insoutenable. Pour moi, c’est bien l’aspect thriller de ce titre qui m’a fait poursuivre ma lecture alors que j’ai failli laisser tomber. Autant cet aspect là m’a plu et permis de relancer mon intérêt, autant j’ai bien du mal à m’attacher à Snotgirl et ses acolytes.

Snotgirl_2Pour la partie graphique, Bryan Lee O’Malley s’est attaché le talent de Leslie Hung dont le style colle vraiment bien avec ce style de récit, un style qu’on pourrait tout aussi bien retrouver sur des séries comme Archie par exemple. L’artiste utilise beaucoup le gros plan sur le visage ou les yeux des personnages. On est parfois proche du manga y compris dans la forme de narration. Afin de permettre au lecteur d’apprécier le style de Leslie Hung, Glénat a ajouté un cahier de croquis en fin de volume, un bonus qui est toujours bienvenu.

Si j’ai bien saisi le fond du propos – montrer combien derrière les belles façades se cachent des failles et des peurs – j’avoue ne pas avoir été touchée le moins du monde par ce récit pourtant bien mené. Je n’arrive à aimer aucun des personnages présentés et, même si l’auteur fait tout pour les rendre moins lisses et moins odieux en exposant leurs fêlures, cela n’a pas dissipé mon sentiment négatif à l’égard de ces individus accros à leur propre image. Sans doute ne suis-je pas le public cible ou ne me suis-je reconnue dans aucun d’entre eux. Ils me rappellent tous les lycéens harceleurs qu’on peut croiser dans les cours de récréation, à la différence près qu’il s’agit ici de jeune adultes qui ne vivent que de leur égoïsme et de leurs médisances, la détestation envers l’autre leur empêchant de voir leurs propres défauts.

Alors, convaincus ?

Snotgirl est un titre bien écrit, au propos plutôt juste accompagné d’une intrigue qui pique la curiosité et l’intérêt du lecteur. Pourtant, Bryan Lee O’Malley ne présente que des personnages qu’on n’a pas du tout envie de côtoyer, ce qui m’a empêché de me passionner pour ce récit. N’ayant aucun intérêt pour ce milieu très en vogue en ce moment, je pense tout simplement ne pas être le public visé par ce titre, les problématiques des personnages n’ayant aucun écho en ce qui me concerne. Le nom de l’auteur et le volet thriller de Snotgirl justifient malgré tout de jeter un oeil sur ce volume.

Sonia D.

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