[review] Lando, Quitte ou double

On ne va pas se le cacher, j’ai été éduqué à la science-fiction par Star Wars. C’est sans doute ma saga préférée et j’ai une tendresse particulière pour Lando Calrissian. J’étais donc très curieux de lire Lando sorti par Panini Comics en février 2019.

Un résumé pour la route

Lando_1Cette série limitée de cinq épisodes est réalisée par la même équipe créative. Rodney Barnes est un scénariste afro-américain de cinéma qui a travaillé dans de nombreuses séries d’humoristes. Il est aujourd’hui passé au comics avec trois scénarios de l’univers Star Wars. Paolo Villanelli est un dessinateur italien spécialiste des adaptations (Docteur Who, Hellraiser, ROM).

Star Wars : Lando – Double or Nothing a été publié aux États-Unis en 2018 par Marvel et en 2019 par Panini en France.

Lando est un contrebandier. Accompagné de son robot L3, il profite de la confusion entre la fin de la République et l’émergence de l’Empire qui impose sa domination par la force.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

J’avais lu la première série limitée de Charles Soule et Alex Maleev qui se déroulait entre les films quatre et cinq mais ici l’histoire remonte bien avant. Encore une fois en manque d’argent, Lando se voit proposer de transporter des armes à des esclaves de l’Empire pour permettre leur évasion. Il refuse au départ car il ne veut pas se mêler de politique mais il est dragué par Kristiss, la fille d’un chef devenu esclave. Dès le premier épisode, l’action est au centre par une jolie course poursuite face à des chasseurs impériaux. Visuellement, cette série est une réussite ce que montrent également les superbes couvertures qui séparent les épisodes. Villanelli a un style visant au réalisme par des visages précis mais jamais au détriment de l’action. La mise en page est en effet très dynamique avec souvent un dessin sur toute la page et des cases autour. Les couleurs vives par Andres Mossa, comme la veste jaune de Lando, donnent le ton d’un récit fun. Sur la peau, ces couleurs claires sont hélas presque violettes.

Lando_2

L3 a conçu un plan d’évasion mais Lando ne peut l’accepter. Il veut fignoler ce projet. De manière réaliste, ces aventuriers vont éprouver de nombreuses difficultés à rentrer dans l’usine de droïdes où travaillent les esclaves. Lando est capturé par un groupe dont le chef avait été trompé par le contrebandier pour la deuxième fois dans ce récit. Il semble le faire à tout le monde. Les embûches se succèdent pour réussir la mission – des monstres, des vaisseaux et des soldats de l’Empire, des contrebandiers floués… Mais Lando a un talent de beau parleur. A la fin de sa mission, Lando a appris l’idéalisme et donc, indécrottable prétentieux, il se donne le titre de capitaine.

Le contrebandier est pour moi un personnage complexe dans la saga de films – leader d’un micro-État, il doit naviguer entre la realpolitik d’accepter l’empire et sa conception flamboyante de la vie. Il opte pour toutes les compromissions mais choisit finalement l’honneur. Un des intérêts du film Solo était de voir Donald Glover, talentueux rappeur, incarner le jeune Lando et en découvrir plus sur ce personnage flamboyant de la saga. Ce comics sur l’auto proclamé plus grand contrebandier de l’univers est aussi l’histoire d’un arrogant – Lando écrit ses propres chroniques. Il ne pense qu’au jeu, à l’argent et au sexe. Je l’ai trouvé très antipathique – un mégalomane qui méprise ses amis et ne pense qu’à lui. On lit ses pensées et c’est totalement creux. Il ne fait que regretter sa vie de luxe. Son robot L3 paraît le plus sensé des deux. Bien qu’également imbu de lui-même, il est plus moralisateur. Ces deux personnages forment un duo – voire un vieux couple – contrasté qui fonctionne bien. Le robot pense que la colère de Lando vis-à-vis de lui vient d’un refoulement sexuel. Militant pour le respect des robots, L3 est aussi drôle car, sarcastique, il ne cesse de remettre son propriétaire rêveur face à la réalité – la cape de Lando empêche le sang de monter au cerveau et donc de réfléchir selon lui. D’ailleurs, cet accessoire de mode est le running gag de la série. Ce duo devient un trio avec Kristiss, la plus idéaliste et passionnée des trois. Lando insupporte Kristiss par son arrogance.

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Alors, convaincus ?

Sonia avait déjà chroniqué la série limitée sur Leia chez Panini, les récits plus axés vers le jeune public de Star Wars Aventures, Quitte ou double est une amusante bd d’action. On ne s’ennuie pas grâce au rythme trépidant des embûches pour libérer tout un peuple. J’ai simplement regretté que le récit manque de fond ou que la personnalité de Lando reste superficielle. C’est souvent le cas des adaptations. Le scénariste manque de liberté – le héros ne peut pas mourir ou changer par rapport au canon du film. Les personnages secondaires sont donc plus riches car le scénariste plus libre. L3 s’en sort mieux car plus idéaliste, je l’ai trouvé plus attachant.

Thomas S.

 

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