[review] Curse Words

Avec Curse Words, Glénat comics propose un nouveau titre ayant la magie pour sujet principal. Après des réussites comme Black Magick ou Hexed et des titres moins réussis comme Winnebago Graveyard, ce nouvel ouvrage scénarisé par Charles Soule vient ajouter une pierre à l’édifice. La couverture relativement intrigante met en scène Wizord, un magicien à la fois débraillé et surpuissant, accompagné… d’un koala, tout un programme et, rien que pour le koala, je n’ai pas pu résister !

Un résumé pour la route

Curse_Words_1Curse Words est un titre scénarisé par Charles Soule. On retrouve Ryan Browne au dessin, assisté de Michael Garland à la couleur. Ce volume reprend les épisodes #1 à 5 de la série publiée aux Etats-Unis chez Image comics. En France, le titre est publié chez Glénat Comics en 2019.

Un étrange magicien nommé Wizord s’est installé à New York où il enchaîne les consultations, flanqué de son Koala parlant prénommé Marguerite. Les gens viennent lui demander de changer leur vie grâce à la magie mais le résultat obtenu n’est pas toujours celui qu’ils attendaient. Alors que le petit business de Wizord fonctionne bien, un ennemi inattendu lui tombe dessus, lui rappelant l’univers qu’il a tenté de fuir.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Le scénario de Curse Words m’a rappelé celui d’un titre que je viens de relire dans l’intégrale sortie chez Panini : Captain Marvel. En effet, comme le guerrier Kree Mar-Vell, Wizord est envoyé par les siens pour exterminer la Terre et ses habitants. Cependant, au fur et à mesure qu’il vit aux côtés des humains, il finit par les apprécier et refuse d’accomplir sa funeste mission. Les similitudes entre les deux récits sont frappantes, mais elles s’arrêtent là.

Curse_Words_3

Wizord est un sorcier hâbleur, égocentrique et un peu roublard, il arrive à New York assez sûr de lui, pétri des traditions de son univers, ce qui donne lieu à des situations cocasses lorsqu’il demande où sont les esclaves et les nobles et s’étonne de voir les gens se prélasser dans l’oisiveté à la plage. C’est à un véritable choc des cultures qu’est confronté le magicien qui s’habitue peu à peu à son nouveau monde et voit le parti qu’il peut tirer de la crédulité et du besoin de reconnaissance des humains. Ses clients sont des stars en mal de reconnaissance et il doit en partie sa popularité aux réseaux sociaux. Toutefois, ce n’est pas le plus populaire du duo qu’il forme avec Margaret, un animal qui peut prendre différents aspects mais que tout le monde adore lorsqu’elle prend la forme d’un koala. Charles Soule se joue un peu de l’amour des réseaux sociaux pour les animaux et le #Margaret envahit très vite la toile, montrant l’emballement du grand public et sa versatilité. L’auteur force à peine le trait et on a un peu honte de reconnaître ses semblables dans les commentaires et les réactions qui peuplent les réseaux sociaux.

Curse_Words_2Curse Words est loufoque et déjanté, Wizord a un look atypique avec sa barbe blanche qui rappelle celle de Gandalf dans une sorte de caricature bienveillante. Mais Wizord s’adapte fort bien au monde moderne : il a le sens du look, de la communication et du suspense. Il est le premier surpris de l’appétence des humains pour la magie qu’ils ne semblent pas redouter mais au contraire qu’ils appellent de leurs souhaits. On voit combien cette société qui cherche la gloire et la médiatisation recherche aussi ce qui peut transcender son quotidien et lui apporter quelque chose de neuf et d’irrationnel. Comme les religions et les sectes, la magie a de beaux jours devant elle sur la planète Terre ! C’est d’ailleurs le propos central de Charles Soule : il fait apparaître un magicien venu d’un autre monde mais, quand ce dernier est privé de ses pouvoirs, il doit partir en quête des éléments magiques dispersés sur Terre afin de reconstituer sa force. Mais où peut-on bien trouver de la magie dans un monde comme le nôtre ? Les exemples donnés par l’auteur ne sont pas forcément ceux auxquels on aurait pensé mais cela nous force à nous poser la question : existe-t-il pour moi quelque chose de magique sur cette planète? Il n’est pas inutile de s’interroger à l’heure où tout paraît à la fois si cynique et si futile.

Mais le véritable point fort du titre est son univers graphique, dû aux talents conjoints de l’illustrateur Ryan Browne et du coloriste Michael Garland. La composition des planches est inventive et dynamique, alternant les cases très classiques et une mise en page aux lignes brisées plus déjantée. Quelques pleines et doubles pages viennent casser un rythme assez intense. La colorisation est vive mais pas trash, elle souligne avec brio la gestuelle des personnages et instaure des atmosphères très variées d’une page à l’autre. On pourrait se croire dans un univers psychédélique à la docteur Strange, en plus moderne.

Alors, convaincus ?

Si le scénario n’est pas d’une grande inventivité, le récit est écrit avec rythme et humour et j’avoue avoir franchement ri à certains passages. On se prend évidemment d’affection pour Margaret le koala, on trouve parfois Wizord un brin balourd et on attend avec impatience sa prochaine bourde. Pourtant, Curse Words est aussi une réflexion sur le paraître, la futilité et la quête de la magie qui habite chacun d’entre nous à des degrés divers. La qualité graphique de ce titre est à souligner, j’ai vraiment trouvé du plaisir à regarder le travail de Ryan Browne et Michael Garland. Bien que n’étant pas inoubliable, Curse Words m’a fait passé un bon moment, c’est tout le mal que je vous souhaite.

Sonia D.

 

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