[review] Atomic Robo

Le label Paperback de chez Casterman est de retour avec la publication du premier tome d’Atomic Robo de Brian Clevinger et Scott Wegener. L’éditeur, qui se fait une spécialité des intelligences artificielles, nous a déjà proposé le touchant Mech Academy ou le splendide Magnus. Atomic Robo offre une tout autre ambiance pour notre plus grand bonheur.

Un résumé pour la route

Atomic_Robo_1Atomic Robo, la science est un combat est scénarisé par Brian Clevinger et illustré par Scott Wegener. Aux Etats-Unis, le titre sort chez IDW. En France, il est édité sous le label Paperback de chez Casterman en 2019.

En 1938, au cœur de l’Himalaya, un savant nazi, le baron von Helsingard, se livre à des expériences visant à faire de lui un surhomme. Comment l’arrêter discrètement sans précipiter le monde dans une guerre généralisée ? Les Etats-Unis décident d’envoyer une équipe en mission secrète avec à sa tête un personnage atypique qui n’a pas froid aux yeux : Atomic Robo.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Atomic Robo met en scène une intelligence artificielle créée par Nikola Tesla, génial inventeur qui est notamment connu pour avoir été le collaborateur de Thomas Edison mais aussi et surtout pour avoir mis au point les premiers alternateurs ou avoir inventé des robots télécommandés. Brian Clevinger donne donc un père célèbre à Atomic Robo et rend sa créature presque plausible. Tesla est une figure d’ailleurs souvent représentée dans les différents pans de la culture pop’, son utilisation par Clevinger s’inscrit donc dans une forme de tradition.

Atomic_Robo_3

Les ennemis d’Atomic Robo sont des nazis ce qui peut conférer au récit un caractère inévitable de déjà-vu mais il faut avant tout comprendre combien ce titre est un hommage jovial et divertissant aux pulps et à l’âge d’or des comics. On retrouve tous les ingrédients qui font la saveur de ces périodes dorées : le savant fou qui complote pour devenir un surhomme et asservir la planète, le héros – ici un robot – sans peur qui court généreusement au devant du danger avec sa petite équipe, des mystères qui poussent les protagonistes à parcourir la planète comme le ferait Indiana Jones et une bonne dose d’humour et d’autodérision.

Atomic Robo est un titre virevoltant, notre héros artificiel saute d’une aventure à l’autre, d’une époque à l’autre à un rythme endiablé à la rencontre de fourmis géantes ou de pyramides égyptiennes mécaniques et agressives. On l’envoie explorer Mars ou lutter contre les Japonais afin que l’Amérique puisse triompher sans subir trop de pertes, Robo croise même la route de Stephen Hawking avec lequel il n’a guère d’affinités ! Les dialogues sont vraiment savoureux et drôles, l’humour d’Atomic Robo rappelant celui d’un Deadpool en plus subtil. Même s’il affronte de nombreux adversaires, notre héros se trouve toujours sous la menace d’un personnage récurrent, plus coriace qu’il n’y paraît et le cliffhanger laisse à penser qu’on n’en a pas fini avec lui.

Atomic_Robo_2Graphiquement, le style de Scott Wegener m’a rappelé l’univers d’Hellboy – y compris dans la chasse aux nazis opérée par Robo – même si les finitions sont moins subtiles donnant parfois un aspect un peu cartoon à certaines planches. Le découpage est assez classique mais reste dynamique, quelques splash pages venant souligner le côté dramatique de certaines scènes. On regrette juste le manque de décors, Scott Wegener préférant se concentrer sur l’action et sur ses personnages. Atomic Robo traverse les périodes de l’Histoire à toute allure passant des années 1930 aux années 2010 avec aisance.

Si ce premier volume est dans l’action pure et esquisse seulement les origines d’Atomic Robo, on devine toutefois derrière le caractère enjoué du robot une volonté qu’on reconnaisse son statut d’être pensant et de lui reconnaître une certaine forme d’humanité. Reste à savoir si cet aspect sera davantage exploité par la suite et si l’on reviendra sur la naissance de Robo et ses rapports avec son créateur Nikola Tesla.

Alors, convaincus ?

Atomic Robo évoque de manière claire l’univers d’Hellboy aussi bien sur le fond puisque Robo et son équipe traque les nazis et les phénomènes surnaturels que sur la forme avec les dessins de Scott Wegener. Au delà de cet hommage bien maîtrisé à la créature de Mike Mignola, Atomic Robo est aussi une très belle évocation de la grande époque des pulps de science-fiction ou de l’âge d’or des comics – d’ailleurs, le récit débute en 1938, année de naissance de Superman. J’ai, pour ma part, adoré les dialogues extrêmement drôles, la personnalité de Robo, un subtil mélange entre James Bond, Indiana Jones ou Deadpool et les dessins qui collent très bien à l’ambiance. Encore une bonne surprise chez Paperback, ce qui semble devenir une (bonne) habitude.

Sonia D.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. YRADON - YourReadingsAreDoomed...OrNot dit :

    Bon bah je connais mon prochain achat! Super article merci. 😉

    Aimé par 1 personne

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