[review] Savage

Après la lecture de l’intégrale Bloodshot et les débuts d’Harbinger Renegade, je poursuis ma passion pour l’éditeur le plus régulier du moment. Ponctuellement Valiant entertainment propose des séries courtes totalement en dehors de l’univers régulier. Après un voyage dans la Rome antique en deux volumes, Bliss l’éditeur français de Valiant propose un voyage chez les dinosaures avec Savage.

Un résumé pour la route

Savage_1Cette histoire courte en quatre épisodes est scénarisée par B. Clay Moore (Hawaiian Dick, JSA: Liberty Files). Les dessins sont de Lewis LaRosa (Bloodshot Salvation) et de Clayton Henry (Archer & Armstrong). Le partage entre les différents dessinateurs est intégré dans le récit. Chaque début d’épisode dessiné par LaRosa raconte les aventures de l’enfant du couple alors qu’Henry se concentre sur le passé. Ces épisodes ont été publiés aux États-Unis chez Valiant entertainment de novembre 2016 à février 2017. Ils sont publiés en France par Bliss comics en novembre 2018.

Il y a quinze ans, un célèbre joueur de football, sa femme et leur nouveau-né ont disparu lors d’un voyage en avion. Mais ils sont en fait coincés sur une île mystérieuse peuplée de dinosaures.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Kevin et Ronnie forment un couple star des médias. Ronnie a créé un univers industriel basé sur leur image comme les Beckham. Kevin est une star du foot vieillissante qui part aux États-Unis pour se relancer mais un accident d’avion les force à changer de vie. J’ai trouvé cette famille très vite touchante. Alors que l’avion tombe, les deux parents pensent tout de suite à sauver leur fils. A la fin de l’épisode deux, on découvre que la famille s’appelle Sauvage. Clay Moore a une vision assez moderne – Ronnie sauve son mari qui se noyait. Kevin se révèle alcoolique et drogué. En voulant chercher de la nourriture, il découvre un bateau où les survivants ont été dévorés par des dinosaures. Kevin se sacrifie pour sa femme. Ce passage assez convenu est transcrit dans une image très forte. Kevin est vu d’en bas et en contre-jour. On devine seulement la blessure avant de voir dans la case suivante en pleine lumière l’étendue du désastre – il a perdu un bras et la moitié du visage. Ronnie se retrouve seule pour éduquer son fils. Elle devient une mère courage.

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Savage est un récit de survie. KJ est seul sur l’île au milieu des dinosaures. L’adolescent est musclé mais sec car il manque sans doute de nourriture. Il a des grosses cicatrices sur tout le corps. Sa tenue mélange un pantalon et des dents de dinosaures car il récupère tout ce qu’il peut. Il a des ongles abimés, des dents pourries et de travers. Le scénariste et le dessinateur cherchent le réalisme. KJ doit quotidiennement lutter contre des animaux redoutables mais aussi contre des adultes sauvages. On découvre que c’est sa mère qui lui a appris à éviter les hommes dont on ne sait rien. Comme un ado sauvage, le petit Savage vit en symbiose avec l’île.

Lewis LaRosa utilise de grandes cases avec peu de dialogues ce qui est logique vue la situation. La colorisation imite la peinture. Les couleurs épaisses et un encrage noir large renforcent la sauvagerie. Au contraire, Clayton Henry a un trait fin et moins de contraste sur les textures. Son éditeur parle d’un style précis et très ouvert. J’ai été très content de retrouver ce dessinateur et l’ambiance change de l’humour d’Archer & Armstrong. On peut juste regretter que dans le dernier épisode le dessin devienne plus basique. Henry a-t-il manqué de temps ?

Le scénario est assez banal mais il est diablement efficace par les non-dits et les secrets qui se révèlent peu à peu. KJ sauve un homme des dinosaures mais on découvre que le vrai prédateur est cet enfant. La violence se passe hors champs par des cris dans la jungle. A la fin de l’épisode trois, le lecteur comprend les raisons de cette haine. Ces hommes sauvages gardent un passage entre les dimensions qui apporte régulièrement de nouvelles victimes. Clayton Henry laisse entendre qu’ils sont anthropophages sans rien montrer. Par la lutte contre ces sauvages, Kevin cherche la vengeance et la fuite. Le dernier épisode commence par un super lever de soleil car c’est un jour décisif pour Kevin. Il va peut-être quitter cet endroit…

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Comme toujours, Bliss comics nous gâte avec de nombreux bonus dont depuis quelques volumes ces pages commentée où on voit l’esquisses, l’encrage et la colorisation sur une même page. J’ai particulièrement aimé les commentaires de LaRosa qui montrent qu’il est passionné par les dinosaures. Il demandait depuis longtemps de dessiner des reptiles. J’ai trouvé aussi très intéressant sa difficulté à dessiner un ado. J’ai aussi beaucoup découvert sur le rôle du coloriste Brian Reber – comment il crée du lien entre les cases par la couleur. Enfin, on trouve les couvertures alternatives et les concepts des personnages par Lewis LaRosa, très différents du résultat final.

Alors, convaincus ?

Savage est un livre distrayant qui m’a permis de retrouver de superbes dessinateurs. Cette histoire courte étant totalement à part du reste de l’univers Valiant, elle est une bonne porte d’entrée pour un néophyte mais j’ai l’impression de me répéter car chaque début d’une nouvelle série est habilement conçu en ce sens. En refermant le volume, j’ai juste été frustré car cette série est bien trop courte. De plus le cliffhanger final donne envie de lire la suite.

Thomas S.

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