[review] Harbinger Renegade 1, Le jugement de Salomon

Après l’intégrale Harbinger et la mini-série Imperium, je suis devenu accro à l’univers de psiotiques de Valiant entertainment et je poursuis ici leurs aventures par la mini-série Harbinger Renegade.

Un résumé pour la route

Harbinger_Renegade_1Après l’œuvre marquante de Joshua Dysart, ce début de série intègre un nouveau scénariste, Rafer Roberts (A+A). Les quatre épisodes sont dessinés par le grand Darick Roberston (Transmetropolitan, Ballistic). Il est ici aidé par Richard Clark, sans doute pour l’encrage et par les très belles couleurs de Brian Reber. Chaque épisode commence par un prologue dans le passé. Ces pages sont dessinées par Juan José Ryp (Britannia, Black Summer) dont je suis également fan depuis ma lecture de Britannia. Ils ont été publiés aux États-Unis entre novembre 2016 et février 2017 et en France chez Bliss comics en mars dernier.

A la suite de la révélation de l’existence des psiotiques, de nombreuses personnes tentent l’opération chirurgicale pour être activées comme un super-héros mais en secret et donc sans aucun contrôle. Les Renégats, séparés après l’Intégrale Harbinger, se réunissent malgré leurs réticences pour aider leurs congénères.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Le volume commence par une belle introduction de Raúl Allén (Hawkeye, Bloodshot Reborn) et Patricia Martín (Secret Weapons) qui facilite grandement la compréhension pour les nouveaux lecteurs. Ils en profitent pour détourner des affiches mythiques de Bob Dylan ou venues de la propagande.

Ce qui me plaît vraiment dans la série Harbinger, c’est qu’elle cherche à se rapprocher de la variété de la vie – on y trouve Faith, une héroïne en surpoids, Kris lesbienne, Peter Stancheck très perturbé… Le scénariste prend en compte des changements depuis la fin de l’intégrale. Après la mort de leur ami, les Renégats se sont divisés et ont refusé de se revoir. Kris et Peter ayant le sentiment d’avoir tout gâché, chacun des membres des Renégats a poursuivi une route différente. Torque réalise son rêve futile de star par la téléréalité.  Kris a repris une vie normale en trouvant l’amour avec Tamara. Faith a pu réaliser son rêve de super héroïne – racontée dans sa série. Jay Tucker, étudiant noir, intéresse le Consortium – un groupe de militants qui veut permettre à chaque psiotique d’être activé – et le F.B.I. qui veulent profiter de ses probables dons.  Repéré par @X, un hacker collaborateur de Faith, cette dernière décide de venir l’aider mais, seule, elle se sent vite dépassée et demande l’aide de ses anciens amis. Le plus étrange est toujours Peter qui médite en christ yogi dans l’espace. Comment est-il arrivé dans l’espace ?

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Ces changements permettent au nouveau lecteur de se familiariser avec ces personnages. Le début est un peu lent et moins original que le travail de Dysart. Au départ, j’ai eu le sentiment de ne pas retrouver la profondeur d’avant même si cela reste meilleur qu’Imperium. Il y a souvent une dose d’humour comme Torque avec ses remarques de gros lourd. La thématique psychologique – les Renégats sont des outsiders qui cherchent à vivre libre dans une société qui veut les exploiter – semble moins bien mise en avant. Rafer Robert se pose cependant une question : comment chacun sort de la petite vie qu’il s’est créée pour se tourner vers les autres et donc (re)créer un groupe ? A partir de l’épisode trois, l’équipe s’est reconstituée. Une fois ensemble, chacun semble perdre un contrôle tout récemment retrouvé. Comme les psiotiques activés, le pouvoir dépasse chaque individu selon Roberts. L’épisode deux montre Peter qui pète les plombs car il est envahi des multiples pensées des gens autour. Son esprit ne fait plus la différence entre les pensées et la réalité. Cela avait déjà été fait dans le premier épisode de l’intégrale mais Robertson trouve un autre moyen de le représenter graphiquement. Malgré toutes ses aventures et son sevrage sur Saturne, Peter semble figé au même point. Pendant tout ce récit, il n’est plus aussi puissant qu’avant et reste toujours fragile psychologiquement ce qui le rend plus crédible et donc plus attachant. A la fin du récit, une équipe élargie s’est formée avec la copine de Kris, Jay Tucker et @X.Jay, le premier nouveau psiotique marque ce renouveau.

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Le Consortium semble être un groupe gauchiste mais ils sont manipulés pour récupérer des psiotiques. Est-ce une critique de l’extrême-gauche ? En effet, après Harada, un nouvel ennemi émerge progressivement dans la série, Alexander Salomon traître de la Fondation Harbinger qui manipule les agités du Consortium. Il a le pouvoir de voir les chemins possibles du futur mais ne sait pas lequel est le bon. Il doit pour cela utiliser son cerveau pour choisir. Il a été rejoint par des transfuges de la Fondation. Comme Harada, il veut aider le monde en empêchant les conflits mais en décidant à la place du citoyen. Pour recruter son armée, il veut utiliser Peter pour éviter les morts lors de l’activation.

Les deux dessinateurs sont tous les deux très bons. En dehors de la qualité visuelle des planches, ce sont deux spécialistes de la violence. Ryp et surtout Robertson ont une manière bien plus subtile qu’il n’y paraît pour montrer la violence – les explosions détruisent les corps et le sang gicle – en rire parfois mais sans jamais l’enjoliver. Pour cela ils ont recours à des moyens très variés pour l‘illustrer et le plus souvent la dénoncer : parfois comme dans un film d’horreur le gore domine mais, ailleurs, c’est un choc brutal ou il laisse l’imagination du lecteur agir : bruit d’un os qui craque mais sans rien représenter. Robertson est très doué pour les visages naïfs d’idiots qui se font manipuler par des personnages plus intelligents mais semble moins à l’aise pour représenter Faith. Ryp s’est adapté au récit avec un style plus sage que dans Britannia, moins gore et des couleurs plus claires.

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Alors, convaincus ?

Harbinger est donc un bon lancement d’un nouvel arc malgré un début un peu lent sans doute nécessaire pour les nouveaux lecteurs. La suite qui sortira en septembre devrait nous montrer ce que va devenir ce nouveau groupe.

Thomas S.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Chip dit :

    Je partageais cet avis, mais la lecture du second volume m’a fait déchanter. Je suis devenu un fervent lecteur de Bliss/Valiant, mais c’est ici une vraie déception. Joshua Dysart est manifestement difficile à remplacer!

    J'aime

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