[review] Winnebago Graveyard

Les comics horrifiques évoquant la magie et les démons reviennent en force en librairie, c’est ainsi qu’on a pu vous parler de Babyteeth ou Black Eyed Kids chez Snorgleux Comics ou frissonner avec Black Magick ou Hexed chez Glénat comics mais on pourrait multiplier les exemples. Winnebago Graveyard vient à son tour surfer sur la vague du titre terrifiant, inspiré notamment des films des années 1970 mettant en scène des sectes d’adorateurs de démons mais fait aussi penser aux nouvelles de Stephen King ou à Charles Manson et ses adeptes.

Winnebago Graveyard avait bénéficié d’une preview lors du dernier FCBD mais cette dernière m’avait plutôt laissée indifférente. La lecture de l’ouvrage m’a-t-elle fait changer d’opinion ?

Un résumé pour la route

Winnebago_Graveyard_1Winnebago Graveyard est scénarisé par Steve Niles, dessiné par Alison Sampson et on retrouve Stéphane Paitreau à la couleur. Le titre sort aux Etats-Unis en 2017 chez Image Comics. En France, le titre sort en 2018 chez Glénat Comics.

Dan, Christie et Bobby arpentent les routes de Californie. La famille recomposée est un peu tendue, les relations entre Bobby et son beau-père n’étant pas au beau fixe. Pour détendre l’atmosphère, Dan propose un arrêt au Carnaval de Corbis pour profiter de la fête foraine. Rebutés par une ambiance plutôt glauque, la famille décide de reprendre la route… mais le camping-car n’est plus sur le parking.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Winnebago Graveyard est sans aucun doute un hommage aux récits et aux films d’horreur qui mettent en avant la violence malsaine et absurde. L’horreur pénètre brutalement dans le quotidien d’une famille quelque peu tendue et bouleverse à jamais son existence. Le récit oppose la cellule familiale au groupe, l’individu à la masse, les personnes rationnelles et éduquées et des villageois énigmatiques et bestiaux. On est tenté d’y voir une parabole mettant aux prises les deux visages de l’Amérique qui s’opposent ouvertement depuis l’élection de Donald Trump. La famille débarque dans un monde qui lui est totalement étranger et qu’elle ne comprend pas tandis que les habitants auxquels elle est confrontée voient ce trio d’inconnus comme des envahisseurs venus perturber leurs traditions. Peut-on se comprendre quand on vient de mondes différents ? Les a-priori qu’ont les uns sur les autres aggravent-ils l’incompréhension qui conduit à la traque de la famille ? Chacun apportera sa propre réponse à cette question car on n’en saura guère plus.

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On voit combien Steve Niles cherche à rendre hommage aux histoires qui l’on terrifié et qui lui ont permis de grandir, on reconnait bien la fascination américaine pour les Freak Shows, la méfiance face à la foule manipulable que l’on peut pousser aux pires excès, le goût pour les atmosphères malsaines et les invocations démoniaques, l’attirance pour la violence gratuite et brutale qui se nourrit de l’héritage de Charles Manson, on y croise même un soupçon de Stephen King à travers la présence d’un clown grimaçant. Mais, au delà de cette accumulation de références qui se télescopent dans ce court récit, que retire-t-on de cette histoire sanguinolente ? Pour ma part, j’en retire surtout une impression de déjà-vu et ce récit ne m’a, hélas, procuré ni surprise ni véritable émotion, non pas à cause de l’aspect bref de ce qui peut s’apparenter à une nouvelle horrifique mais parce que je n’ai guère trouvé d’originalité ou de surprise dans ce travail.

Graphiquement, je n’ai pas non plus beaucoup accroché au dessin d’Alison Sampson que j’ai trouvé très figé, notamment dans le traitement de ses personnages aux émotions crispées. Seule la colorisation très vive et en même temps très contrastée de Stéphane Paitreau donne un aspect réellement inquiétant à l’ensemble.

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A noter : le récit en lui-même occupe deux tiers de l’ouvrage, le tiers restant étant consacré aux textes de Steve Niles sur ses inspirations pour l’écriture de Winnebago Graveyard, au storyboard. On retrouve aussi des textes sur le satanisme, la peur des cirques du point de vue de l’enfant ou un essai sur le film The Manson Family ainsi que des couvertures alternatives.

Alors, convaincus ?

Bien qu’adepte des récits et films horrifiques, je n’ai pas adhéré à Winnebago Graveyard qui ne m’a pas surprise ni emballé sur le plan scénaristique ou artistique malgré une superposition d’ingrédients propres à installer suspense et malaise. Si je comprends bien où l’auteur a voulu nous emmener, je trouve les ficelles un peu grosses, ce qui ne m’a pas aidée à entrer dans l’histoire. On n’a guère le temps de s’attacher aux personnages avant qu’ils ne soient traqués et à peine le récit a-t-il démarré qu’il est déjà terminé. Bref, j’ai peur d’être passée à côté de cette proposition qui avait pourtant tout pour me séduire.

Sonia D.

 

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