[Review] Lady Mechanika n°5

Voilà bien longtemps qu’on n’avait pas parlé de Lady Mechanika, la pulpeuse créature de Joe Benitez. La sortie du cinquième volume est l’occasion de replonger dans cet univers steampunk et de voir si la bonne tenue du quatrième tome se confirme dans ce cinquième opus. Après avoir exploré les bas fonds de West Abbey, Lady Mechanika et Lewis se trouvent confrontés au passé de celui-ci et à des individus bien plus malfaisants qu’ils ne le laissent penser au premier abord. Entre mystères à résoudre et atmosphère sulfureuse, il ne reste plus qu’à se laisser porter.

Un résumé pour la route

Lady_Mechanika_1Les épisodes de ce volume sont scénarisés par Joe Benitez et Marcia Chen et illustrés par Joe Benitez et Martin Montiel. Le présent volume, sorti chez Glénat comics en 2018, contient les épisodes 1 à 3 de la mini-série Lady Mechanika, the clockwork assassin et l’épisode Two, publiés aux Etats-Unis par Benitez Production.

Une série de meurtres secoue Mechanika city et frappe l’entourage de Lewis, l’acolyte de Lady Mechanika. Tous les indices semblent donner à penser que la belle lady est coupable de ces assassinats. L’inspecteur Singh mène l’enquête avec soin mais va-t-il devoir emprisonner notre héroïne ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Avec ce cinquième volume de Lady Mechanika, le lecteur retrouve les ambiances des tomes précédents. On démarre sur le meurtre sordide d’un industriel en pleine nuit dans les rues de la cité. L’assassin ressemble fortement à Mechanika, ce qui instille le doute dans l’esprit du lecteur, même s’il voit arriver la ficelle un peu grossière. On retrouve dans ce numéro les protagonistes habituels, qu’il s’agisse de Lewis, fidèle acolyte de la belle héroïne ou l’inspecteur Singh, déjà rencontré auparavant.

Lady_Mechanika_2A travers cette enquête parfois tortueuse resurgit le passé douloureux de Lewis que l’on découvre mieux à cette occasion. C’est le prétexte pour Benitez et Marcia Chen d’évoquer les dangers d’une science mal maîtrisée et des pressions économiques et stratégiques qui poussent à la réalisation de mécaniques instables aux conséquences désastreuses. Les scénaristes usent des ressorts propres au genre : mystérieux assassin, fausses pistes, faux coupable, rien de bien neuf si ce n’est la progression que cela permet dans la connaissance de Lady Mechanika et de son entourage.

La belle se trouve, en effet, confrontée à une femme qui lui ressemble en tous points, du moins en apparence et cet affrontement féminin permet aux auteurs de distraire l’attention du lecteur et de faire progresser l’intrigue. On peut toutefois regretter que cette dernière ne soit pas très élaborée et qu’on en devine les contours assez rapidement. Par ailleurs, Benitez et Chen nous offrent encore une fois des dialogues très fournis qui mangent parfois totalement les cases. Si, personnellement, ça ne me dérange pas trop, une partie du lectorat pourra être rebutée par ce caractère un peu trop verbeux qui se développe parfois au détriment de l’action. On en apprend toutefois encore un peu plus sur les origines de Lady Mechanika mais les auteurs s’amusent vraiment à ne distiller que des petites informations qui ne sont que quelques petits cailloux de plus sur le long chemin qui nous mène aux origines de la femme mécanique. C’est assez malin puisqu’on a forcément envie d’en savoir plus et donc d’aller plus loin dans sa lecture.

Lady_Mechanika_3

L’ambiance graphique reste fidèle au steampunk avec dès les premières planches une impressionnante et rutilante usine, Athena Industries, toute en boulons et en mécanique. Son aspect flamboyant et lumineux contraste avec les rues sordides de Mechanika city qui font inévitablement penser au Londres de la fin du XIXe siècle. L’utilisation des automates m’a fait penser au jeu vidéo Dishonored avec des similarités très troublantes. Les personnages dessinés par Benitez et Martin Montiel sont toujours aussi élégants, on les dirait tout droit sortis d’une gravure de mode, les costumes sont magnifiques et la plastique de Mechanika continuera à faire tourner les têtes. La composition est efficace et les décors particulièrement soignés, ce qui est un véritable point fort de cette série.

Alors, convaincus ?

Si le récit est relativement convenu et parfois très bavard, il n’en reste pas moins plaisant par cet univers steampunk plutôt bien campé. C’est donc plutôt l’aspect graphique qui a de quoi séduire, davantage qu’un scénario parfois un peu simple bien que divertissant.

La figure de Lady Mechanika reste attachante, Joe Benitez nous permet d’en savoir encore un tout petit peu plus sur elle tout en nous laissant malgré tout dans l’expectative. Le titre continue sur sa lancée, nous promenant dans une nouvelle enquête et nous permettant de lever peu à peu un pan de voile sur les origines de notre mystérieuse femme mécanique.

Pas de grande surprise, les fans de Benitez et de steampunk continueront à apprécier  le titre grâce à son esthétique si particulière malgré un scénario assez léger.

Sonia D.

 

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