[review] Bloodshot Salvation

Bloodshot est un des personnages phares de l’univers foisonnant que nous offrent Valiant et Bliss Comics, un héros touchant que nous avons déjà croisé à plusieurs reprises, notamment dans la toute première review du blog sur The Valiant. Bloodshot fait l’objet de plusieurs publications de grande qualité chez Bliss Comics, elles s’enchaînent régulièrement, ne nous laissant pas le temps d’être en manque de ce ténébreux individu. Ce héros ambigu, ancienne machine à tuer redevenu humain est particulièrement intéressant, c’est pourquoi j’ai jeté mon dévolu sur Bloodshot Salvation dont le pitch nous présente un Ray Garrison devenu père.

Un résumé pour la route

Bloodshot_Salvation_1Bloodshot Salvation est scénarisé par Jeff Lemire à qui ce héros réussit particulièrement bien. On retrouve aux dessins Lewis LaRosa et Mico Suayan et aux couleurs Brian Reber et Diego Rodriguez. Le titre contient Bloodshot Salvation#1-5 publiés aux Etats-Unis entre septembre 2017 et janvier 2018 par Valiant. En France, le titre est publié par Bliss Comics en 2018.

Jessie, la fille de Ray Garrison alias Bloodshot, est poursuivie dans une forêt par un groupe d’hommes cagoulés appartenant OMEN, une organisation criminelle. La jeune fille et sa mère doivent apprendre à survivre dans un monde où Bloodshot a disparu et où Jessie ne maîtrise pas encore les pouvoirs qu’elle a hérités de son père.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Jeff Lemire retrouve ici son personnage de prédilection et nous offre une vision très humaine de ce Bloodshot créé pour devenir une machine à tuer. Ray Garrison a su triompher de cette technologie implantée en lui pour redevenir avant tout une personne dotée de sentiments. La meilleure preuve en est le couple qu’il forme avec Magic et la naissance de leur fille Jessie. Lemire présente alors un Ray Garrison protecteur et inquiet de l’avenir de son enfant, comme tous les pères. Ray est d’autant plus soucieux qu’il ne sait pas si les nanites vont affecter sa fille ni dans quelle mesure.

Bloodshot_Salvation_2

Lemire choisit de présenter à son lecteur un récit dans lequel plusieurs périodes s’entrecroisent, faisant ainsi appel à la technique du flash-back qui permet d’expliquer la situation sur laquelle l’ouvrage s’ouvre. Pour soutenir son propos, il fait appel à deux artistes différents : Mico Suayan gère avec panache et dynamisme les scènes du futur où Magic et sa fille tentent de gérer une situation délicate après la disparition de Bloodshot, tandis que Lewis LaRosa illustre le récit qui se déroule dans le présent.

Dans les scènes du présent, ce n’est pas le passé de Ray en tant que Bloodshot qui met en péril la famille mais celui de Magic dont le père cherche à la retrouver et à la ramener auprès de lui. Mais ce père n’est autre que le gourou d’une secte chrétienne violente aux mœurs à la fois rétrogrades et pédophiles. L’occasion pour Lemire et LaRosa de nous offrir des portraits plus que réalistes des rednecks à la coupe mulet, nostalgiques de la splendeur du Sud. Cette plongée dans les milieux religieux les plus arriérés donne des frissons tant elle est bien rendue dans ce Bloodshot. Avec cet épisode, Lemire nous démontre que le danger peut venir tout aussi bien des entreprises high-tech qui fabriquent des armes sophistiquées que des organisations plus archaïques qui poursuivent finalement le même but : dominer autrui. Seuls les moyens et le discours diffèrent.

Lemire explore également en profondeur la personnalité de Ray : que reste-t-il de Bloodshot en lui, Ray est-il enfin redevenu entièrement humain maintenant qu’il contrôle son pouvoir et qu’il se joue des nanites à volonté ? Dans la violence qu’il déploie vis-à-vis de ses adversaires, quelle est la part de l’inné et de l’acquis ? Ray reste-t-il violent parce qu’il a été Bloodshot ou existe-t-il en lui une part d’ombre qui lui est propre… Sa visite dans la communauté de Daddy, le père de Magic devrait nous éclairer un peu sur le sujet et nous offrir quelques réponses.

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Bloodshot Salvation fait certes la part belle à Ray Garrison mais sa famille est également à l’honneur : Magic est loin d’être une femme effacée, elle sait se battre seule pour sa fille en danger, elle sait surmonter ses traumatismes passés. Quant à la petite Jessie, elle démontre déjà un caractère plutôt combatif ! Dans ce titre, Lemire fait le lien avec d’autres personnages de l’univers Valiant puisqu’on voit apparaître Ninjak, protecteur de Magic et Jessie ou encore la surprenante Punk Mambo déjà croisée dans l’intégrale Shadowman. Cet aspect est particulièrement plaisant pour les habitués de Valiant et les fans d’univers partagés et n’arrive pas de manière artificielle, on sait que d’autres personnages vont sans doute intervenir dans le prochain tome.

On se penche également dans ce titre sur les motivations du leader d’OMEN et sur ses origines douloureuses qui se réfèrent à la brutalité des relations familiales qui peuvent marquer un être à jamais et décider de ses actes futurs. La création de l’arme anti-Bloodshot est intéressante également et découle directement de ces événements.

Le récit en flash-back donne un bon rythme à l’histoire, met en avant non pas un homme seul, Ray Garrison, mais une famille aux prises avec des adversaires tenant à la fois des âges obscurs et de la technologie de pointe. L’alternance des illustrations de Mico Suayan et de Lewis LaRosa permettent de définir des rythmes et des ambiances différentes mais complémentaires, ces deux artistes exprimant pleinement leur talent sur ce titre.

Alors, verdict ?

Bloodshot Salvation poursuit l’exploration de la psyché d’un Ray Garrison désormais chargé de famille. Jeff Lemire nous montre son personnage en proie aux angoisses du père qui doit à tout prix protéger les siens d’un monde hostile représenté par les forces religieuses obscurantistes et les tenants d’une technologie asservissante et meurtrière.

Un titre très réussi, très rythmé et haletant qui étoffe l’univers de Bloodshot et nous permet de nous attacher davantage à une famille qu’à un loup solitaire tout en retrouvant d’autres personnages de Valiant. Bloodshot Salvation peut se lire indépendamment mais pour en profiter pleinement, il est conseillé d’avoir au moins lu les autres titres Bloodshot et même, pour bien faire, Ninjak ou Shadowman. Toutefois, un primo-lecteur peut tout à fait prendre du plaisir à cette lecture qui lui donnera sûrement envie de découvrir un peu plus Ray Garrison et les siens.

Sonia D.

 

 

 

 

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