[review] Babyteeth tome 1

Première sortie de la rentrée chez Snorgleux comics, Babyteeth joue sur la fibre horrifique comme Black Eyed Kids qui met en scène des enfants plus qu’inquiétants. Les entités maléfiques semblent devenir la spécialité de l’éditeur, qui nous gratifie également d’un titre évoquant un Merlin démoniaque avec Unholy Grail. Le Babyteeth de Donny Cates et Garry Brown nous dépeint l’arrivée sur Terre de celui qu’on nomme l’Antéchrist mais est-ce vraiment si simple que cela ?

Une petite présentation

Babyteeth_1Babyteeth est scénarisé par Donny Cates dont nous avons déjà parlé lors de la sortie du premier tome de Redneck. Le dessin est confié à Garry Brown. Aux Etats-Unis, le titre sort en 2017 chez Aftershock. En France, le premier tome de Babyteeth est publié par Snorgleux Comics en 2018.

Sadie Ritter est une jeune femme de seize ans assez discrète. A l’école, elle n’est pas très populaire et elle a un sérieux souci : elle est enceinte. Sa sœur Heather est une dealeuse et une casse-cou qui ferait n’importe quoi pour les siens. Leur père est un militaire qui fait passer sa famille avant toute autre considération. Ces trois personnages vont devoir faire face à une situation hors norme lorsque l’enfant de Sadie vient au monde. Le bébé est pour le moins étrange, il va donc falloir vivre avec ça !

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Babyteeth_2Babyteeth est un titre qui peut se lire à plusieurs niveaux de lecture. On peut voir dans ce récit une histoire de démons. En effet, l’enfant de Sadie, Clark, n’est autre que celui qu’on surnomme le dernier fils ou plus communément l’Antéchrist. Cette vision se réfère à la Bible et  n’est pas sans rappeler l’Apocalypse de Jean et ses effrayantes prédictions. On trouve évidemment des similitudes avec les films mettant en scène la naissance de l’Antéchrist comme Damien, la Malédiction auquel Babyteeth m’a réellement fait penser malgré de très grandes divergences entre les deux récits. On y retrouve certes la volonté d’exterminer le gamin avant qu’il ne grandisse et prenne conscience de son pouvoir mais, contrairement aux parents de Damien, la famille de Clark le protège du monde extérieur. Il existe également, comme dans Damien, une confrérie chargée de protéger l’enfant que ses membres appellent le roi… on peut donc se demander ce que l’enfant est capable de faire et pourquoi il attise autant les convoitises et la haine puisque d’autres entités veulent l’éradiquer.

En effet, on peut aussi voir dans ce récit une histoire de famille comme les aime Donny Cates. La famille Ritter est bien loin d’être la famille idéale. Sadie, la mère du petit, est une jeune fille introvertie de seize ans, qui n’est pas du tout prête à tenir son rôle de mère. Heather, la grande sœur, est une délinquante, trafiquante qui aime la baston. Quant au père, le capitaine, il est sans doute le personnage le plus stable, la figure rassurante. Il est prêt à tous les sacrifices pour ses enfants et son petit-fils, quitte à mettre le monde à feu et à sang. Quel que soit le type de famille qu’il met en scène, Donny Cates veut en faire un modèle. Pour l’auteur, la famille ne peut pas être le lieu du rejet mais de l’amour. La cellule familiale est le refuge suprême, l’endroit où les différences ne comptent pas. Clark est un enfant atypique et effrayant mais sa famille reste soudée pour le protéger envers et contre tout. Chez Donny Cates, le père de famille joue un rôle primordial, on l’a vu dans une moindre mesure dans Redneck et c’est encore le cas dans Babyteeth. Le capitaine est celui qui permet à la famille de tenir, celui qui incarne la sagesse et qui reste posé quand tout part à vau-l-eau. On est donc ici face à une vision idéalisée de ce que devrait être une famille : une cellule protectrice où évoluent des individualités très différentes mais qui savent se rassembler pour permettre à tous ses membres de grandir, même ceux qui semblent loin d’obéir aux normes sociales.

Babyteeth_3Clark est pourtant la cible d’adversaires impitoyables qui veulent éradiquer le gamin qui est bien loin d’avoir l’enfance paisible du Clark Kent dont il porte le prénom. Sa naissance s’accompagne de violents phénomènes physiques qui bouleversent l’ordre établi. Une métaphore là encore ? L’arrivée d’un individu qui bouleverse les normes provoque-t-elle forcément un séisme ? Un individu qui ne ressemble pas aux autres doit-il être simplement éradiqué sans même qu’on cherche à le comprendre ou à lui laisser la moindre chance ? Cet enfant différent est-il la perte de l’humanité ou son avenir ? Donny Cates nous laisse méditer sur le sujet avec un cliffangher inquiétant.

Loin d’être rébarbatif, ce titre fait appel au surnaturel et à la magie, on voit s’affronter des clans rivaux et des visions opposées du monde et de ce qu’il doit devenir. On voit aussi Sadie et sa famille tenter de survivre au milieu de ces enjeux qui les dépassent largement, leur seul souhait étant de pouvoir élever Clark dans les meilleures conditions malgré ses différences et son aspect pour le moins effrayant. Que vient faire un raton laveur aux allures démoniaques au milieu de tout ça ? Donny Cates nous laisse dans l’expectative ! Quant à l’ambiance graphique instaurée par Garry Brown, elle aurait mérité un peu plus de finesse et une colorisation moins violente car cela donne parfois des planches aux couleurs un peu criardes. Cela n’empêche pas de suivre l’histoire mais lui fait perdre un peu en intensité malgré une volonté de rendre au mieux vitesse et mouvement.

Alors, verdict ?

Lorsqu’on est fan des récits de possession, des titres horrifiques, on appréciera l’ambiance apocalyptique de Babyteeth qui présente le destin de Clark, l’Antéchrist, et de sa famille. On peut d’ailleurs tout à fait apprécier ce titre pour le modèle familial positif mis en avant par Donny Cates malgré l’environnement violent dans lequel Sadie et les siens évoluent. Le trait de Garry Brown mériterait vraiment de gagner en finesse afin de sublimer ce titre plutôt bien écrit et assez prenant dont j’attends la suite avec curiosité !

Pour un autre avis, allez sur l’excellent blog The Power Zone.

Sonia D.

5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Xapur dit :

    Une belle surprise en effet !

    Aimé par 1 personne

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