[Review] Marvel Legacy : tous les n°1

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Beaucoup de changement chez Marvel et chez Panini avec ces Marvel Legacy. Tout d’abord le changement de mode de distribution induit par l’affaire Prestalis – à ce sujet, voir l’article de Top Comics qui résume bien la question – bouleverse quoi qu’on en pense le mode d’accès aux comics en France. Plus possible pour un gamin de trouver son magazine chez les marchands de journaux ce qui est totalement inédit depuis des décennies. Chez Marvel aussi, les lignes bougent avec la préparation du fresh start et la transition opérée avec Legacy qui ne me paraît pas être un statu quo comme le répète le rédactionnel des magazines Panini mais bien plutôt une transition plus ou moins douce vers un renouvellement. J’ai donc décidé de lire tous les numéros 1 et de vous donner mon avis sur le sujet. Est-il besoin de préciser qu’il s’agit de mon opinion et non d’une vérité révélée et que vous pouvez avoir un ressenti totalement différent de celui-ci.

Marvel Legacy X-Men #1

Legacy_X_MenCe magazine contient les titres X-Men Gold et X-Men Blue et reprend les épisodes Mojo Planétaire. Les équipes artistiques sont, sur X-Men Gold : Marc Guggenheim au scénario, Mike Mayhew et Marc Laming au dessin. Sur X-Men Blue, on retrouve Cullen Bunn au scénario et Jorge Molina au dessin.

Sur le Mojovers, l’abominable Mojo cherche des solutions pour faire remonter son audimat qui baisse dangereusement. Pour cela, une seule solution, attaquer la Terre et les X-Men afin que les téléspectateurs se repaissent de baston et de sang. Voilà de quoi perturber nos mutants qui s’offraient un moment de répit au cœur de Central Park.

Chaque revue Legacy débute par un petit résumé présentant les personnages principaux et permet donc aux nouveaux lecteurs de savoir à qui ils ont affaire. Avant chaque récit, un petit résumé rappelle les événements précédents. Malgré ces efforts, ces épisodes des X-Men avec Mojo sont hyper référencés et je ne suis pas sûre qu’un nouveau lecteur s’y retrouve. Marc Guggenheim et Cullen Bunn font intervenir Mojo dans des épisodes qui font appel à toute l’histoire des X-Men. Est-ce un hommage au passé de ces personnages majeurs de l’univers Marvel ? Guggenheim débute son récit avec l’incontournable partie de baseball, un classique des moments de détente des mutants qui n’en oublient pas de se questionner sur leurs responsabilités face à leurs actes passés. Jamais sereins, jamais détendus, les X-Men ne peuvent vivre sans remettre en cause leurs propres actes. Ils sont le contraire de cette société insouciante et individualiste dans laquelle nous vivons qui, peuplée de zombies, ne s’intéresse qu’à son confort.

Ces épisodes avec Mojo me paraissent loin d’être innocents et on sent bien que les scénaristes posent des questions à leurs lecteurs : Mojo propose des programmes qui font appel à la nostalgie des lecteurs puisqu’il projette les X-Men dans leurs aventures passées en les confrontant à la reine Démon, les renvoie à l’époque de Days of future past, les images défilent sur les écrans, Phénix meurt encore et encore. Qu’en est-il ? Est-ce cela que demande le lecteur, le retour incessant au passé glorieux qui tourne en boucle, encore et encore ? Les scénaristes mettent les fans de Marvel face à leur paradoxe : vous voulez de la nouveauté mais revenez sans cesse au passé en disant que c’était mieux avant. Alors, public, que veux-tu en fait ? Le sais-tu réellement ? Que faut-il pour regagner de l’audience ? Tuer des X-Men ? Les ressusciter encore et encore ? En faire venir des nouveaux ou faire appel aux anciens ? Ce titre m’a permis de réfléchir à mon statut de lectrice de comics et de me retrouver face aux paradoxes qui sont ceux d’un fan des X-Men : souhaiter revivre encore et encore ce que je considère comme étant l’âge d’or mais également combler ma soif de nouveauté. Par ailleurs, Guggenheim et Bunn savent utiliser la recette qui fait le succès des X-Men : mêler des scènes d’action intenses et insérer des interactions amicales ou amoureuses entre les protagonistes qui font aussi le sel des séries mutantes.

Enfin, graphiquement, on passe un moment très agréable, les différents artistes savent alterner les scènes de baston intenses où les protagonistes sortent littéralement des cases et les gros plans sur des visages très expressifs. Une belle mention pour les décors urbains qui sont traités en détails avec des perspectives très réussies. J’apprécie vraiment le soin avec lequel les artistes présents sur ces numéros détaillent les costumes y compris les pièces métalliques des Sentinelles.

En résumé, pour moi, ce premier tome d’X-Men Legacy est une réussite qui mérite qu’on poursuive sa lecture.

Marvel Legacy Spider-Man #1

Legacy_Spider_ManCe magazine contient The Amazing Spider-Man, la chute de Parker. Le titre est scénarisé par Dan Slott et dessiné par Stuart Immonen. On retrouve ensuite le titre Peter Parker The specactular Spider-Man scénarisé par Chip Zdarsky avec Adam Kubert et Juan Frigeri aux dessins. La revue contient également Miles Morales, Spider-Man scénarisé par Brian M. Bendis et dessiné par Oscar Bazaldua. Enfin, on retrouve Ben Reilly, Scarlet Spider avec Peter David au scénario et Will Sliney au dessin.

The Amazing Spider-Man : Peter Parker a perdu son empire financier et redevient le looser magnifique de ses débuts. Il squatte sur le canapé de Mocking Bird en se lamentant sur son sort. Combien de temps cela va-t-il durer ?

Ces épisodes sur la chute de Parker sont vraiment bien menés par Dan Slott qui doit amener Parker vers un nouveau statut (et non un statu quo… ), celui d’ancien grand patron autrefois adulé et désormais ruiné et détesté. Le lecteur habitué de Spidey retrouve donc son Peter Parker fauché, abonné aux problèmes et aux doutes. Ce qui, à mon sens, donne un regain d’intérêt au titre est le fait que Peter n’a pas pour habitude d’être haï pour lui-même. C’est plutôt Spider-Man qui cristallise les inimitiés et non Parker. Cette fois, la problématique est inversée : le Tisseur parvient à se faire apprécier tandis que Peter devient la personnalité la plus détestée des Etats-Unis après avoir saboté lui-même son Empire. Il reste plus facile à l’Araignée d’échapper à la vindicte populaire grâce à son masque et son identité secrète mais Peter Parker, lui, doit affronter ses problèmes à visage découvert, ce qu’il a bien du mal à assumer. Slott gère fort bien la question et renvoie petit à petit Parker à son ancien statut de type paumé avec brio. Ce récit est la partie forte de ce fascicule, d’autant qu’il est servi par le talent de Stuar tImmonen au dessin, c’est un régal – sa Torche est tout bonnement splendide !

Le second récit mettant en avant Peter Parker dans Spectacular Spider-Man revêt aussi de l’intérêt. Il débute par une traque avec beaucoup d’action et peu de dialogues et on voit peu à peu se développer la relation conflictuelle entre Parker et J. Jonah Jameson. un récit court dont le cliffhanger est prometteur et dont l’ambiance graphique, sombre, est agréable.

On enchaîne ensuite avec Miles Morales qui se voit opposé aux nouveaux Sinister Six dans un récit sans grandeur ni envergure. Bendis convoque des figures connues comme l’homme sable ou d’autres plus obscures mais je n’ai pas du tout accroché à l’histoire à laquelle je n’ai guère trouvé d’intérêt malgré ma sympathie pour Morales. Le trait d’Oscar Bazaldua m’a paru assez figé et un peu trop cartoony par moment et n’a pas relevé mon attention déjà dispersée par le peu d’envergure du récit de Bendis.

On clôt le magazine avec Ben Reilly qui évolue dans une aventure au rythme soutenu et dont la personnalité généreuse mais parfois à fleur de peau risque de lui causer quelque soucis. Si le récit en lui-même ne m’a guère passionnée, le cliffangher m’intrigue et j’attends donc la suite avec intérêt. Graphiquement, Will Sliney offre des planches agréables qui mettent fort bien en valeur le personnage de Scarlet Spider.

Ce sont donc bien les aventures de Peter Parker, notamment celles que Dan Slott scénarise qui soutiennent ce magazine entièrement consacré aux Spider-Man en tous genres.

Marvel Legacy Avengers #1

Legacy_Avengers.jpgLa revue Marvel Avengers contient Mondes en collision,  un crossover entre les Avengers et les Champions. Mark Waid est au scénario tandis qu’on retrouve Jesus Saiz et Humberto Ramos aux dessins. L’autre récit publié dans ce magazine est Invincible Iron Man, A la recherche de Tony Stark, scénarisé par Brian M. Bendis avec Stefano Caselli et Alex Maleev aux dessins.

Avengers et Champions vivent leurs aventures séparément, jusqu’à ce qu’un météore vienne menacer la planète et que les deux équipes doivent lutter côte à côte. Dans ce titre, Mark Waid rejoue la querelle des anciens et des modernes, opposant deux générations et deux visions de l’existence avec les Avengers expérimentés et les fougueux Champions. Ces deux conceptions du monde sont incarnées par Vision et sa fille Viv’ qui sont en opposition permanente. Le père est hyper protecteur et étouffe sa fille en voulant la protéger et cette dernière se jette dans l’action à corps perdu pour pouvoir prouver à son créateur qu’elle est à la hauteur. C’est cette relation qui fait le sel de ce récit où l’on retrouve un ennemi majeur de l’univers Marvel, le Maître de l’Evolution qui cherche à faire fusionner sa contre-Terre avec la nôtre. Cet eugéniste fou est très bien mis en valeur par le talent de Waid qui fait basculer son récit vers l’horreur avec les manipulations génétiques du savant. Le suspense est à son comble. Graphiquement, Jesus Saiz et Humberto Ramos présentent un univers foisonnant et soulignent la force des personnages, chacun dans un style assez différent mais plutôt agréable.

L’histoire centrée sur Iron Man est également réussie puisqu’elle réussit à recentrer petit à petit l’attention sur Tony Stark sans effacer Riri ni Fatalis toujours doté d’une armure. On sent bien que tout va basculer et l’apparition d’une armure d’Iron Man rappelant les heures de gloire des années 1980 a de quoi réjouir les fans nostalgiques. L’entreprise Stark est de nouveau attaquée de l’intérieur et le monde de Tony se fragilise encore un peu plus alors qu’il est totalement impuissant. L’alternance des dessins de Caselli et Maleev offre deux atmosphères très différentes qui permettent de faire des pauses dans le récit et de mener plusieurs intrigues à la fois. Bendis s’en sort plutôt bien sur ce numéro qui augure bien des bouleversements.

Marvel Legacy Avengers offre donc des récits intéressants et qui marquent une évolution significative pour plusieurs personnages, reste à savoir si cela tiendra sur la longueur mais c’est en tous cas prometteur.

Marvel Legacy Deadpool #1

Legacy_DeadpoolLe magazine contient Despicable Deadpool avec un récit intitulé Deadpool tue Cable sur un scénario de Gerry Duggan et des dessins de Scott Koblish. On trouve ensuite Spider-Man / Deadpool scénarisé par Robbie Thompson et dessiné par Chris Bachalo pour finir sur la série Cable sur un scénario d’Ed Brisson et des dessins de Jon Malin.

Avec Despicable Deadpool, les fans de la première heure devraient trouver leur compte : Deadpool est déchaîné, enchaîne les blagues, brise le quatrième mur aussi souvent que possible. Gerry Duggan lui oppose son meilleur ami / ennemi, Cable dans un déluge de sang et de blagues de plus ou moins mauvais goût. Les amateurs du genre devraient apprécier. Il en sera de même dans Spider-Man / Deadpool où les deux complices se retrouvent embarqués dans des aventures loufoques et confuses à souhait, conçues pour perdre le lecteur dans un univers alambiqué que le trait de Bachalo sait fort bien rendre encore plus complexe. On termine par le titre centré sur Cable et ses « nouveaux nouveaux mutants » qui sont en fait la réunion d’anciens combattants des années 1980 et 1980 comme Longshot ou Shatterstar et de Doop, un personnage apparu dans X-Force au début des années 2000. La petite troupe va se trouver opposée à Séléné, une ennemie des Nouveaux Mutants née dans les années 1980. Ed Brisson tente de trouver avec cette série une recette susceptible de rassembler les lecteurs nostalgiques de plusieurs époques. Cela prendra-t-il ? Personnellement, j’attends d’en voir plus avant de me prononcer.

Nous avons terminé notre petit tour des numéros #1 des revues Legacy dans lesquelles on trouve de tout : des bonnes surprises comme Spider-Man, les X-Men ou Iron Man, des séries sans grand relief ou des récits prometteurs. Avec ces épisodes, Marvel réinjecte peu à peu ses anciens personnages dans leur ancienne vie tout en continuant à faire évoluer les nouveaux héros apparus ces dernières années. Loin d’être un statu quoi comme cela nous est présenté, Legacy est une mue vers un nouveau – ou un ancien – monde dont les répercussions sont à suivre dans les mois à venir. Un seul regret pour ma part, la fin de la vente des revues chez les marchands de journaux qui prive les jeunes lecteurs d’une porte d’entrée dans l’univers des comics.

Sonia D.

 

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