[review] Skybourne

Le nom de Frank Cho évoque inévitablement ses dessins de femmes pulpeuses. L’idée de le retrouver aux manettes de son propre titre chez un éditeur indépendant m’a personnellement intriguée tout comme le pitch du récit qui promet des références mythologiques et légendaires. Voici qui promet un moment intéressant, est-ce rééllement le cas ?

Un résumé pour la route

Skybourne_Cho_1Skybourne et scénarisé et illustré par Frank Cho qui confie la couleur à Marcio Menyz. Le titre sort aux Etats-Unis chez Boom Studios en 2018. En France, Skybourne sort chez Delcourt comics en mai 2018.

Grace Skybourne se rend à Istanbul où elle doit procéder à une tractation délicate. Elle doit, en effet, récupérer Excalibur, l’épée légendaire afin de la mettre à l’abri au sein d’une fondation chargée d’emprisonner les créatures mythologiques et de mettre à l’abri les artefacts légendaires. Mais tout ne se passe pas comme prévu et elle va devoir affronter l’Enchanteur Merlin ce qui ne sera pas une partie de plaisir.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Skybourne_Cho_3Dans ce titre, Frank Cho met en scène des personnages immortels et indestructibles, issues d’une fratrie qui s’est dispersée avec le temps. Même si la quatrième de couverture nous annonce trois individus, l’histoire est concentrée sur Grace Skybourne et son frère Thomas. D’emblée, on remarque que les deux ne vivent pas leur immortalité de la même manière. Grace est active et se charge de récupérer des artefacts pour la Fondation Mountain Top au péril de sa vie tandis que son frère Thomas se terre dans un monastère en Chine tentant d’oublier sa peine après la perte de sa femme.

L’ambiance générale rappelle à la fois Indiana Jones pour la course aux objets et aux trésors magiques et James Bond par l’utilisation d’espions, notamment venus du Vatican et qui pensent lutter contre un fou qui veut éradiquer l’espèce humaine. On aperçoit également une sorte de Nick Fury, sans doute un hommage de Cho au directeur du SHIELD. Le fond de l’affaire est une bataille sans merci pour le contrôle de créatures et d’objets magiques qui sont capables de déclencher un véritable Armageddon. Par ce biais, Frank Cho joue à peupler son récit de créatures issues des mythologies et légendes du monde entier comme le Minotaure, un Cyclope, des sirènes ou encore des centaures et des dragons.

Les personnages sont plutôt intéressants, Grace Skybourne est une guerrière qui ne s’en laisse pas compter, une femme impitoyable qui exécute sa mission sans états d’âme. Inutile de vous dire qu’elle est particulièrement mise en valeur par le dessin de Frank Cho qui s’amuse lui-même de ses habitudes consistant à doter ses personnages féminins de seins voluptueux. Thomas est l’exact contraire de sa sœur, il est romantique et pleure la perte de celle qu’il a tant aimé, son seul souhait est de parvenir à mettre fin à sa trop longue existence. il ne quitte son refuge que parce que les circonstances l’y poussent et parce qu’il pense enfin trouver le repos. C’est sans doute, pour moi, le personnage le plus attachant de cette histoire avec son adversaire, le terrible Merlin l’Enchanteur.

Ce dernier fait un très bon méchant, pour la bonne raison que ses motivations sont crédibles. Sa volonté de faire disparaître les humains n’est pas liée à une ambition hégémonique mais à la mort de son rêve, une utopie dans laquelle Nature et Humanité pourraient cohabiter. C’est cette désespérance qui pousse Merlin dans sa volonté de destruction et c’est ce qui le rend touchant quelque part…

Skybourne_Cho_2Skybourne est un titre au rythme intense, parfois un peu trop car Frank Cho ne donne pas forcément à son lecteur le temps de s’installer dans le récit. Chaque point abordé par Cho mériterait un peu plus de développement : quelles sont les origines des Skybourne ? Que fait le troisième membre de la fratrie ? Comment ont-ils décidé de créer la Fondation et se sont-ils liés au Vatican ? Autant de questions qui ne trouvent pas de réponses.

Graphiquement, Frank Cho est fidèle à lui-même avec des personnages puissants et pulpeux sans être vulgaires, il s’amuse avec les créatures mythologiques comme le Minotaure – que Skybourne s’amuse à appeler Ferdinand en hommage au taureau de Disney tandis que sa sœur massacre un loup-garou qu’elle baptise Scooby. Cho glisse aussi une référence à Aliens – le deuxième épisode de la série – on sent que le dessinateur s’éclate avec ces personnages mythologiques.

Alors, convaincus ?

Skybourne est un bon récit d’aventures qui va à cent à l’heure et qui convoque tout un répertoire de créatures magiques pour le plus grand bonheur de notre rétine. Les principaux caractères sont intéressants même si ma préférence va à Thomas et Merlin qui sont plus torturés que Grace.

J’aurais toutefois bien aimé que Frank Cho développe un peu plus le background du récit, ce qui lui aurait donné davantage de profondeur mais c’est parce que j’aime les histoires qui prennent le temps de bien s’installer. Si on cherche avant tout une histoire explosive et incisive, alors, on sera satisfait.

Graphiquement, les amateurs de Frank Cho seront comblés, l’artiste est vraiment à l’aise avec les créatures légendaires qui peuplent les pages de ce titre, je suis notamment très fan de ses dragons et de son Minotaure. On passe donc là aussi un fort bon moment même si on est un peu tristes d’avoir à faire à un one-shot plutôt qu’à un récit un peu plus long.

Sonia D.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s