[review] Deadpool Flash-Back

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N’ayant jamais lu d’aventures de Deadpool – oui, jetez-moi des pierres – je ne savais guère par quoi commencer quand j’ai feuilleté en librairie Deadpool Flash-back qui m’a attiré par son design assez rétro. Autant se jeter à l’eau sans trop se poser de questions non sans avoir visionné auparavant la vidéo de Chris de Comixrays sur le sujet !

Un résumé pour la route

DeadpoolDeadpool Flash-Back est scénarisé par Gerry Duggan et Brian Posehn qui, pour la petite histoire joue Bert le géologue dans The Big Bang Theory tandis que la partie graphique est l’oeuvre de Scott Koblish, assisté par Val Stapples à la couleur. Le titre sort aux Etats-Unis dans US Deadpool (2013) : il s’agit ici des épisodes 7, 13, 20, 26-27, 34, 40 et 45. Le titre sort en France en 2018 chez Panini Comics et ces épisodes avaient déjà été publiés dans les albums Marvel Now : Deadpool.

Deadpool voyage à travers le temps et revisite toutes les périodes les plus symboliques de l’univers des comics non sans faire quelques dégâts et provoquer l’irritation d’une bonne partie des personnages qu’il rencontre. Qu’il s’agite aux côtés de Nick Fury pour battre Hitler ou qu’il s’oppose au Minotaure et à l’extraction du gaz de schiste, Deadpool ne laisse personne indifférent !

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Entre deux arcs narratifs, Gerry Duggan et Brian Posehn décident d’intercaler des flash-back, qu’ils présentent comme ayant été « perdus dans les archives de Marvel » et qui montrent différents épisodes de la vie de Deadpool à travers les temps. Chaque voyage se déroule à une période clef et est l’occasion d’un hommage à l’univers Marvel. Attention, il s’agit évidemment d’un hommage à la Deadpool, ce qui signifie que notre anti-héros parsème ses dialogues de références scatologiques et brise régulièrement le désormais fameux quatrième mur pour s’adresser directement au lecteur.

Deadpool_3La première aventure fait référence aux récits de Science-fiction chers à H.G Wells puis au monde des comics qui s’en inspire régulièrement mais également aux comics de guerre, particulièrement en vogue dans les années 1940 et 1950, Seconde Guerre mondiale oblige ! Deadpool se voit donc opposé à un Adolf Hitler en possession d’une machine à remonter le temps ! Hitler décide alors de revenir en arrière pour s’améliorer… ce qui signifie pour lui détruire son pire ennemi avant qu’il ne lui fasse perdre la guerre. Son pire ennemi ? Vous pensiez sans doute qu’il s’agissait de Captain America qui lui avait collé un pain magistral sur une couverture fameuse datant de 1941. Vous avez tout faux, il s’agit de Nick Fury. Que vient faire Deadpool là-dedans me direz-vous ? Il décide de sauver Fury, poursuivi par un Hitler bien décidé à en finir avec lui. Des références multiples se cachent dans les moindres recoins du comics qui comme cette allusion à la série Demain à la une (Early Edition) ou cette autre au film La Chute qui évoque les derniers moments d’Hitler dans son bunker. Graphiquement, Scott Koblish s’inspire réellement des comics datant de l’après-guerre, jusque dans le design d’Adolf Hitler et donne ainsi au lecteur l’impression qu’il a, lui aussi, remonté le temps. L’intervention rocambolesque de Cable et le pseudo-suicide d’Hitler dans le bunker sont particulièrement savoureux.

Deadpool fait ensuite un bond dans les années 1960 dans un univers graphique très proche de celui de Jack Kirby. L’insupportable bouffon rouge et noir se retrouve en plein cœur du Wakanda où il croise les créatures créées par le King comme Devil Dinosaur ou Mangog et évolue dans un monde pétri à la fois de préhistoire et de technologie avancée comme les aimait le grand Jack. Pour bien marquer l’hommage au grand homme et à ses créations comme les Fantastic Four, Deadpool va rencontrer l’inénarrable Ben Grimm et voyager brièvement dans la zone négative. Entre jeux de mots improbables et situations ubuesques, ce voyage au Wakanda – où d’ailleurs T’Challah n’apparaît pas – est un monument de non sens mais fonctionne vraiment bien !

Deadpool file ensuite dans les années 1970 où il est affublé d’une coupe afro, d’un col pelle à tarte et de pantalons patte d’eph. Alors qu’il déambule dans un New York underground, il se prend de bec avec tante May et décide de rejoindre les héros à louer après une annonce vue dans le journal. Il va surtout gravement casser les pieds à Luke Cage et Iron Fist qui ne savent comment se débarrasser de cet encombrant allié. Là encore, les références au cinéma sont nombreuses, de Coppola à Kubrick tout comme les références aux comics un peu kitsch avec des méchants surréalistes.

Deadpool_2

A la suite de sa période disco, Deadpool file « à la fin de l’âge de bronze » pour retrouver un Daily Bugle en ébullition, avec une rédaction en mal de scoop, un Peter Parker traumatisé par sa vie médiocre et ressassant la mort de son oncle Ben. Cette aventure fait aussi directement référence au récit de David Michelinie et John Romita Jr, le diable en bouteille, qui montre un Tony Stark rongé par l’alcool. La fin des années 1970 et le début de la décennie suivante sont également marquées par les films d’exorcisme et les interventions démoniaques, c’est pourquoi Deadpool passe un pacte avec un démon. Mais qui est le plus à plaindre ? Là encore, la manière dont Scott Koblish s’inspire du style graphique des années 1980 est juste bluffante !

Deadpool_1Dans l’aventure suivante, Deadpool fait son show à Végas, dégomme des aliens et manque de se marier. Après avoir piqué le gant de Thanos, il convoque ensuite tout ce que l’univers Marvel compte de personnages voire au-delà -on retrouve encore Hitler ! Deadpool met finalement en scène son propre procès dans une mise en scène burlesque mais autodestructrice. Deadpool rejoint ensuite les années 1990 auxquelles le style de Koblish s’adapte très – trop – bien. Il est assisté de l’omniprésent Dent de Sabre et part mener une terrible mission au Canada où il affronte une Alpha Flight dans le plus pur style des années 90. Complots en tous genres et manipulation sont au programme avec une petite surprise pour notre bourreau des cœurs !

La dernière aventure du mercenaire nous le montre aux prises avec Roxxon, une entreprise sans scrupules. Les auteurs parodient ici les récits à vocation écologique ou plutôt évoquent avec humour les fléaux de notre temps comme cette entreprise qui, sous couvert d’améliorer l’existence et en se parant d’arguments fallacieux, utilise le gaz de schiste et empoisonne la population. Deadpool représente la majorité d’entre nous : pleine de bonne volonté mais d’une grande naïveté et souvent d’une belle inconséquence lorsque nous profitons éhontément de la société de consommation tout en en dénonçant les travers dans notre fauteuil. On voit même Sarah Silverman dans une posture rappelant la Liberté guidant le peuple de Delacroix et on croise les deux Jason les plus connus des comics, Jason Aaron et Jason Latour en militants écologistes.

Alors, convaincus ?

Si les récits donnent parfois l’apparence d’une grande rapidité, ils n’en sont pas moins ciselés, remplis d’humour et d’autodérision. Certes, si vous n’êtes pas amateur de blagues scatologiques et de rire gras, vous passerez votre chemin d’un air hautain ! Pourtant, ce Deadpool Flash-Back n’est pas que drôle, il permet une plongée dans l’histoire des comics dont on mesure la bonne connaissance qu’en ont les scénaristes Gerry Duggan et Brian Posehn. Et je dois dire que j’ai été complètement conquise par le travail de Scott Koblish, qui adapte son style à chaque époque à la perfection.

Vous avez envie de passer un bon moment tout en lisant un titre bourré de références à l’histoire des comics et à la pop culture, lisez ce titre !

Sonia D.

 

 

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