[review] James Bond tome 3 Hammerhead

Après deux tomes confiés à Warren Ellis, James Bond est de retour chez Delcourt dans une aventure écrite par Andy Diggle, un auteur dont la série le Maître voleur est publiée chez le même éditeur.  Warren Ellis s’était éloigné de la version cinématographique du personnage pour revenir à l’esprit d’origine des romans de Ian Fleming. Dans ce nouveau récit, Dynamite confie de nouveau les rênes à un auteur britannique qui en profite pour donner une autre version de ce personnage iconique.

Un résumé pour la route

James_Bond_1James Bond Hammerhead est scénarisé par Andy Diggle, un auteur qui a travaillé pour 2000 AD mais aussi pour DC ou Marvel tandis que le dessin est confié à Luca Casalanguida. James Bond Hammerhead est paru aux Etats-Unis chez Dynamite en 2017 et en France chez Delcourt en 2018.

La nouvelle mission de l’agent 007 est de traquer et d’éliminer Kraken, un terroriste anticapitaliste qui vise à déstabiliser l’Empire britannique en s’emparant tout simplement de l’arsenal nucléaire du pays. Pourtant, les choses paraissent bien plus compliquées que cela car Kraken est peut-être un leurre qui cache un danger bien plus grand encore !

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Contrairement à celui de Warren Ellis, le James Bond d’Andy Diggle est construit comme une oeuvre cinématographique. Comme avant le générique des films, le récit est précédé d’une introduction qui montre un James Bond aux prises avec un adversaire de seconde zone, vite balayé dans une explosion. A cette première scène introductive, succède le classique débriefing dans le bureau de M. Tous les codes inhérents à la licence sont respectés et l’amateur du James Bond de cinéma ne sera pas dépaysé, bien au contraire. Avec Hammerhead, Andy Diggle écrit presque le scénario du prochain film en maniant tous les ingrédients nécessaires à sa réussite : un complot qui vise à déstabiliser l’Etat, une menace nucléaire qui permet de ne pas oublier combien la paix est fragile malgré la fin de la guerre froide, une belle femme, objet de tous les désirs, des voitures surpuissantes et des explosions multiples.

Toutefois, Andy Diggle présente un James Bond assez semblable à celui de Warren Ellis : un être sûr de lui, dragueur et parfois arrogant mais également un personnage sombre voire torturé qui a néglige les gadgets de Q pour des méthodes d’espion classique qui jongle entre infiltration et méthode expéditive. Quant aux adversaires de James Bond, ils ne sont évidemment pas là où on les attend et Diggle masque le véritable ennemi derrière une série de rideaux de fumée qui emmène le lecteur jusqu’au Yemen en passant par l’Atlantique Nord. L’auteur colle aux préoccupations géopolitiques du moment et montre combien il est facile de mobiliser contre le danger anarchiste tandis que les rêves suprémacistes progressent sournoisement à l’ombre du pouvoir économico-politique.

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Un bon point pour Diggle : ses personnages féminins qui sont parfois sournois mais qui jouent un rôle de premier plan, bien loin des femmes objets que James Bond a l’habitude de glisser dans son lit. Le scénariste choisit une Monneypenny qui ne ressemble en rien à la secrétaire transie d’amour pour 007 puisqu’elle est davantage garde du corps que dactylo. Quant à Victoria Hunt, elle rappelle davantage les James Bond girl un peu cyniques que l’on peut croiser dans les films mettant en scène l’espion britannique. Pour servir son récit, Andy Diggle est accompagné par le dessinateur Luca Casalanguida, un artiste plutôt efficace dans sa représentation des scènes d’action, qui présente un 007 élégant et crédible et relativement convaincant dans ses représentations urbaines. Il lui reste à travailler parfois davantage ses personnages dans leurs traits ou leur aspect général mais dans l’ensemble ses planches sont vraiment agréables, bien servies par le coloriste Chris Blythe qui manie habilement les clair-obscurs.

Alors, convaincus ?

James_Bond_2Si le déroulé de l’histoire reste relativement classique, n’offrant pas de twists renversants, il n’en reste pas moins qu’Andy Diggle sait manier tous les codes avec soin et application. Amatrice des films mettant en scène l’agent 007, j’ai lu avec plaisir ce titre qui pourrait tout à fait servir de base à un scénario dans lequel évoluerait Daniel Craig ou ses prédécesseurs. On sent que l’auteur s’est fait plaisir en jouant avec ce personnage emblématique de la culture pop’ contemporaine, rien de ce qui fait l’essence de James Bond ne manque, hormis les gadgets et leur délicieux petit côté kitsch.

Ajoutons à cela que Delcourt ajoute dans ces volumes consacrés au plus célèbre des espions britanniques une galerie d’illustrations présentant des couvertures de la série – ma préférence va à celles de Francesco Francavilla dont certaines pourraient être utilisées comme affiches de films – et un carnet de croquis permettant de voir l’évolution du travail de Luca Casalanguida.

En bref : si vous aimez 007 au cinéma, vous aimerez le James Bond de Diggle et Casalanguida.

Sonia D.

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