[review] Captain America Sam Wilson tome 1

Emballé par le All-New Captain America, c’est avec impatience que j’ai lu Sam Wilson Captain America, Pas mon Captain America publié par Panini Comics.

Un résumé pour la route

Captain_America_Wilson_1Ce recueil est composé des six premiers épisodes de la série Sam Wilson – Captain America datant de 2015. Nick Spencer (Bedlam, Secret Avengers) scénarise l’ensemble du volume alors que Daniel Acuña (Flash, Uncanny Avengers) puis Paul Renaud (Uncanny Avengers, S.H.I.E.L.D.) sont à l’illustration.

Sam Wilson est devenu le nouveau Captain America et a réussi à détruire l’Hydra mais certains citoyens semblent mal accepter ce nouveau symbole national. Pendant ce temps, la Société du serpent change de peau en devenant une société de conseil aux entreprises. A-t-elle pour autant changé ses méthodes ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

J’ai été d’abord un peu désarçonné. Rick Remender a quitté Captain America en venant tout juste d’introduire Sam Wilson – six petits épisodes – et Nick Spencer part dans une direction assez différente. Il abandonne le nouveau Nomad et semble mettre de côté les intrigues anciennes avec l’Hydra. En lisant le premier épisode, j’ai eu l’impression d’avoir manqué des intrigues. Cependant, les deux premiers épisodes sont assez brillants. Sam, bloqué en classe économique et importuné par ses voisins qui l’ont reconnu, est obligé de raconter pourquoi il se retrouve là. Après l’éblouissement ressenti devant le travail de Stuart Immonem, Daniel Acuña m’a paru un peu figé. Graphiquement, ce n’est certainement pas le meilleur volume. Daniel Acuña est un artiste intéressant par la densité de son dessin mais il utilise des couleurs assez sombres sans raison scénaristique, ne termine pas l’épisode quatre et donc la fin est faite par un bouche-trou. Ensuite, Paul Renaud prend le relais avec un style plus agréable. Ce dessin plus dynamique correspond à la relance de l’action.

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Passé ce premier sentiment, on s’y fait rapidement et je reste enthousiasmé par ce changement de Captain. Spencer met un ou deux épisodes à se chauffer puis il s’empare vraiment de Sam Wilson pour en faire autre chose. Je trouve Sam même plus intéressant que Steve Rogers. Le thème d’une minorité devenant un symbole national critiqué me touche. De plus, Sam est davantage un héros du quotidien – il doit prendre la classe économique dans l’avion et demander l’aide financière de l’Église de son frère.

A mon grand plaisir, la série reste une histoire engagée et progressiste. Remender faisait passer brillamment ses idées par l’action alors que Spencer utilise beaucoup la voix off et les discours de Sam. Comme la réalité, le pays est profondément divisé et Spencer prend clairement position contre Trump et l’extrême-droite américaine. Spencer, par l’action ou les dialogues, se saisit de toute l’actualité avec un lanceur d’alerte, la violence et le rejet des migrants, la critique du système médical privé… Spencer, par Sam Wilson, illustre les poncifs du noir sauvage en le transformant en loup-garou. Cet engagement passe aussi par l’humour – les blagues de Misty sur les films de loup-garou.

L’action s’accélère avec l’intervention de la Solution du serpent. Comme le dit François Hollande, l’ennemi est la finance alors que Vipère, le leader de la Solution, défend, comme Trump, le capitalisme sauvage, le darwinisme social et démontre l’hypocrisie du consommateur qui veut consommer sans conscience. Vipère est une caricature très drôle du super-méchant, prétentieux et fat.

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On retrouve la question de légitimité du nouveau symbole national. Le nouveau Captain America est remis en cause par des civils et certains médias car, simple sidekick, on sent que certains refusent qu’un Noir soit le symbole des États-Unis. La tension avec Steve Rogers, l’ancien Cap est attendue mais originalement menée. Steve et Sam ont une vision différente de l’héroïsme. Steve Rogers veut agir mais en respectant toujours la loi et les institutions. Au contraire, Sam met en avant la liberté et les valeurs progressistes quitte à critiquer ou à ne pas respecter la loi si elle est mauvaise. Il ne pense pas que les institutions soient parfaites. Issu d’une minorité opprimée, il a connu l’injustice du système. Ce débat crée une tension entre eux mais ralentit l’action contrairement à All-New. Sam paraît en faute. Ce débutant agit seul et répond prétentieusement à son aîné. Loin de décevoir, ces failles font de Sam un personnage intéressant. Ce rôle de porte-parole est naïvement embrassé par Sam qui pense ainsi résoudre les problèmes de chaque citoyen. Il l’affirme dans une vidéo mise en ligne mais cette action attire tous les cinglés dont des haters de comics. Par Sam Wilson, Spencer se moque des stars qui veulent donner sans cesse leur point de vue. Ce passage très drôle est illustré par Daniel Acuña avec des visages caricaturés comme dans Mad magazine.

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Spencer ne se prive pas de se moquer de certains travers de la société – comme les jeunes qui ne s’informent que par Twitter. Plus loin, Spencer utilise la technique classique du récit parallèle entre le combat de héros et des débats télés sur celui-ci. Il modernise cette technique par les fake news qui tentent de masquer la réalité. Il y a parfois un côté un peu moralisateur par la présentation du bon citoyen. Spencer est plus intéressant quand il met en scène ses questionnements comme le débat entre la chef du S.H.I.E.L.D, Hill et Sam – Faut-il mentir pour permettre au monde d’être plus en sécurité ?

Spencer n’est pas un idéaliste mais il veut dénoncer le système et mettre en avant ceux qui agiront contre. Loin d’une aventure solo, Captain America Sam Wilson réussit à créer une famille de personnages très intéressants dont Misty Knight, une aventurière féministe un peu Black exploitation. Un Faucon latino remplace un Faucon afro-américain comme une solidarité entre les exclus et le passage de relais pour une nouvelle minorité opprimée.

La série parle aussi des comics par des allusions à la vogue des bad girls des années 1990 et les Serpents, super-méchants ringardisés. La déchéance réaliste d’une bad girl renverse la compréhension de l’épisode précédent et relance la tension.

Panini fournit une édition solide et un beau papier. On retrouve toutes les couvertures certes mais les informations manquent. On ne sait jamais qui dessine quel épisode.

Alors, convaincus ?

La série reste une des plus belles de Marvel actuellement avec Thor. Captain America Sam Wilson réussi la gageure d’être une B.D. progressiste sans être moralisatrice ou naïve. Spencer abuse un peu des flashbacks mais il entraîne Sam dans une direction inédite qui ne cesse de se complexifier avec Steve Rogers Captain America puis Secret Empire.

Thomas S.

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