[review] Generations 1/4

Marvel a décidé de jouer sur la corde sensible d’un certain nombre de lecteurs avec Generations qui permet à des incarnations différentes d’un même personnage de se rencontrer. Evidemment, l’aspect nostalgique fonctionne avec des lecteurs qui se souviennent encore la larme à l’œil des héros de leur jeunesse. Pour autant, est-ce que cela marche si bien que cela ?

Un résumé pour la route

Generations_1Ce premier volume de Generations regroupe trois récits différents, tous trois sortis aux Etats-Unis en octobre 2017 et en France en mars 2018 chez Panini Comics.

The Unworty Thor and The Mighty Thor, scénarisé par Jason Aaron et illustré par Mahmud Asrar.

Le jeune Odinson tente vainement de soulever Mjolnir en cachette de son père, Odin, le Père de Tout. Ce dernier se désole que son fils ne joue pas son rôle à la Cour et ne rêve que de batailles sur Midgard. Mourant d’ennui lors d’une cérémonie, Odinson s’échappe pour combattre aux côtés des Vikings… il va faire des rencontres plutôt surprenantes !

Phoenix and Jean Grey, scénarisé par Cullen Bunn et illustré par R.B Silva.

Ne sachant trop comment, la jeune Jean Grey se retrouve sur une plage et aperçoit au loin une femme qui n’est autre que… sa version adulte. La rencontre va-t-elle avoir lieu et que dire à celle qui est déjà habitée par le Phoenix et qui ne sait pas encore quel sera son destin ?

Banner Hulk and The totally awesome Hulk, scénarisé par Greg Pak et illustré par Matteo Buffagni.

Alors qu’il était à Washington, Amadeus Cho / Hulk se retrouve propulsé en plein désert. Il se retrouve au milieu d’une bagarre opposant Hulk / Bruce Banner au général Ross et à son escadron. Mais aux dernières nouvelles, Bruce Banner est mort… alors comment est-ce possible ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

N’y allons pas par quatre chemins, Generations offre des récits de qualité très inégale à mes yeux. Il y a quelques bonnes choses à tirer des trois histoires mais on sent bien que les artistes ont un peu de mal à se dépatouiller avec la commande.

Generations_4En effet, une rencontre entre Odinson et Jane Foster / Thor n’est pas un scoop puisqu’elle a déjà eu lieu dans la série Mighty Thor et ce, très rapidement. Comment en faire quelque chose d’original ? Allez, ramenons Foster dans le passé ! Jason Aaron permet ainsi à la jeune femme de croiser le fils d’Odin alors que celui-ci n’est encore jamais parvenu à soulever le marteau divin. On retrouve donc la même situation que dans le présent : Odinson est impuissant tandis qu’une femme inconnue brandit Mjolnir.

Si l’histoire en elle-même – deux Thors qui se retrouvent à combattre Apocalypse en Egypte aux côtés d’une improbable armée de vikings – les clins d’œil aux différents récits mettant en scène Thor parsèment les pages : Odinson est vêtu de son costume « historique », se bat avec une hache, il parle de grenouilles et l’humour est bien présent, dans la tradition des aventures de l’Asgardien fanfaron.

La conclusion m’a laissée assez perplexe mais, dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment grâce au duo Aaron / Asrar qui fonctionne plutôt bien malgré quelques passages un peu étranges : Odinson prétend connaître Apocalypse alors qu’il est tout jeune… mais allez, je pardonne cette petite approximation, parce que j’aime voir Thor chevaucher des boucs volants !

Generations_2J’attendais évidemment beaucoup de la rencontre entre la jeune Jean Grey et sa version adulte. La jeune femme arrive juste à temps pour voir Jean adulte rencontrer le Cerveau qui la drague sous les traits d’un beau jeune homme. Cette rencontre est encore plus intense que les autres puisqu’elle ne rencontre pas un personnage ayant les mêmes pouvoirs mais elle est face à elle-même. Nourrie des récits ayant élevé Jean Grey sur un piédestal, l’adolescente découvre en fait une femme qui souffre de la perte des êtres aimés. Les deux Jean Grey vont devoir affronter Galactus tandis que la plus jeune va devoir faire un choix : doit-elle tout révéler à sa version adulte au risque de modifier la réalité ?

Le récit de Cullen Bunn est parfois confus : a-t-on affaire à une Jean Grey adulte ? Au Phoenix ? Aux deux à la fois ? On sent bien que les multiples morts et résurrections du personnage ont fini par embrouiller beaucoup de choses et on ne sait pas trop quoi faire avec cet écheveau bien emmêlé. Le récit est parfois vraiment touchant mais donne une impression d’inachevé. Le dessin de R.B Silva est assez inégal, servant parfois parfaitement son personnage comme en témoigne sa belle Jean Grey adulte surplombée par un Phénix flamboyant mais offrant à d’autres moments des visages pas toujours aboutis. Mention spéciale à la couverture de Stéphanie Hans qui est de toute beauté.

Un récit en demi-teinte donc pour cette rencontre entre Jean Grey et Phoenix dont j’attendais davantage tout en reconnaissant que l’exercice est loin d’être évident mais malgré tout, j’avoue une certaine tendresse pour ce titre au vu de mon attachement au personnage. Jean Grey est ici présentée non pas simplement comme une demi déesse inaccessible mais comme une femme aux prises avec ses doutes, ses chagrins et ses peurs et c’est finalement plutôt beau.

Generations_3Enfin, le troisième récit est, à mon avis, le moins réussi. Pourtant, voir deux Hulk réunis a de quoi séduire sur le papier. Greg Pak offre, hélas, une histoire assez décousue au scénario plutôt indigent avec une morale quelque peu cousue de fil blanc. L’auteur oppose l’intelligence supérieure d’Amadeus Cho avec la force brutale du Hulk de Banner mais montre finalement qu’aussi intelligent soit-on, un monstre féroce et bestial sommeille tout de même en chacun d’entre nous.

On éprouve malgré tout un petit pincement au cœur en revoyant ce Bruce Banner pathétique, presque sdf, à l’écart du monde mais ni la plume de Greg Pak ni le pinceau de Matteo Buffagni ne parviennent à m’arracher plus qu’un soupir de déception.

Alors, convaincus ?

Generations aurait pu être une bonne idée : deux versions d’un personnage s’affrontant ou se rencontrant pouvait permettre de mettre en avant ce qui fait la particularité de chacun, de jouer avec les oppositions ou les ressemblances. On voit combien les trois scénaristes ont opté pour des choix radicalement différents pour s’en sortir : Aaron fait appel à l’humour tout en caressant les fans de Thor dans le sens du poil avec ses références historiques, Cullen Bunn tente un récit plus dramatique, plus sentimental qui veut souligner le destin tragique de Jean Grey tandis que Greg Pak offre une histoire plutôt banale qui aboutit à une morale assez simpliste.

Si cette première fournée de Generations n’est pas forcément de très grande facture, ces récits ont le mérite de tenter quelque chose. Ce n’est certes pas toujours convainquant mais on peut sauver quelques petites touches de récit par-ci par là malgré tout si, comme moi, on est plutôt bon public.

Sonia D.

 

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Oh, la suite n’est pas mieux non plus…

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    1. Sonia Smith dit :

      Ah mince ^^, bon tant pis, j’irai au bout malgré tout, il paraît que le Wolverine n’est pas si mal

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