[Review] Docteur Strange tome 3

Après avoir lu l’intégrale de Ditko et le premier et le deuxième tome du relaunch, nous allons devenir de vrais adeptes du Maître des arts mystiques dans ce troisième volume.

Un résumé pour la route

Strange_1Ce troisième volume rassemble les épisodes 11 à 16 de la série Doctor Strange. Le scénario est toujours de Jason Aaron. Mis à part un premier épisode collectif (Kevin Nowlan, Jorge Fornés, Leonardo Romero et Cory Smith), l’enlumineur génial Chris Bacchalo est plus présent contrairement au deuxième volume. Il fait aussi l’encrage et la couleur.

A la fin du volume précédent, Docteur Strange et son équipe de Sorciers ont battu l’Empirikul. Mais c’est une victoire à la Pyrrhus car que devient le maître des arts mystiques dans un monde sans magie ?

On en dit quoi sur Comics have the power ?

Aaron et Bachalo poursuivent avec réussite sur la lancée des deux tomes précédents. Aaron a intégré les codes du Docteur et profite de la fin de l’arc précédent pour revisiter l’histoire des débuts de Strange. Par exemple, il devient un accro à une drogue mutante et l’Ancien l’avait choisi dès le début. Comme dans de nombreux récits mystiques, on retrouve la tradition des ennemis avec des langages soutenus et des noms étranges – Shuma-Gorah. Plus généralement, l’humour reste présent avec parcimonie comme sur les conséquences de la perte de la magie et des blagues récurrentes sur les repas de Strange. On trouve par exemple un combat de Zelma Stanton dans l’estomac du Doc contre une tranche de bacon.

C’est un volume de pause après la fin en fanfare dans l’arc précédent. Le Docteur Strange le dit lui-même dans ce récit. C’est un nouveau départ comme le montre plusieurs épisodes sur une semaine où chaque jour est marqué pour Strange par le retour de chacun de ses anciens ennemis – Mordo, Satana… Aaron continue à creuser le mythe tout en le transformant. Par exemple, Dormammu est visuellement réinventé avec brio comme un squelette rouge.

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Après avoir honoré l’héritage de Ditko puis progressivement laissé sa patte, Aaron s’empare de l’histoire. Il donne une nouvelle vision de la magie chez Marvel. User de magie c’est accepter de souffrir sur et dans son corps. Stephen le sait désormais et accepte de souffrir comme un vieux refusant un lifting. Cette vision revient aux origines du personnage. Strange était venu voir l’Ancien au Tibet pour cesser de souffrir et retrouver l’usage de ses mains. Avec ces épisodes, Strange ne fuit plus la souffrance mais l’accepte.

En effet, ce volume fait émerger plus lisiblement le thème de la souffrance. Ce thème est rappelé par les origines du Docteur puis apparaît dans les conséquences des sorts sur Strange, les douleurs des fidèles du monastère, le personnage de la cave qui avalé la douleur ou par les souffrances psychiques du Cauchemar. Il y a même une attaque dans un hôpital, le lieu de la souffrance par excellence. La nouvelle Némésis de Strange prend le Mister Misery (M. Souffrance) car il cherche à effacer la souffrance des autres mais en les avalant. Mordo est rongé par sa colère. La situation des combats a changé car Strange a peur d’utiliser des sortilèges trop forts à cause des conséquences sur lui et les autres. Les combats sont donc visuellement plus crédibles. Ce qu’il perd en prétention Strange le gagne en humanité et en humour. L’épisode 14 est très réussi en présentant Satana, fille de Lucifer, comme une directrice de start-up qui, pour diriger l’enfer, veut recruter le Doc. Les démons autour d’eux ne cessant de râler apportent un ton très drôle.

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On peut cependant regretter qu’au bout de quinze épisodes, le lecteur a du mal à voir l’évolution de Strange. On voit certes sa souffrance et sa faiblesse mais que ressent-il ? Ses sentiments sont, à mon avis, trop peu mis en avant tout comme pour Zelma Stanton. Au contraire, la transformation de Wong est très bien vue.

Ces défauts mis de côté, je ne peux qu’admirer le dessin. La mise en page est plus classique mais ce n’est pas un défaut. Est-ce lié à un manque de temps ? Bachalo a un sens très sûr de la perspective et de la composition de la page. Tout se lit avec facilité mais y revenir permet de voir toutes les qualités du trait ou les détails autour de l’action. Dans certains épisodes, il y a de grandes variations de tailles mais, grâce au talent de Bachalo, tout se lit sans heurt. Par ailleurs, il est aussi bon dans les décors très épurés – l’épisode 14 – que dans la profusion – la maison du Doc. Visuellement, il y a aussi des moments très drôles comme la barre noire qui vise à cacher les fesses de la forme astrale du Docteur Strange. C’est plus réaliste par rapport au passé mais cela pousse surtout à relire tout le run pour voir si on voit le distingué fessier du Maître des arts mystiques. Les couleurs et l’encrage ne cessent de progresser depuis le numéro un. Le terne s’efface et cela devient éclatant. J’admire les très belles couleurs rouges.

Alors, convaincus ?

De plus en plus charmé, j’avais déjà beaucoup aimé les premiers volumes et à ma grande joie cela continue. Une série qui tient plus de 16 épisodes avec la même qualité et en creusant peu à peu un univers, cela devient rare. J’en suis même à me lancer dans la magie pour faire publier plus vite la suite.

Thomas S.

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