[review] Thor Ragnarok

Le titre de cette review n’est certes pas original mais ce n’est pas du film dont je vais vous parler ici mais du récit mis en musique par Roy Thomas et John Buscema. Ce récit de la fin des années 1970 s’appuie fortement sur la mythologie nordique et offre une vision épique d’Asgard et des dieux qui la peuplent.

Un résumé pour la route

Thor_1Ce volume rassemble les numéros 272 à 278 de Thor (1966) sortis aux Etats-Unis entre juin et décembre 1978. Roy Thomas est au scénario, John Buscema assure la partie graphique avec un encrage de Tom Palmer et Chic Stone. Ces épisodes sont rassemblés dans un volume sorti chez Panini Comics dans la collection Marvel Vintage en 2017.

Après un premier récit introductif mettant Thor et Loki aux prises avec un peuple de géants, Roy Thomas et John Buscema sonnent l’heure du Ragnarok, la fin des temps. Thor rejoint Asgard en compagnie d’une équipe de télévision en quête du scoop du siècle et de son machiavélique demi-frère Loki. Asgard va devenir le théâtre d’un affrontement généralisé opposant les dieux scandinaves et les hordes de la Mort.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Dans ces épisodes, Roy Thomas et John Buscema décident d’exploiter à fond le caractère mythologique du dieu du Tonnerre, laissant de côté les aventures terrestres ou l’appartenance de Thor aux Avengers. Si le récit débute bien sur Terre, le scénariste emmène très vite son héros hors de Midgard. Thor raconte à un jeune garçon une de ses aventures au pays des Géants dans laquelle le dieu au marteau est allié à son frère félon Loki. Roy Thomas écrit cette partie comme un vrai conte tiré de la mythologie nordique, montrant les deux Asgardiens pris au piège et devant affronter plusieurs épreuves afin de montrer leur courage et leur vaillance. On croirait lire un récit épique, tiré d’un recueil scandinave. Roy Thomas se joue des défauts de ses deux héros montrant un Loki pleutre et fourbe et un Thor courageux mais fanfaron.

Thor_3A la fin de cet épisode introductif, Thor est interpellé par un journaliste dont la carrière est en panne. Ce dernier veut filmer Asgard pour relancer ses audiences. La présence d’une équipe de tournage sur Asgard à l’heure des fins dernières a quelque chose de volontairement incongru, l’auteur semblant vouloir tourner en dérision la course à l’audimat, déjà pointée du doigt.

Ragnarok est l’occasion de montrer un aréopage complet des dieux asgardiens réunis sous la bannière d’Odin, le Père de Tout. De Balder à Heimdal, de Sif à Frigga, tous se retrouvent ensemble afin de lutter pour éviter ou, à tout le moins, retarder la fin des Temps. Roy Thomas, là encore, joue à fond la carte mythologique, mêlant ses propres inventions et des éléments tirés des mythes scandinaves. On retrouve Héla, déesse de la Mort, le Serpent de Midgard, le loup Fenris et autres légendes nordiques habilement agencées dans ce récit épique. Loki est plus odieux que jamais, préférant la destruction du monde à sa propre défaite. Personnage éminemment pathétique, le fourbe demi-frère de Thor campe un vilain parfait, détestable mais qu’on a du mal à haïr totalement. A l’opposé de ce ténébreux personnage, on retrouve Thor, colérique et fanfaron mais noble et courageux. C’est aussi pour cela que j’aime ce titre : personne n’est réellement totalement bon ou mauvais : Odin, bien que marqué par un esprit sacrificiel, reste un dieu complexe et manipulateur, Balder est noble mais un tantinet stupide tandis que Thor n’est pas un être parfait, il est aussi impétueux que généreux.

Thor_2Ce récit est intéressant à un autre titre : il voit apparaître un nouveau Thor, un humain qui s’empare de la ceinture de force et de Mjolnir. Le lecteur se retrouve donc avec deux Thor qui s’opposent et se disputent l’amour de Sif. Amusant de voir que le marteau pouvait donc avoir deux propriétaires en même temps dans cette aventure.

Les dialogues sont parfois assez étonnants passant du grandiloquent au burlesque parfois sans transition, ce qui peut paraître assez déroutant par moment mais permet de faire redescendre la pression dans les moments de tension.

Que dire de John Buscema, sinon que je suis en admiration totale devant son travail. Il sait magnifier ses héros avec un style énergique, à la fois fin et puissant qui convient très bien à ces personnages mythologiques qui, on le sait, l’intéressent particulièrement. Les visages des protagonistes sont particulièrement expressifs et Buscema sait aussi bien les rendre sombres ou lumineux selon le contexte et traduit très bien la sidération ou la terreur. John Buscema donne une dimension proprement épique au récit.

Alors, convaincus ?

Amatrices et amateurs de légendes et de récits mythologiques, ce titre est fait pour vous. L’ensemble de l’histoire ou presque se passe en Asgard. Les dieux et déesses nordiques sont donc les personnages centraux de ce titre, même si trois humains viennent semer le trouble dans cette aventure, se rêvant Homère du XXe siècle mais ne réussissant qu’à semer encore plus de zizanie que nécessaire dans un univers menacé de destruction.

Dévastation, trahison, double-jeu, héroïsme et bravoure, Roy Thomas et John Buscema explore toute la palette des récits épiques, mettant ainsi en valeur cet univers mythologique asgardien si riche en personnages hauts en couleurs. Attention, on est loin d’un titre humoristique et donc du ton du dernier film qui porte le même titre que ce livre. Mais, le lecteur retrouvera un Thor au caractère divin affirmé correspondant au souhait de ses créateurs.

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