[review] Nailbiter tome 2

Après un premier volume très réussi, Glénat Comics propose la suite de Nailbiter et nous renvoie donc dans la charmante bourgade de Buckaroo, qui se trouve dans le charmant état de l’Oregon….Charmant, c’est vite dit car cette petite ville a donné naissance à un nombre aberrant de serial killers.

Comme j’avais dévoré le premier volume, j’ai poursuivi avec ce deuxième tome puis avec un troisième dont il sera question dans une prochaine review sur le site LesComics.fr. Cette suite tient-elle toutes les promesses que son lancement avait laissé entrevoir ?

Un résumé pour la route

501 NAILBITER T02[BD].inddNailbiter tome 2 reprend les épisodes 6 à 10 de la série américaine sortie chez Image comics. On retrouve Joshua Williamson au scénario et Mike Henderson au dessin. Ce deuxième volume est sorti chez Glénat comics en 2016.

L’enquête de l’inspecteur Elliott Carrol a plutôt mal tourné puisque ce dernier agonise dans un lit d’hôpital, privé de ses membres qui ont été sectionnés. Le malheureux a bien peu de chances de survivre tandis que son collègue, le ténébreux Nicolas Finch, est surveillé de près par ses supérieurs à l’affût du moindre de ses faux pas. Une jeune femme policière reprend alors les recherches, il s’agit du shérif Crane qui a la particularité d’avoir été la petite amie du Nailbiter, le tueur rogneur d’ongles. Saura-t-elle s’affranchir de ce passé, de sa relation à cette sinistre cité pour résoudre le mystère de Buckaroo ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Nailbiter est certes une série mettant en scène des tueurs en série, on peut donc la lire comment un thriller haletant en se demandant quel meurtre va bien pouvoir survenir et surtout quel tueur va surgir des méandres de Buckaroo puisque chaque habitant de la ville est un sérial killer potentiel. Attention, prévenons tout de suite, le rongeur d’ongles n’est pas le personnage central de ce récit. Joshua Williamson fait de Buckaroo la véritable héroïne de son histoire : c’est la ville toute entière et son atmosphère mortifère que l’auteur met en avant. A tel point d’ailleurs qu’une jeune femme veut accoucher sur le territoire pour que son enfant devienne un tueur en série et qu’elle soit célèbre de ce fait. En cela, Buckaroo rappelle la sinistre ville de Derry si bien décrite par Stephen King dans son célèbre roman horrifique Ça. La ville crée-t-elle ses monstres ou les monstres donnent-ils son atmosphère à la ville ?

Nailbiter_2

Joshua Williamson continue avec réussite à dénoncer les travers de notre société pervertie : la volonté de chacun d’avoir sa minute de célébrité dans un monde conçu comme une émission de télé-réalité géante, la fascination de tous pour le gore et le morbide, la volonté des médias de toujours jouer sur le sensationnalisme. Dans ce deuxième volume, Williamson ajoute le poids de la religion qui reprend de la vigueur lorsque les gens sont apeurés et désorientés. De manière inattendue, le scénariste introduit dans son récit un scénariste de comics qui débarque à Buckaroo pour mener son enquête. Si cette intrusion paraît loufoque et décalée, elle m’a parue bienvenue et permet une détente dans un récit stressant et horrifique.

Après cet étonnant intermède, Williamson nous ramène sur les traces de nouveaux tueurs dont certains ont pour ambition de tuer les autres avant qu’eux mêmes ne deviennent des meurtriers. L’auteur se complaît dans son scénario complexe où les motivations se croisent, s’entrechoquent, les faux-semblants se multiplient jusqu’à en perdre le lecteur qui se laisse faire avec délice. Sur le plan graphique, je me suis bien habituée au style de Mike Henderson qui distille une ambiance glauque, sombre et effrayante. L’illustrateur ne lésine pas sur les scènes de violence expressives et dynamiques tout en restant dans une atmosphère de pénombre permanente.

Alors, convaincus ?

Nailbiter_3Le premier volume offrait de grandes promesses à ses lecteurs, ce deuxième tome continue à me séduire par son écriture. Lire un bon thriller, un récit d’horreur qui puisse à la fois faire frissonner de dégoût et de peur tout en riant de bon cœur est plutôt rare, donc je ne boude pas mon plaisir avec cette suite qui développe l’univers dans lequel évoluent ces tueurs tous plus étranges les uns que les autres. Le fait de mettre en avant la ville de Buckaroo me paraît une bonne idée qui, je l’espère, sera développée par la suite.

Nailbiter est à la fois un thriller original et réussi mais c’est également une satire sociale grinçante et pleine d’humour. L’imagination débordante de Joshua Williamson associée au trait anguleux de Mike Henderson fonctionne parfaitement pour permettre à ce titre de continuer son chemin avec réussite.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s