[review] Tales from the Darkside

Tales from the Darkside, voici un titre qui me rappelait la série éponyme, dont la première saison était sortie en France en 1986 sous le titre Histoires de l’autre monde. J’avais alors treize ans et j’adorais me faire peur devant ce type de séries – j’étais également fan de l’inoubliable Twilight Zone. Un épisode de Tales from the Darkside, intitulé « into the Closet », m’avait particulièrement marquée et donné quelques sueurs froides.

Evidemment, quand on regarde la série aujourd’hui, qui plus est avec des yeux d’adulte, on se rend compte à quel point elle a mal vieilli et combien le budget ridicule rendait complètement kitsch certains effets. Mais cette série reste chère à mon cœur pour le sentiment de malaise et d’effroi qui m’étreignait après chaque épisode. C’est donc en souvenir de ces moments mais aussi parce que j’apprécie l’ensemble de son travail que j’ai acquis le titre de Joe Hill.

Un résumé pour la route

talesfromthedarkside_1Tales from the Darkside est un ouvrage composé de plusieurs récits en apparence indépendants. Il est l’oeuvre de Joe Hill au scénario et de Gabriel Rodriguez au dessin, c’est le même duo qui présida au destin du magnifique Locke and Key. Le titre est sorti chez IDW aux Etats-Unis et chez Milady en France en 2017.

Un jeune homme sûr de lui commet une erreur qui coûte la vie à une femme et traîne sa culpabilité comme un fardeau jusqu’à ce qu’un événement inattendu vienne de nouveau bouleverser son existence. Un garçon atypique se bat avec son double maléfique durant toute son existence jusqu’à ce qu’on lui propose une opération pour s’en libérer. Une jeune fille renverse la boîte aux lettres de ses étranges voisins qui lui proposent en échange de faire du baby-sitting…mais qu’ont donc en commun ces trois récits très différents en apparence ?

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

talesfromthedarkside_3Dans l’interview et le texte placés en fin d’ouvrage, Joe Hill raconte l’aventure de ce volume de Tales from the Darkside. Il s’agit, au départ, d’une commande pour une série télévisée reprenant le concept de la série des années 1980. Hill s’y attelle avec d’autant plus d’enthousiasme que son père, Stephen King avait lui-même scénarisé un épisode de cette dernière. Le problème est que la chaîne n’a finalement pas diffusé le projet de Joe Hill. Ce dernier nous offre toutefois avec le volume publié chez Milady un aperçu de ce qu’elle aurait pu être, ce qui est à la fois jouissif et frustrant.

Le fil rouge de ces histoires courtes est la possibilité pour un autre monde, le Darkside, de faire des incursions dans le nôtre. Comme vous l’aurez vite compris, il est hors de question que ces apparitions du Darkside soient bénéfiques pour les pauvres humains que nous sommes. Cet autre monde est cruel et se joue de nos peurs et de nos erreurs avec délectation. Il ne s’agit pas d’une invasion massive d’êtres venus d’une autre dimension mais de petites insertions qui bouleversent malgré tout l’ordre établi et la petite vie tranquille des protagonistes.

Joe Hill reprend les bonnes vieilles recettes déjà usitées dans the Twilight Zone ou Au-delà du réel. La vie semble s’écouler paisiblement pour des personnages plutôt ternes lorsqu’un événement perturbateur vient changer leur existence à tout jamais : un accident dont on se sent responsable, une crise d’épilepsie qui ouvre une porte vers un autre univers effrayant ou une boîte aux lettres renversée qui conduit dans une famille pas comme les autres. Sans avoir besoin de faire trop attention, on s’aperçoit vite que ces histoires, indépendantes en apparence, sont en fait reliées par des points communs, un personnage récurrent se promenant de l’une à l’autre – comme l’observateur de Twilight zone mais avec plus d’impact sur l’histoire elle-même.

talesfromthedarkside_2Comme dans tout récit de ce type – on retrouve par exemple cette bonne vieille recette dans X-Files – l’histoire n’a pas de réel dénouement : la porte sur le Darkside est ouverte, les maléfices opèrent mais c’est au lecteur d’imaginer une fin. Ce genre de nouvelle joue sur notre frustration et nos peurs. En bons être rationnels, nous avons besoin de pouvoir mettre un point final à une aventure et si possible y ajouter une fin heureuse pour refermer cette parenthèse horrifique avec un sentiment de soulagement. Avec Joe Hill, il en est hors de question : vous refermerez le livre avec une belle sensation de malaise et quelques frissons.

Le talent de Gabriel Rodriguez ajoute à cette ambiance angoissante avec un style qui sait très bien distiller une atmosphère inquiétante dans un quotidien où s’immisce l’Étrange.

Alors, convaincus ?

Le talent de Joe Hill combiné à celui de Gabriel Rodriguez nous avait déjà régalés dans Locke and Key. Ce duo maîtrise l’angoisse et l’horreur avec brio. Tales from the Darkside plaira sans nulle doute aux nostalgiques des séries horrifiques dont la fin ouverte permet de maintenir béante la brèche par lequel s’engouffre le terrifiant Darkside, ce monde qui nous côtoie et ne demande qu’à entrer en contact avec nous.

Vous frissonnez déjà, c’est normal, c’est fait pour et Joe Hill est passé maître dans cet art. On peut juste regretter qu’il n’exploite pas l’ensemble de l’univers qu’il avait semble-t-il constitué pour sa série télévisée. Mais peut-être s’agit-il seulement d’un premier galop d’essai et que ce projet ressortira un jour des cartons. En attendant, profitons de cette petite pépite en se disant que si on trouve ça trop court, c’est qu’on y trouve un plaisir totalement malsain.

 

 

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. papapapapapapa dit :

    IDW a sorti le black-book de Hill, sur la série avec toutes les idées de scénar.. bien plus nombreuses.
    Et au lancement , IDW a annoncé la série comme regular, et non pas LS .

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    1. Sonia Smith dit :

      Ok, merci pour les précisions.

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  2. OmacSpyder dit :

    Je me souviens du film de 1990 avec les trois histoires dont une qui m’avait particulièrement marqué avec l’artiste perdu et poursuivi par une gargouille, qu’il réussit à fuir grâce à une jeune femme qu’il épousa et avec qui il eut deux enfants. Le dénouement montra que cette jeune femme était en fait la gargouille qu’il pensa avoir réussi à fuir!
    Je découvre qu’il y a donc eu une suite. Et en effet le parallèle avec Twilight Zone est bien vu car j’ai longtemps cru (jusqu’à récemment) que cet épisode en était tiré… Etrange! A moins que… talalala talala la… 😉

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