[événement] Langagez-vous avec la Bibliothèque de Saône-et-Loire et Urban Comics

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Le 7 avril dernier, c’est à l’invitation de la Bibliothèque départementale de Saône-et-Loire (BDSL) et de la librairie l’Antre des Bulles de Chalon-sur-Saône que je me suis rendue à une après-midi rencontre destinée aux bibliothécaires du département.

Tournus_1Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que les bibliothécaires étaient invités à passer l’après-midi en compagnie de François Hercouët, éditeur chez Urban Comics afin qu’il puisse présenter à ce public à la fois le monde des comics et celui de l’édition. Je salue personnellement cette initiative qui permet aux professionnels de la lecture publique de se familiariser avec les comics ce qui n’est pas forcément évidemment pour nombre d’entre eux. Toutefois, bien conscients de l’importance des comics dans la culture populaire, les bibliothécaires de Saône-et-Loire sont venus nombreux à cette rencontre passionnante.

C’est la première fois que je rencontrais François Hercouët. Comme bon nombre d’entre nous, François a été nourri aux publications Lug et Semic et on a plaisir à constater que nous avons affaire à un passionné devenu éditeur et cela donne lieu à des échanges vraiment sympas.

François Hercouët a donc présenté les comics et sa maison d’édition Urban Comics pendant plus de trois heures à un public conquis. L’éditeur a commencé par les bases en précisant ce qui définit les comics : la langue et le format en expliquant les différents formats américains et la différence avec les formats français. Pour captiver son public, François Hercouët revient rapidement sur l’histoire des comics avec leurs différents âges.

Le public interagit et pose des questions dont les réponses peuvent apparaître évidentes à un spécialiste – encore que – mais qui démontrent clairement l’intérêt d’en savoir davantage : quelle sont les origines du mot « comics », quelles sont les origines des tenues des super-héros par exemple. Le public pose aussi des questions de fond : « le super-héros a-t-il encore un sens avec l’évolution des nouvelles technologies? » Une question surgit également sur la représentation des femmes et des minorités tandis que François explique le concept de multivers, de terres parallèles, de relaunch et de reboot.

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L’éditeur d’Urban Comics aborde ensuite le marché américain des comics dominé par les Big Two talonnées par Image comics, il évoque aussi les autres éditeurs indépendants en expliquant la différence avec Marvel et DC. Enfin, il glisse sur l’importance des films et des séries qui ont marqué les Américains bien plus tôt que nous. La transition est alors toute faite pour parler du marché français et de la place des comics français. Evidemment, François aborde l’arrivée en 2012 d’Urban comics dans le paysage éditorial et présente les différents labels d’Urban : DC, Vertigo et Indies.

En 2012, Urban commence à éditer – ou réediter – les catalogues DC et Vertigo dans un paysage alors dominé par Marvel.

En 2013 : création d’Urban Indies, Urban Games – label défendu par François Hercouët qui est lui même un gamer qui peut ainsi combiner deux passions : jeux vidéos et comics – et Urban Books pour répondre aux aspirations des lecteurs avides de beaux livres.

En 2014, Urban sort Urban series : des comics qui s’appuient sur des séries comme Arrow. L’éditeur considère qu’il s’agit ici d’une politique de cheval de Troie envers les passionnés de séries pour leur donner l’envie de se mettre aux comics.

En 2015 viennent s’ajouter les gammes Urban Kids et Urban Graphic tandis que 2016 voit la naissance du label Urban Strips considéré comme un retour aux sources. C’est sous ce label que sont publiées les aventures d’Hägar Dünor et que seront apparemment publiés les strips de Batman, Superman ou Wonder Woman ce dont je me réjouis personnellement.

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François Hercouët évoque également la politique d’Urban de légitimer cette culture et de mettre en avant un catalogue d’auteurs avec des titres qui mettent en avant l’auteur tout autant que le personnage (ex : Geoff Johns présente…Grant Morrison présente etc.). Toute cette partie est soumise au feu des questions : comment allez-vous chercher vos récits ? En quoi consiste le travail d’éditeur? L’intervenant répond en évoquant l’adaptation de récits et de matériaux existants, la création de concepts éditoriaux comme les anthologies qui, apparemment, ne se font pas ou très peu aux Etats-Unis et dans laquelle Urban glisse des récits encore inédits en France, l’apport de l’appareil critique comme la remise en contexte ou l’ajout de time line. Le concept d’anthologie a ensuite été repris par d’autres pays comme la Corée tout comme celui d’édition en noir et blanc a ensuite été réutilisé aux Etats-Unis.

La salle demande alors ce qui plaît au public français ce à quoi l’éditeur répond sans hésitation : Batman cartonne vraiment alors que Superman fonctionne moins bien. Quand on édite des comics un peu patrimoniaux ou vintage, on ne touche guère plus de 3 à 4 000 lecteurs.

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François Hercouët évoque ensuite la charte graphique d’Urban et les grands titres qui ont défini Urban à commencer par le tout premier titre édité en janvier 2012 : Watchmen suivi par Daytripper, les différentes séries Batman, Punk Rock Jésus qui s’est écoulé à plus de 20 000 exemplaires ou Saga. Le catalogue DC Comics restait jusqu’alors un peu sous-exploité, c’est pourquoi Urban a crée différentes collections pour poser des rails et des outils éditoriaux. L’intervenant présente alors toutes les déclinaisons : DC Anthologie, DC Essentiels, DC Archives – mon préféré bien sûr – DC Classique, DC Renaissance et très bientôt DC Rebirth.  C’est ensuite le catalogue Vertigo qui est présenté au public avec plus de 250 albums différents. François Hercouët insiste aussi sur l’importance de la qualité de la traduction en citant en exemple le travail de Patrick Marcel sur Sandman.

Pour fini, François Hercouët met l’eau à la bouche de son auditoire en présentant les titres à venir en commençant par les séries Rebirth dans un format plus grand que les séries du new 52. Le directeur éditorial annonce ensuite la sortie de Black Hammer de Jeff Lemire à la fin de l’année 2017, les suites de Low, Deadly Class, Black Science ou Tokyo Ghost, le premier volume de Seven to Eternity de Rick Remender toujours en fin d’année, The Goddamned par Jason Aaron et RM Guera en mai, de Starve de Brian Wood ou encore de The Private Eye de Brian K. Vaughan qui est à l’origine un web comics et qui sortira en novembre 2017 dans la collection Urban strips. Que des bonnes nouvelles !

Le week-end s’est poursuivi par une table ronde à laquelle participait François Hercouët, Benjamin Rivière, traducteur de comics et Florent Bouteillon, libraire de l’Antre des Bulles. Je n’ai hélas pas pu assister à ce moment mais j’ai pu visiter la petite exposition prêtée par Urban comics et qui était visible à Tournus avec de très belles reproductions des différents héros et époques de DC Comics. Enfin, le samedi soir, j’ai pu faire la présentation du film Watchmen qui était projeté au cinéma La Palette de Tournus où s’était donné rendez-vous un public de curieux, très réceptif.

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Je salue vraiment l’initiative de la Bibliothèque départementale de Saône-et-Loire qui a pu se faire rencontrer des acteurs différents de la chaîne du livre : bibliothécaires, libraire, éditeur, traducteur et…blogueuse. Merci aussi à la BDSL d’avoir mis en avant les comics en espérant que les bibliothécaires auront envie d’en peupler leurs rayons !  Je remercie également Florent, le super libraire chalonnais qui m’a invitée dans cette aventure tout comme Bertrand Porcherot, directeur du cinéma la Palette pour son accueil. Merci également à François Hercouët pour sa simplicité et sa disponibilité.

Vivement une prochaine édition et un essaimage de cette bonne idée dans les départements voisins.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Ça avait l’air super intéressant ! Merci pour ce retour 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Batremix dit :

    En effet, une excellente idée d’avoir organisé cet événement au fin de notre Bourgogne, là où le comics est pour beaucoup, totalement inconnu. Il y en a eu pour tout le monde, des enfants qui ne connaissent que les récents films et séries jusqu’aux​ passionnés de longue date. Pour ma part, j’ai adoré la table ronde animée par François Hercouët et Benjamin Rivière, on voit vite que ce sont des passionnés avant tout et ça fait plaisir. J’en garderai un excellent souvenir.

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    1. Sonia Smith dit :

      Bonjour, j’ai un souci avec votre commentaire qui n’arrive pas à s’afficher, pourriez-vous le retaper ? Avec mes excuses pour ce souci technique

      J'aime

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