[review] Power Man et Iron Fist tome 1

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Alors que la série Iron Fist sort sur Netflix le 17 mars, Panini Comics édite des titres consacrés au personnage. Après avoir publié la très réussie série solo consacrée à Iron Fist, Panini a choisi d’éditer le titre consacré au tandem des héros à louer dont on pensait bien qu’il ne se reformerait jamais.

Mes souvenirs de ce duo remontent aux années où Chris Claremont et John Byrne étaient aux manettes, donc vous imaginez que ça fait un sacré bout de temps, même si Hachette a republié récemment leurs premières aventures dans le numéro consacré à Power Man dont nous avons déjà parlé. Le ton a donc inévitablement changé avec cette nouvelle série qui vient tout juste de sortir.

Un résumé pour la route

power-man-iron-fist-tome-1Power Man et Iron Fist est une série scénarisée par David Walker. Dans ce premier volume, la partie graphique est assurée par Sanford Greene et Flaviano. La série sort chez Marvel en 2016 aux Etats-Unis et chez Panini comics en 2017 en France.

Luke Cage rejoint Danny Rand qui lui a donné rendez-vous dans un coin de New York. Les deux héros se remémorent leur passé commun de héros à louer. Luke a tourné la page depuis longtemps : il a été chez les Avengers et est désormais marié et père de famille. Danny rêve de reformer le duo dont il garde de bons souvenirs. Ils se sont surtout retrouvés pour accueillir leur ancienne assistante Jennie Royce qui vient de passer cinq longues années en prison. Jennie semble avoir changé, son look est devenu plus badass et elle est apparemment marquée par ces années difficiles. Elle demande un service à ses deux anciens employeurs : récupérer le collier de sa grand-mère volé par Tombstone, un malfrat qui dirige la pègre au nord de la 110e rue. Cette mission qui parait d’une facilité déconcertante va vite tourner au cauchemar.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Voir se reformer l’équipe formée par Luke Cage est Danny Rand est une bonne nouvelle, j’avoue que ce duo improbable m’a un peu manqué. Evidemment, on ne s’attend pas à retrouver l’ambiance des années 1970 mais cette nouvelle série est déjà une petite madeleine de Proust rien que par son existence.

Encore faut-il que le duo soit crédible et ne soit pas devenu trop kitsch avec le temps. Pendant tout ce premier volume, on joue sur l’ambiguité : Power Man et Iron Fist ont-ils décidés de « se remettre ensemble » comme le dit Jessica Jones ? S’agit-il d’une alliance ponctuelle sachant que Cage est plutôt rangé et assez proche des Avengers ? David Walker joue très bien sur les différences entre les deux hommes : Luke Cage vit une vie tranquille, il est en couple et père de famille tandis que Danny reste seul et n’a qu’une envie : arpenter de nouveau les rues de la ville avec son pote.

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Par delà les apparences, on voit bien que Luke Cage est tiraillé entre les souhaits de son épouse, Jessica, qui est de le voir à la maison et sa soif d’aventures. Sous ses airs bougons, il n’est finalement pas si loin de trouver la castagne agréable. Iron Fist, lui, s’éclate carrément en distribuant des mandales aux malfrats.

Alors, attention : si vous n’êtes pas trop adepte d’humour un peu facile, passez votre chemin. David Walker abuse un peu du comique de répétition avec Cage qui n’a pas le droit de dire de gros mots et les remplace par le mot « salsifis » à tout bout de champ ou Danny qui demande quinze fois de suite si ils se « remettent ensemble ». Quelques jeux de mots, quelques bonnes blagues, ça peut agacer mais personnellement, le ton léger ne m’a pas dérangée. Si vous n’avez pas aimé le ton de la dernière série Docteur Strange sortie également chez Panini, alors Power Man et Iron Fist n’est pas pour vous. Les clins d’œil du scénariste manquent parfois de subtilité : la cantine des deux héros s’appellent l’Excelsior et on voit des photos de Stan Lee aux murs, ça manque de finesse mais l’ensemble reste plutôt marrant et finalement, on prend du plaisir à cette lecture.

La trame de fond est plutôt sympa et pourrait tout à fait avoir pris place dans les aventures des années 1970 : un collier magique qui déploie des trésors de ruses mystiques pour prendre possession d’un humain sur fond de guerre des gangs, voilà qui semblera familier aux amateurs de récits de cette période. Le ton est humoristique et léger, le dessin puissant met en avant des personnages qui ont un petit côté caricatural pas désagréable qui collerait parfaitement à un Deadpool ou un Spider-Man.

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Deux héros à louer, des repris de justice aux allures de mafieux, des vilains assez gauches, des colifichets mystiques qui rendent perplexe le Doctor Strange lui-même, un bon cocktail pour redémarrer une série avec deux héros qui vont si bien ensemble.

Alors, convaincus ?

Malgré – ou à cause ? – d’un humour un peu lourdingue qui éloignera les puristes, Power Man et Iron Fist est à mes yeux une bonne petite série qui, certes, ne laissera pas forcément un souvenir impérissable mais qui passe très bien entre deux titres plus sérieux. L’aspect d’autodérision que David Walker insuffle à ce titre en fait un ouvrage amusant ce que confortent les styles de Sanford Greene et Flaviano.

En attendant de voir si ce titre va maintenir son rythme sans trop s’essouffler, je reste sur le sentiment d’une lecture sympathique. Pas sûr toutefois que les spectateurs de Netflix y retrouvent le côté glauque et poisseux qu’ils peuvent apprécier dans les séries.

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. wildstorm dit :

    Je ne sais pas quoi en penser. Ton article rassure autant qu’il n’inquiète à vrai dire 🙂 Je les aurais préféré beaucoup plus sérieux et plus « noirs ». En cela, j’apprécie le « positionnement » de Netflix. Ici, on dirait une mauvaise réplique de Terence Hill et Bud Spencer (comme quoi le choix d’une couverture est importante). A voir dans le temps sur un malentendu…

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    1. Sonia Smith dit :

      C’est pour ça que j’ai bien précisé que le ton était très différent des séries Netflix (que j’apprécie également beaucoup) afin que les lecteurs qui souhaiteraient retrouver l’ambiance des séries ne soient pas déçus. Là, on a un ton léger, drôle, qui m’a fait passer un très bon moment mais peut déstabiliser un lecteur plus exigeant.

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  2. wildstorm dit :

    Je ne me définirai pas comme un lecteur exigeant 😉 J’aime bien Dr Strange d’Aaron (référence à une certaine légèreté de ton article). Qui sait, je pourrais être agréablement surpris…

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  3. Just Ale dit :

    Cette critique met quand même en garde. J’avoue être facilement saoulée par l’humour facile mais en même temps depuis le temps que je veux découvrir ce duo en comics… je suis tiraillée. Les mauvais 1er échos concernant la série Iron Fist va sans doute finir de me persuader que oui… pourquoi pas essayer. Je note.
    Merci

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    1. Sonia Smith dit :

      J’ai voulu justement prévenir pour ceux que l’humour un peu facile peut dérouter, j’ai trouvé ici que ça passait plutôt bien et j’avoue un petit faible pour ce duo 🙂

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