[Review] Descender #1

Devant compléter mes lectures avant le prochain GG comics qui porte sur Jeff Lemire, je me suis enfin décidée à lire un ouvrage qui m’avait été chaudement recommandé par Florent de l’Antre des Bulles : le fameux Descender.

Ne me demandez pas pourquoi j’ai attendu aussi longtemps pour me plonger dans cette lecture, d’autant que j’aime assez le style d’écriture de Lemire que j’avais pu expérimenter sur The Valiant ou Bloodshot Reborn. Peut-être n’avais-je pas envie d’un énième récit de robots. Pourtant, Descender mérite qu’on s’y arrête !

Un résumé pour la route

descender_1Descender est une oeuvre scénarisée par Jeff Lemire et illustrée par Dustin Nguyen. Ce titre, sorti aux Etats-Unis chez Image Comics en 2014, est paru en France en 2016 chez Urban Comics dans la collection Urban Indies.

Alors que les habitants de la planète Niyrata vaquent à leurs occupations, le docteur Quon, père de la robotique moderne, est brusquement tiré de son sommeil par un appel urgent du Conglomérat Galactique Unifié (CGU). Des machines géantes ont pris place autour des huit mondes principaux du CGU. Ceux qu’on appellera ensuite les moissonneurs dévastent les planètes du conglomérat sans aucune pitié avant de disparaître sans laisse de trace. En représailles, les habitants du CGU mèneront des pogroms anti-robots cherchant à anéantir toute trace de vie mécanique. Dix ans plus tard, sur la colonie minière Dirishu, désertifiée, Tim 21, un jeune robot s’éveille.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Sur le plan scénaristique, Descender emprunte ouvertement aux grands maîtres de la Science-fiction que sont Isaac Asimov ou Philip K. Dick. Avec de telles références, on peut soit avoir affaire à une pâle copie de ce que ces personnages ont déjà écrit, soit à une version qui offre une réinterprétation personnelle de cette mythologie moderne qu’est la coexistence des humains et des androïdes. Jeff Lemire connait parfaitement ses classiques et le montre dans ce récit sans toutefois se laisser fasciner et happer par ses prédécesseurs. Lemire crée son propre univers, parfois assez inspiré de celui de Star Wars – il y a une bordure extérieure dans son monde et un conglomérat pas très stable qui rappelle la fragile République de Lucas. Le CGU est peuplé de tribus et d’individus parfois bien loin de la forme humanoïde mais tous animés par la haine des robots.

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L’arrivée des moissonneurs qui attaquent brutalement l’espèce humaine pour partir sans explication est le point de départ d’une lutte sans merci entre les êtres faits de chair et le monde des robots. Comme chez Asimob ou K. Dick, les androïdes sont dotés de sentiments qui en font les égaux des humains : l’empathie, la haine, la peur. Alors qu’ils avaient été créées pour servir l’humanité, ils sont désormais considérés comme des ennemis, traqués et exterminés. L’homme refuse de disparaître au profit de sa créature.

descender_2C’est dans ce cadre que Jeff Lemire constitue une équipe improbable composée du docteur Quon, un scientifique pas très courageux, du capitaine Telsa, une femme de caractère, apparemment froide et sans cœur et d’un gros malabar du CGU. Cette équipe est en quête de Tim 21, un petit robot de compagnie aux allures de garçonnet qui aurait toutes les réponses à l’attaque des Moissonneurs. Tim 21 est, de son côté, accompagné de Bandit, un petit chien robot et d’un gros robot foreur. Il faut bien avouer que le trio de robots est plus attachants que celui des humains, Lemire renverse alors les propos : l’inhumanité ne se niche pas forcément où l’on pourrait le croire et j’avoue avoir très vite été conquise par le petit Tim et ses acolytes.

Sur le plan graphique, même belle surprise avec les aquarelles de Dustin Nguyen qui sont tendres et grandioses à la fois. Les émotions des personnages sont rendues avec finesse et l’artiste nous plonge dans un univers parfois proche de celui de Star Wars ou de Fallout avec force détails. Ce duo fonctionne à merveille permettant au lecteur d’accrocher tout de suite au récit.

Alors, convaincus ?

Marchant sur les traces des grands maîtres du genre, Jeff Lemire construit un univers à la fois tendre par moments et sans pitié. Entrer dans Descender, c’est plonger dans un bon récit de fiction, une épopée galactique et découvrir une ode à la tolérance, à la compréhension entre les espèces dont nous avons bien besoin dans ces temps troublés.

On retrouve là la philosophie de Jeff Lemire : ses personnages ne sont pas des héros, ils sont comme nous, perdus dans un univers hostile dans lequel ils ont bien du mal à se frayer un chemin. Que trouveront-ils au bout de l’aventure ? Descender n’est-il pas avant tout une quête de soi ?

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