[Review] Luke Cage Mafia Blues

Encore Luke Cage ? je vous vois déjà faire la moue en pensant que je radote mais non, ce n’est pas le volume qui a déjà fait l’objet d’une chronique ici même  mais d’un titre que Panini ressort au moment où la série Netflix mettant en avant le héros de Harlem va démarrer.

Comme je l’ai déjà dit, j’ai un petit faible pour ce héros à l’apparence de brute au grand coeur, mais ma version préférée reste celle des années 1970-80 avec sa chemise jaune et son espèce de diadème…question de génération. Bref, comment allais-je réagir face à une version bien plus contemporaine qui fait référence au monde du rap qui n’est pas mon univers ?

Un résumé pour la route

cage_1Mafia Blues est un titre scénarisé par Brian Azzarello et dessiné par Richard Corben. Il sort en 2002 aux Etats-Unis puis en France en 2003 dans la collection Max chez Panini. A l’occasion du lancement de la série Netflix, Panini réédite le titre en 2016 dans sa collection Marvel Dark.

Luke Cage est un héros à louer qui habite Harlem, le quartier est rongé par la corruption et la violence. Alors qu’il se repose dans un bar, Cage est abordé par une femme assez timide qui lui demande de l’aide pour retrouver les assassins de sa fille de 13 ans. La fillette a été tuée par une balle perdue alors que des gangs rivaux s’affrontaient. Cage tente de refuser l’affaire mais comment peut-il dire non à cette mère éplorée ? Voici le héros à louer lancé dans une enquête qui l’entraînera dans les milieux les plus glauques du quartier.

On en dit quoi sur Comics have the Power ?

Celles et ceux qui auraient quitté Luke Cage dans les années 80 auront fatalement un choc visuel, Cage est relooké au goût des années 2000 : dents en or, look de rappeur, écouteurs vissés sur les oreilles. Et pourtant, le fond reste le même : le héros à louer reste un personnage au grand cœur dont on voit bien que la motivation peut dépasser l’appât du gain.

On retrouve les fondamentaux des récits qui mettent en valeur ce personnage : le quartier d’abord. Harlem reste le point d’ancrage de Luke Cage quelle que soit l’époque. La même atmosphère poisseuse s’empare d’Harlem qui est décrit comme un lieu dangereux, de perdition, livré aux bandes rivales dont les affrontements font des victimes collatérales. Ce titre, écrit en 2002, offre toujours une vision assez terrible d’un quartier qui, à l’époque, est en pleine réhabilitation mais dans lequel la violence reste bien présente.

cage_2

Cage représente ici une figure impassible, stable et droite se mouvant dans un univers instable. Contrairement aux autres récits qui mettent en scène ce héros, il est ici seul : pas d’Iron Fist, de Misty ou de Colleen ni de Jessica Jones, juste une relation d’un soir. Cage est un solitaire qui semble vouloir s’isoler du monde extérieur puisqu’il a toujours ses écouteurs sur les oreilles et porte des lunettes teintées qui lui permettent de maintenir une distance entre ses interlocuteurs et lui. Malgré ce détachement apparent, Cage – qui n’est jamais appelé Power Man dans ce titre, ce qui le ramène à sa condition humaine – ressent le trouble que subit Harlem, la tristesse et le désespoir qui envahissent les habitants victimes collatérales des gangs protégés par des flics ripoux. Les membres des gangs sont tels qu’on les attend : sans pitié, cyniques, difformes, absolument détestables en tous points, ce qui rend les actions de Cage assez jouissives : on le regarde éclater ces brutes avec plaisir.

cage_4Graphiquement, le style de Richard Corben colle bien à l’atmosphère générale du récit, parfois il fait penser à des graf’ qu’on trouverait sur les murs des immeubles d’Harlem. La carrure de Luke Cage est impressionnante : un vrai monolithe, dont l’impassibilité contraste avec l’agitation des gangs du quartier. Corben s’est approprié avec bonheur les codes du rap, dont la plupart m’échappent mais dont on sent bien qu’ils sont un élément important du titre. Les auteurs de Mafia Blues ont cherché à rajeunir le personnage et à l’inscrire dans une période contemporaine dans laquelle son costume disco aurait été quelque peu décalé. On peut adhérer ou pas mais l’ensemble est cohérent et pourrait tout aussi bien donner lieu au scénario d’un film mafieux tant le découpage de Corben peut coller à celui d’une oeuvre de cinéma.

Alors, convaincus ?

Sur la forme, Luke Cage a changé depuis les années 1970 et les amateurs de comics retro seront peut-être déroutés par ce relooking qui fait du héros à louer un rappeur des années 2000. Cage est ici seul contre tous donnant l’impression d’être un peu un « lonesome cowboy » afro-américain étranger au monde qui l’entoure et pourtant présent pour la bonne cause.

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Ce one-shot respecte pourtant bien les codes du héros : Cage est un héros à louer prêt à travailler pour les pauvres du quartier, les opprimés que la police corrompue n’est pas en mesure d’écouter et encore moins d’aider. Il met à terre des gangs sans presque bouger un orteil et se fait cogner et flinguer sans en retirer une égratignure ou presque.

Alors oui, Cage part souvent sauver ou venger une femme ou une jeune fille en détresse, tout ceci se finit souvent en baston et il s’en va sans en tirer gloire, retournant à son mutisme, et Brian Azzarello ne déroge pas à la règle dans ce récit, mais c’est ainsi qu’on l’aime ce Luke Cage, ce type bourru au grand cœur, alors inutile de bouder son plaisir !

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. wildstorm dit :

    J’ai une grande attirance pour ce titre surtout pour Brian A. et pour l’ambiance Mafieuse combinée (hum… Azzarello et 100 bullets, c’est de la bonne came^^). Par contre, au premier abord, je ne suis pas fan des dessins, ni de son look rappeur, mais bon, comme pour « Serval », il faut que je dépasse « le costume jaune » 🙂

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    1. darkphoenix73 dit :

      Je suis comme toi, toujours très attachée aux années 70 / 80 et pour moi, Luke Cage est un type avec des cheveux et une chemise jaune, mais que veux-tu :-). L’esprit d’origine est toujours là et ça reste une petite histoire sympa

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