[Interview] Au cœur du projet Kirby

Cette semaine, nous avons décidé d’interviewer deux complices qui se sont lancés dans un projet fou qui commence à faire du bruit et à fédérer des artistes du monde entier, un projet qui a pour but de rendre hommage au King Kirby pour son centième anniversaire et qui a également une finalité caritative.

Découvrons ensemble les deux papas du Projet Kirby : Mickaël Gereaume et Alain Delaplace.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, pourriez-vous vous présenter rapidement et nous dire à quand remonte votre passion des comics ?

Mickaël : Salut Sonia ! Me présenter…. 35 ans, papa d’une petite Rose… Je suis Mickaël Géreaume le rédacteur en chef de la section Comics de PlaneteBD.com, ce qui consiste à lire des comics (3 par jour au moins), les chroniquer (en gros 60 albums par mois), interviewer des auteurs (nous avons un rythme d’une interview comics tous les 6 jours depuis 5 ans) et bien évidemment relire les critiques des autres chroniqueurs dont tu fais partie pour mon plus grand bonheur, gérer la page Facebook planete-comics. Je suis aussi animateur de l’émission de radio Komic Strips, qui est bimensuelle et qui décrypte les sorties comics avec un ton aussi cash que décalé. Dernièrement, je me suis lancé avec mon compère Alain dans un projet caritatif autour de Jack Kirby mais je crois que l’on va en reparler par la suite 😉 Concernant ma passion pour les comics, en fait il faudrait préciser que j’ai toujours été quelqu’un de passionné et pas forcément que par la bande dessinée américaine. Je suis un gros consommateur d’art séquentiel en général, de séries télé, de jeux vidéo et de musique. Du coup, mes journées sont bien remplies. En fait, la première fois que j’ai eu un comic book dans les mains se situe au milieu des années 80, vers 84-85 je pense. J’étais malade, chez ma mamie et elle m’a refilé des vieux magazines et autres revues qu’elle avait gardé de mes oncles. Parmi tous ceux-là se trouvaient une histoire avec un Captain America tenant le bouclier très bas (du type de la fameuse couverture des Avengers par Kirby). J’ai cru longtemps que Steve Rogers pouvait voler. Il y avait aussi un épisode des X-Men où, pour la première je voyais une héroïne au charisme incroyable, capable de voler : Ororo. Cela reste mes premiers souvenirs, ensuite fin des années 90, début des années 2000, je lisais les comics sortant à l’époque chez Semic et Delcourt que me prêtait un pote. C’est surtout à partir de 2004-2005 que je me suis replongé dedans à fond, sans m’arrêter derrière et sans jamais m’arrêter à un style de récit ou de graphismes. Je suis assez éclectique et suis capable d’enchaîner les aventures de Chi le petit chat avec Crossed. On va s’arrêter là, sinon vous allez craindre pour ma santé mentale 🙂

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Alain et Mickël les deux complices

Alain : Eh bien bonjour ! Je suis Alain, papa d’une petite fille, aussi, et complice criminel de Mickaël aussi bien sur Komic Strips que sur PlaneteBD. Goinfre en matière de médias, j’ai commencé à faire de la radio autour de 2005/2006 dans la même radio locale que Mickaël. À l’époque, je co-animais une émission anglophone. Après 6 ou 7 ans, j’ai voulu changer et c’est juste à ce moment-là que Mickaël recrutait pour Komic Strips… Le reste appartient à l’histoire. Mon premier comics, c’était en 1982 : un Strange avec Iron Man se débattant avec des agents de l’A.I.M. en couverture. Y’avait Iron Man dedans mais aussi et surtout ROM avec la première apparition de l’Hybride. Ultra-flippant pour un gosse de 5 ans mais dieu que j’ai adoré. Par la suite, ce fut surtout la collection de 2000AD de mon cousin John qui m’a lancé dedans et j’ai grandi avec Rogue Trooper, Judge Dredd, D.R. & Quinch, etc. Aujourd’hui, j’aime bien les trucs trash et un peu barrés même si c’est toujours un plaisir de me replonger dans les vieux Disney ou de chroniquer un Petit Poney.

Vous avez lancé ensemble ce fameux projet Kirby : en quoi consiste-t-il exactement et d’où est venue cette idée ?

Mickaël : En fait, il s’agit d’une pure coïncidence et d’une émulsion entre Alain et moi. En fait, à l’été 2015, un certain 28 août, j’ai vu un auteur que je connaissais partager la dernière interview réalisée par Jack Kirby pour un certain Gary Groth. Sans attendre, je trouvais ça tellement génial que je l’ai partagé sur la page Facebook planete-comics. Derrière, Alain me dit qu’il pourrait peut-être traduire quelques extraits pour Facebook. Je lui ai dit que c’était dommage de bosser uniquement pour Mark Zuckerberg, il m’a dit qu’il pouvait tout traduire, sans voir la quantité énorme de travail qui l’attendait. L’interview est tellement faramineuse que l’on a été obligé de la découper en plusieurs pages, chose inédite sur PlaneteBD.com. Par le biais du festival Paris Manga en octobre 2015, nous avons eu l’occasion de rencontrer l’excellent Mauricet avec qui nous avons longuement échangé autour de Jack Kirby. Sur le chemin du retour à Tours (ville où nous résidons), Alain me dit que ce serait génial de demander à des dessinateurs de réaliser un dessin en hommage à Jack Kirby et de proposer ensuite de les vendre aux enchères pour une association. Du tac au tac (expression de personnes âgées), je lui ai dit que ce serait dommage de ne pas garder une trace de ces hommages et de faire un beau bouquin pour 2017, centenaire de la naissance de Jack Kirby. Et commence alors un long parcours…

kirby_2Alain : alors, c’est là que nos souvenirs divergent un poil. Déjà, c’est Grant Morrison ou plutôt sa projection astrale, qui m’a soufflé l’idée après une soirée de beuverie (il est notoire que mes meilleures idées m’arrivent quand je suis ivre mort). Plus sérieusement, je venais effectivement de traduire cette maudite interview (pour l’anecdote, quand j’ai proposé de la traduire, je n’avais fait que parcourir le lien de Mickaël, sans voir les liens « page 1, 2, …8 » en bas du texte. Ah, ah ahahaha….) et j’avais mangé pas mal de Kirby par le biais des différentes références que j’ai dû creuser pour m’assurer de la traduction. Les anecdotes et les dates se sont mélangées dans ma tête et c’est une illu de Mauricet à Paris Manga, en effet, qui a été le déclencheur : c’était une caricature de Kirby, cigare au bec et Kirby Crackles à l’appui. Le 17 étant aussi ma date de naissance, j’ai tilté sur le coup (« Eh, mais 15, c’est pas loin de 17 ! » – j’ai fait des études scientifiques) et l’idée de la collection est venue après coup.

Quelles sont les œuvres de Kirby qui vous sont le plus chères ? Vos personnages favoris ?

Mickaël : Franchement, cela est toujours compliqué. C’est comme de demander à quelqu’un de ne citer qu’une chanson des Beatles, ou de Maître Gims – s’il a 12 ans –. En termes de souvenirs, je reste émerveillé par les Thor ou les Fantastic Four, il y avait une telle magie et inventivité dans ses séries. Dommage que l’on doive passer par la V.O. pour les obtenir mais bref. J’adore le boulot d’Urban Comics qui permet à tous de replonger dans Le quatrième monde (j’adore Mister Miracle !) et qui  a publié les intégrales d’OMAC et de Kamandi. En terme de curiosité savoureuse, j’ai adoré le Fighting American et son côté pastiche assumé qu’a publié Néofélis. Côté personnages, je suis fasciné par Galactus, Black Panther, les X-Men, Fatalis…

Alain : Pfouuuu ! Je citerais Kamandi pour l’aventure, Captain America ou les Avengers pour la mise en place des super-slips et de leurs codes et aussi les New Gods pour cette inventivité débridée à l’extrême. Quant à mon perso préféré : Fatalis, bien évidemment ! Quel pied, ce perso à la fois triste, fragile et pourtant menaçant et terrifiant. Son sens du devoir envers la Latvérie a toujours été un de ses points les plus fascinants, pour moi.

Pouvez-vous détailler ce qu’à votre avis Jack Kirby a apporté au monde du comics ?

Mickaël : Je ne me rappelle plus quel auteur lors d’une interview m’a dit que lorsque Jack Kirby a disparu, les comics de super-héros sont définitivement morts. Je trouve cela assez juste, du moins en termes de naïveté ou de la magie que l’on pouvait ressentir à la lecture. Jack Kirby a eu la capacité de mettre son imaginaire sur papier et de le faire avec un temps d’avance. Il a apporté du dynamisme, des designs fascinants. En fait, à mesure que l’on avance dans le projet, nous voyons qu’énormément de dessinateurs actuels sont subjugués par l’œuvre de Kirby, de Jason Latour à Denis Bajram. Kirby, c’est magique !

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Projet Juapi

Alain : C’est drôle mais, à mesure que l’on reçoit des témoignages, je me rends compte que mes premières réactions étaient partagées par beaucoup : « Put… mais c’est moche ! » Ce que faisait Kirby était si différent de ce qui se faisait avant et de ce qui s’est fait après, malgré l’influence qu’il a laissée. Ce qui me frappait le plus, c’était ces gros plans sur les visages, ces persos en train de hurler ou en tout cas de tirer une tête pas possible. Et tout ça me paraissait si pataud… Le truc, avec l’âge, c’est que je me suis rendu compte que cette impression venait du fait que tout ce qu’il dessinait avait du poids. La force des coups, le poids des armures, les chocs… Tout ça sortait vraiment des cases. C’était très primitif, très basique, mais si efficace. Je me souviens notamment d’une confrontation Iron Man/Namor ou encore Thor vs Hercule où les cases transpirent la puissance et l’action et les personnages te crient dessus. L’image du mec qui se prend un coup par un poing sorti du magazine qu’il lit ? Pour moi, Kirby, c’est ça. Aujourd’hui, plus de trente ans après sa disparition, on a encore des types qui tracent des couvertures de magazine comme des gorets qui réussissent à se retrouver sur des titres AAA et ça, je ne le comprends pas.

 De quelle façon avez-vous pu contacter et présenter votre projet aux différents artistes ?

Mickaël : Cela fait maintenant une dizaine d’années que je rencontre des auteurs lors de festivals ou en librairie. Lorsque l’on a débuté le projet, l’idée a été de solliciter en premier lieu ceux avec qui je m’étais lié d’amitié ou avec qui j’échange parfois. Donc cela s’est forcément fait par mail, téléphone ou en face-to-face. Au départ, je décrivais le projet mais très vite, on a eu besoin d’un support. Avec Alain, nous avons mis en forme tout cela et l’avons imprimé pour que je le diffuse dès le festival d’Angoulême début 2016 à des auteurs que cela pourrait intéresser. Et comme je suis un marathonien dans les salons et que je fais entre 20 et 40 interviews (selon les années), j’ai pu en parler à des artistes venant du comics comme Jason Latour ou à des auteurs de pure bande dessinée. Ça n’a été que la première étape car ensuite j’ai démarché les auteurs avec qui je suis en contact via Facebook ou par mail. C’est assez long car je ne veux pas faire de copier/coller. Chaque mail est unique.

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Projet Etienne Le Roux

Je suis quelqu’un de respectueux du travail des artistes et je pense qu’ils le savent ou apprennent à le savoir. Autre élément hyper important, c’est l’aide d’artistes qui nous recommandent auprès de leurs confrères. C’est vraiment génial. Et puis parfois on fait aussi des rencontres avec des types formidables qui habitent à des centaines de kilomètres comme Ivan, un mec hyper généreux qui nous a permis de converser avec de nombreux artistes espagnols. L’autre point qui est je pense primordial pour montrer le sérieux de notre projet est le fait que l’on ait façonné et réfléchi à toutes les démarches des mois en amont. J’ai créé une page Facebook également pour montrer qui participait et ce qui allait arriver sur le projet. Cela a donné l’occasion à des auteurs de venir d’eux-mêmes. Et puis je rajouterais aussi un point qui a permis de convaincre des auteurs et qui se résume en un mot : Kirby.

Alain : y’a aussi eu des coïncidences pas possibles. On ne va pas faire de name-dropping sur des anecdotes ridicules, on laisse ça aux morts de faim, mais X n’est pas intéressé mais pense que Y le serait et, coup de bol, non seulement Y est intéressé mais il connaît super bien Z qui le serait aussi, etc. Ou bien tu recontacte Machin par le biais d’une adresse traînant sur un Myspace décédé depuis 2005 et deux mois plus tard, ça t’a apporté une demi-douzaine de noms absolument inespérés… Dans l’ensemble, notre approche s’est aussi peu à peu raffinée à mesure que l’on a pu comprendre les attentes et les éventuelles craintes des personnes que l’on contactait. Pas évident d’avoir une réponse d’un gros poisson quand t’arrives à les joindre par e-mail et que tu débarques la gueule enfarinée genre « salut, on est deux gros guedins français qui cherchent à faire faire des dessins gratos pour un bouquin pas encore écrit ! ». Tu apprends, tu mets les formes et, d’une certaine manière, tu finis par ânonner pas mal de choses mais, en gros, tu la joues plus pro. Y’a énormément de bonne volonté et les acteurs de la scène comics ne nous ont pas attendus pour faire dans le caritatif mais du travail pro bono, ça se demande pas comme ça. Je fais quoi, pour Alan Moore ? Je rate une forme de politesse et un serpent géant me boulote en plein milieu de la rue, juste avant d’aller chercher la petite chez la nounou ? Non, ce ne serait pas raisonnable. On n’est pas *complètement* idiots.

Combien d’artistes avez-vous pu démarcher ? Quel fut l’accueil des uns et des autres pour ce projet ?

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Projet Chris Hénin

Mickaël : Alors, je vais faire un distinguo entre les artistes que l’on a démarché et ceux qui nous ont répondu favorablement. En fait, je pense qu’il faut surtout rester positif dans notre démarche. Certains auteurs à qui j’ai demandé m’ont dit qu’ils n’avaient pas le temps, n’étaient pas intéressés pour diverses raisons (et certaines sont totalement justifiées). Honnêtement, je ne pense pas avoir reçu plus d’une dizaine de refus direct. La seule donne est souvent l’absence de réponse à notre message. Nous ne fonctionnons qu’au contact par mail, Facebook, présentation en direct ou simple recommandation. Actuellement, nous avoisinons les 150 participants. Cela va des dessinateurs à des scénaristes, des spécialistes de Kirby, des mecs qui ne font que des illustrations numériques, un type qui bosse pour les jeux vidéo, des éditeurs et des universitaires reconnus. On va continuer à augmenter le nombre de participants dans les jours qui viennent, nous attendons des réponses, certaines de grands noms. On croise les doigts. J’aimerais en avoir toujours plus car la finalité de notre projet reste caritative. Je pense honnêtement que l’on peut parler d’un accueil favorable.

Alain : un truc qui facilite les choses c’est que, quand tu approches un participant potentiel, soit il ou elle travaille déjà dans le domaine des comics et a de fortes chances d’être fan de Kirby, soit c’est un ou une spécialiste (éditeur, universitaire, etc) et d’emblée, cette personne est fan. C’est un peu un fist-bump virtuel. En plus, certains sont carrément « trop » enthousiastes ! On a eu des artistes qui pensaient qu’on leur demandait de nous faire un truc dans la minute ! Le plus dur, c’est de réussir à les contacter. Du moment qu’on a le moyen de les joindre, on a une réponse. Et on préfère souvent un « non » franc plutôt qu’un silence qui laisse hésitant à les recontacter, de peur de passer pour un gros relou. Tiens, d’ailleurs on n’a jamais tenté de se faire passer pour des princes nigériens cherchant à faire hériter leur fortune à celui ou celle qui ferait le meilleur dessin. Hmm….

Y-a-t-il eu des réticences sur le projet ?

Mickaël : Il y en a forcément et on en aura toujours. Certaines personnes ne nous connaissent pas du tout et n’ont aucune raison de nous faire confiance. Cela n’empêche pas de les convaincre car on a tout anticipé. Nous ne demandons pas les originaux par exemple, juste des scans haute définition. Certains frais seront pris en compte. On a essayé de pointer tous les problèmes qui peuvent parasiter l’esprit d’un artiste. Au niveau des réticences, la majorité des refus provient surtout du fait que Jack Kirby ne lui parle pas en terme émotionnel ou artistique. Au final, je dirais assez peu.

Alain : Comme je l’évoquais plus haut, c’est le caractère a priori fanboy de l’entreprise qui fait souvent un peu peur. Alors on nous questionne pour savoir qui on est, ce qu’on compte faire sur tel ou tel point. Quand les gens voient qu’on ne s’est pas lancés (complètement) à l’aveugle et qu’on a quand même bien l’intention de faire ce qu’on avance, le contact est facilité.

 

Quel a été l’accueil de la famille de Jack Kirby ?

Mickaël : Dès le départ, nous avons eu l’envie de nous faire « adouber » par la famille Kirby. On ne voulait pas que le projet soit mal compris et on souhaitait surtout avoir leur ressenti. Grâce au formidable Jean Depelley, auteur d’une biographie faramineuse en deux tomes sur Jack Kirby et qui participe au projet, en plus de préparer un joli documentaire sur la période où Jack Kirby a participé à la guerre en France, nous avons pu échanger avec Neal Kirby, le fils du King of Comics. Un homme adorable qui a trouvé notre idée fantastique. Cela nous a donné un peu plus d’énergie.

Alain : C’est super impressionnant d’être au boulot et de voir une alerte mail apparaître avec le nom de Kirby. Je vais me méfier, d’ailleurs, parce que Mickaël est foutu de se créer une adresse bidon et de m’envoyer un faux mail de Morrison ou de Miller.

L’originalité de votre projet est aussi sa finalité caritative, pouvez-vous nous en dire davantage sur ce point ?

Ryp
Projet Ryp

Mickaël : Bien sûr. La partie caritative du projet va se dérouler de deux façons. La première concerne l’ouvrage en lui-même. Une fois les dépenses obligatoires dépensées, comme la fabrication du livre et ses frais d’envoi, l’intégralité des bénéfices sera reversée à une association.  Cette association est Hero initiative. C’est une organisation très connue aux USA car elle aide les auteurs ayant eu des coups du sort dans leur vie. Ils font un boulot incroyable et je vous invite vraiment à aller voir leur site. Le choix de cette association s’est fait avec Neal Kirby. Nous lui avons demandé et il a choisi. L’autre point touchant au caritatif concerne la vente aux enchères des illustrations réalisées dans le cadre du projet. Certains artistes ont eu l’envie d’offrir leur travail dans ce cadre afin de réunir plus d’argent pour l’association. Normalement, je pense que l’on procédera à cette vente sur le second trimestre 2017, le troisième au pire. Cela se fera vraisemblablement via un site du type eBay. Là encore, les bénéfices iront directement à Hero initiative. Nous avons créé une association spécifiquement pour développer le projet (Komics Initiative) afin d’avoir les droits bancaires nécessaires à la transaction d’argent vers une association étrangère. Bien évidemment, nous ne gagnons même pas une cacahuète sur ces longs mois de boulot. Encore heureux 😉

Alain : pas grand-chose à ajouter sinon : envoyez-nous des sous ! Plein !

L’ouvrage est annoncé pour 2017, sur votre site, on peut déjà voir quelques magnifiques dessins avec des inspirations très différentes, aurez-vous également des textes en hommage à Kirby ?

Mickaël : Oui, nous tablons sur une sortie pour la fin août 2017, histoire d’essayer de respecter la date du centenaire de la naissance de Jack Kirby. Nous avons mis en place un planning hyper précis et nous sommes en ce moment en train de gérer les coûts de fabrication, tout en continuant de recruter des participants. Au lendemain du festival d’Angoulême, une semaine après je pense, nous lancerons la campagne de financement participatif via Kickstarter dont la portée est plus internationale que Ulule. Notre ouvrage contiendra la version française et la version en anglais. L’idée est d’avoir un seul ouvrage, bénéficiant d’une belle édition et d’un format respectant au mieux le travail fourni par les artistes. Je ne peux pas encore donner un ordre d’idée en terme de tarification ni de contreparties car nous devons réaliser un brin de comptabilité analytique et qu’il manque quelques éléments. Je suis franchement ravi des premiers retours que l’on a eus. Effectivement, les styles sont très différents. Nous avons des artistes dont le style peut évoquer Jack Kirby, d’autres qui sont à l’opposé, l’objectif est effectivement d’avoir une variété immense et qui prouve que Jack Kirby est une influence à bien des niveaux. D’un côté, je pense aux dessins d’Etienne Le Roux ou de Juan Jose Ryp qui mettent en scène Jack Kirby au milieu de ses personnages, au portrait génial de Juapi dont la colorisation est faire avec du café (l’original aura un fumet très agréable pour le coup), en passant par l’hommage fou de Victor Santos.

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Projet Victor Santos

Il faut s’attendre à du lourd derrière car beaucoup d’artistes travaillent dessus ou vont s’y mettre selon leurs plannings. Concernant les textes, oui il y en aura et je pense qu’Alain ne me contredira pas si je dis que l’on devrait avoir au moins la moitié de l’ouvrage composé de textes. Evidemment, nous souhaitons que les artistes puissent nous expliquer pourquoi ils ont réalisé telles illustrations mais cela restera assez minime. L’une des originalités est que nous proposons aux scénaristes qui aiment Kirby de nous dire pourquoi et d’expliquer leur lien. Nous avons pu grâce à de formidables rencontres intégrer au projet des auteurs reconnus (dont certains ont remporté des Eisner Awards) comme Diana Schutz qui ont connu Jack Kirby et pourront revenir sur ces moments. Notre envie est de faire le plus bel des hommages et de réaliser un livre dont les participants et les acquéreurs seront fiers.

Alain : L’idée, c’est diversifier au maximum. C’est un truc un peu déplacé à dire, encore, en France, mais qui trouve une résonance très forte aux Etats-Unis. Un des points auxquels je m’attache, c’est d’avoir aussi le point de vue de femmes, d’auteurs et artistes issus de ce que l’on appelle encore des minorités, d’artistes non-comics… C’est une démarche très contradictoire pour moi, qui suis le produit de deux cultures – française et anglo-saxonne – mais ces deux facettes s’accordent sur le fait que pour bien faire comprendre l’influence globale de Kirby, il faut aller taper partout.  Et aussi, quand j’ai réalisé le boulot de traduction que cela représentait, je me suis un peu vomi dans la bouche.

Quelques surprises en préparation ?

Mickaël : Des surprises, il y en aura forcément. Nous pensons proposer un concours aux fans non professionnels afin qu’ils rendent hommage aussi à Jack Kirby. Nous diffuserons l’ensemble sur une page du site et si la place nous le permet, nous inclurons la ou les meilleures dedans. J’espère que nous pourrons bénéficier du maximum de soutien des fans de comics en France et dans le monde entier et que la campagne Kickstarter soit un vrai succès. Si l’on dépasse nos rêves les plus fous, nous pourrons être plus ambitieux encore On a plein d’idées et il nous faudra voir si l’on peut les mettre en exécution pour la date butoir. Toutefois, je pense que l’on peut cependant te dire confier qu’il y aura sûrement quelques planches de bandes dessinées réalisées par des artistes rendant hommage au King of Comics. Mais chut, c’est une surprise 😉 Juste pour terminer, je dirais que notre adage sur ce projet est : respect et plaisir. Respect de l’homme et de l’œuvre, plaisir à réaliser quelque chose pour quelqu’un qui nous touche par ses créations, par celui qu’il était ou par ce qu’il représente.kitson

Alain : que des bonnes, j’espère ! Le fait est que je suis du genre à avoir un plan A, un plan B, C, D et que je te couvre même l’alphabet grec au passage. Je sais que le bouquin sortira et on a plein d’idées dingues à ajouter mais, comme dit Boulet, « Lourd est le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de nos illusions » alors on ne va pas partir sur des annonces à la noix et commencer à vouloir filer des t-shirts aux backers. On garde la tête froide et on met un pied devant l’autre en gardant un œil sur le calendrier mais, de temps à autre, on ne s’interdit pas de rêver (perso, je veux bien que Robert Pattinson tienne mon rôle, dans le film qui racontera la genèse du projet). Mais on est un peu comme l’Agence Tous Risques avec des pros spécialistes dans leur domaine qui nous aident. Moi, je traduis et je prévois les galères, Mickaël a les contacts et le bagout, on a aussi un comptable – un vrai de vrai -, un réal’ -pareil -, etc. Donc sachez qu’on a une vraie équipe derrière nous et que chaque étape est au moins visée par un pro !

Si vous avez envie d’en savoir plus, visitez la page facebook : Kirby and me et le site internet : http://www.kirbyandme.com/  et n’hésitez pas à soutenir ce super projet !

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